Affrontements entre des partisans de Bemba et
des soldats
Associated Press (AP) Eddy Isango
22/03/2007
14h52 - Mise à jour 22/03/2007 15h14
De
violents coups de feu ont éclaté aujourd'hui à
Kinshasa, près de la maison de Jean-Pierre
Bemba, candidat malheureux au second tour de la
présidentielle de la République démocratique du
Congo (RDC), selon des témoins et des
responsables de l'ONU. Des soldats ont été
déployés dans la capitale, mais des tirs et des
explosions -qui ont provoqué la fuite
d'habitants- étaient toujours entendus en cours
d'après-midi.
Didier Rancher,
porte-parole militaire de l'ONU, a parlé d'une
«situation de crise» en fin de journée. «Il y a
des tirs de mortier, même maintenant. Il y a
certainement eu des morts, bien que nous n'ayons
aucun chiffre. En ce moment, notre priorité», ce
sont notamment «les blessés». Il a précisé que
des véhicules blindés s'employaient à évacuer
des élèves bloqués dans les écoles et des
employés barricadés dans des immeubles de
bureaux, ajoutant ne disposer d'aucune
information sur le nombre de blessés.
Des hommes
portant l'uniforme de la garde armée de
Jean-Pierre Bemba pouvaient être vus en train de
tirer, mais la plupart des combattants étaient
cachés et difficiles à identifier, selon un
photographe de l'Associated Press présent sur
place.
Il s'agissait
des premiers combats à Kinshasa depuis que
Joseph Kabila, installé à la présidence le 6
décembre, est devenu le premier chef d'État
librement élu de RDC depuis 1960. La garde de
Jean-Pierre Bemba -qui avait initialement rejeté
les résultats du scrutin- a refusé un
démantèlement comme promis dans le cadre de
l'accord avec le gouvernement du président
Kabila.
Aujourd'hui, des
tirs et de fortes explosions ont éclaté près de
la maison de Bemba à la mi-journée, d'après M.
Rancher. Il a précisé qu'on ignorait qui était à
l'origine des violences, mais a confirmé que des
membres de la garde de l'ancien vice-président
étaient engagés dans des combats contre des
soldats congolais.
Jean-Pierre
Bemba a appelé les membres de sa garde, via une
station de radio soutenue par l'ONU, à regagner
leurs quartiers. On ignore dans l'immédiat si
les combattants se sont pliés à ses
instructions.
Vers 17h30
locales cet après-midi, deux obus de mortier
tirés depuis Kinshasa sont tombés à la mairie de
Brazzaville, capitale de la République du Congo,
causant uniquement des dégâts matériels, a
constaté l'Associated Press sur place.
Selon le
ministre congolais de la Communication et
porte-parole du gouvernement, Alain Akouala, il
s'agissait d'obus de mortier «d'une grande
portée qui a pu franchir les quatre kilomètres»
séparant «Brazzaville et Kinshasa». Il a appelé
«les deux parties en conflit (en RDC) à la
retenue afin de chercher des solutions
négociées. La violence d'où qu'elle vienne n'est
pas la bonne voie», a-t-il souligné.
Kinshasa
replonge dans la violence, cinq mois après les
élections
KINSHASA (AFP) -
22/03/2007 21h53
Kinshasa
s'est retrouvée plongée jeudi dans la spirale de
la violence avec des échanges de tirs nourris
entre l'armée régulière et la garde de l'ancien
vice-président Jean-Pierre Bemba, qui ont fait
au moins deux morts et plusieurs blessés.
La capitale
congolaise n'avait pas connu de tels
affrontements depuis la période post-électorale
d'août et de novembre 2006.
De 11H30 GMT à
la tombée de la nuit, des tirs à l'arme lourde
et légère ont retenti dans la commune de la
Gombe (nord), aux abords des résidences du
sénateur Bemba. Ce dernier refuse jusqu'à
présent de voir les soldats affectés à sa
sécurité à l'époque où il était vice-président
du gouvernement de transition (2003-2006)
intégrer l'armée régulière, estimant que sa
sécurité n'est pas garantie.
A
17H00 GMT, Jean-Pierre Bemba, adversaire
malheureux de Joseph Kabila à la présidentielle
d'octobre 2006, a appelé à un cessez-le-feu au
micro de la radio Okapi, parrainée par l'ONU.
"Mon message est un appel à toutes les parties à
la paix et au calme, et pour demander un
cessez-le-feu", a déclaré l'ancien chef rebelle,
appelant "chacun" à "rentrer dans son campement
d'origine".
Depuis, les tirs
ont diminué, mais pas cessé. Le porte-parole du
gouvernement devait faire une déclaration dans
la soirée à la télévision nationale.
"Il y a un mort
parmi le personnel du Pnud (Programme de l'ONU
pour le développement). Il y en a un autre qui a
été tué dans l'effondrement d'une mezzanine dans
l'immeuble d'une banque qui a été touché par un
obus", a indiqué à l'AFP un diplomate en poste à
Kinshasa.
Ces violences
ont fait au moins quatre blessés civils, dont un
Belge et une Française, selon des sources
diplomatiques.
Aucun bilan
n'était disponible jeudi soir du côté des
belligérants.
Dès les premiers
tirs, la population a déserté le quartier, les
écoles et ministères ont fermé sur ordre du
gouvernement, et les ambassades ont conseillé à
leurs ressortissants de rester calfeutrés chez
eux.
Dans
l'après-midi, les tirs - de mortier et des coups
de canon - ont "gagné en intensité" et le
périmètre des violences s'est élargi, à mesure
que chaque camp déployait ses troupes, a affirmé
à l'AFP un officier de la Mission de l'ONU en
République démocratique du Congo (Monuc).
La garde
présidentielle s'est massivement déployée dans
la Gombe et a engagé plusieurs chars, ont
constaté des journalistes de l'AFP.
"Ce qui est
compliqué dans cette situation, c'est qu'il n'y
a pas de ligne de front. Les militaires des deux
camps se déploient partout où ils peuvent, dans
les rues, dans les jardins des immeubles. Ils se
tirent dessus, mais le plus souvent au jugé. Il
y a beaucoup de balles perdues", a indiqué un
second diplomate.
La Monuc a
procédé dans l'après-midi à des évacuations de
ses personnels et de civils se trouvant dans le
périmètre des violences, dont des enfants de
l'école française.
En revanche, les
quelque 90 élèves et enseignants coincés au
lycée français et les 350 élèves et professeurs
de l'école belge voisine s'apprêtaient "à passer
la nuit sur place", a-t-on indiqué de sources
diplomatiques. Des dizaines d'écoliers congolais
étaient également bloqués dans leurs
établissements de la Gombe.
En août et
novembre, des affrontements postélectoraux entre
Forces armées de RDC (FARDC), policiers et
gardes de M. Bemba avaient fait une trentaine de
morts à la Gombe.
La tension est
très forte depuis lundi dans ce quartier, en
dépit d'un important dispositif de blindés de
l'ONU, qui avait jusqu'alors permis d'éviter des
dérapages.
Jeudi matin,
l'armée a renforcé son dispositif alors que les
hommes de M. Bemba étaient sortis dans les rues,
munis de kalachnikov, de lances, et d'amulettes
réputées magiques. Les tirs ont éclaté alors que
les FARDC se déployaient.
Dans la soirée,
le Conseil de sécurité de l'ONU a demandé aux
deux parties de "cesser immédiatement les
échanges de tirs, d'agir avec responsabilité et
de résoudre leurs différends par des moyens
pacifiques". De son côté, la Commission
européenne a lancé "un appel au calme".
La RDC sort
d'une difficile transition politique, entamée en
2003 après une guerre de près de cinq ans et
sanctionnée par des élections en 2006.
© 2007 AFP
Kinshasa: les tirs "ont
gagné en intensité", des armes lourdes
engagées
AFP
22 mar. 07 - 15h49
KINSHASA,
22 mars 2007 (AFP) - Les tirs "ont gagné en
intensité" jeudi après-midi entre armée
régulière et garde de l'ex-vice-président
Jean-Pierre Bemba à Kinshasa, où des
détonations d'armes lourdes ont été
entendus, a déclaré à l'AFP un officier de
la Mission de l'ONU en République
démocratique du Congo (Monuc).
"Les tirs ont gagné en intensité. Il y a eu
d'abord des RPG (lance-roquettes), puis
quelques tirs de mortier et des coups de
canon" dans un périmètre d'environ un
kilomètre carré où se trouvent les
résidences de M. Bemba, a affirmé cet
officier sous couvert d'anonymat.
Des chars de la garde présidentielle "ont
été engagés", a-t-il ajouté, précisant
n'avoir pour le moment "aucun bilan" de ces
violences.
Les échanges de tirs ont débuté vers 11H30
GMT entre soldats des Forces armées de RDC (FARDC)
et gardes rapprochés de M. Bemba, qui refuse
de voir ses hommes intégrer l'armée
régulière, estimant n'avoir pas de garanties
pour sa sécurité.
Kinshasa: tirs d'arme
légère, fortes détonations près de
résidences de Bemba
AFP
22 mar. 07 - 13h59
KINSHASA, 22 mars 2007
(AFP) - Des tirs d'arme légère suivis de
fortes détonations ont éclaté jeudi à
Kinshasa près de résidences de l'ancien
vice-président Jean-Pierre Bemba, dans un
secteur où sa garde est largement déployée
et où l'armée a renforcé sa présence, a
rapporté une journaliste de l'AFP.
Les premiers tirs de Kalachnikov ont retenti
peu avant 11H30 GMT dans un quartier
résidentiel situé entre les deux maisons de
M. Bemba dans la commune de la Gombe (nord).
De nombreux gardes armés de M. Bemba étaient
déployés dans le secteur, bandeau rouge sur
le front et parfois armés de lances, en plus
de leurs fusils d'assaut.
Ces tirs ont été rapidement suivis de fortes
détonations et de salves de mitrailleuse.
Les tirs étaient presque continus depuis
11H35 GMT.
"Il y a eu beaucoup de tirs, de Kalachnikov
puis de (lance-roquettes) RPG-7. Difficile
de dire s'il y a eu de l'armement lourd
engagé pour le moment", a déclaré à l'AFP
une source sécuritaire occidentale.
"Les gens de Bemba ont multiplié les
provocations depuis ce matin. Ils sont
sortis de leur périmètre (devant les
résidences), ont chanté et dansé avec leurs
bandeaux rouges sur la tête en signe de
guerre", a poursuivi cette source.
Dans la matinée, l'armée s'est massivement
déployée dans le secteur. La tension est
très forte depuis plusieurs jours dans ce
quartier, en dépit d'un important dispositif
de blindés de l'ONU.
M. Bemba refuse de voir les militaires
affectés à sa sécurité à l'époque où il
était vice-président regagner l'armée
régulière, jugeant totalement insuffisant
les 12 policiers affectés par décret à sa
sécurité.
Le chef d'état-major général avait appelé
tous les soldats détachés auprès des
vice-présidents pendant la transition
politique - commencée en 2003 après une
guerre de près de cinq ans et sanctionnée
par des élections en 2006 - à regagner leurs
quartiers à partir du 15 mars.
Deux anciens vice-présidents et ex-chefs
rebelles, Jean-Pierre Bemba et Azarias
Ruberwa, ont protesté contre cet
"ultimatum". Toutefois, seuls les gardes de
M. Bemba, adversaire malheureux de Joseph
Kabila à la présidentielle de 2006, se sont
déployés en arme dans les rues, tout autour
des résidences de leur chef.
Ces hommes sont majoritairement natifs de la
province de l'Équateur, région d'origine de
M. Bemba qu'il a contrôlée pendant la
dernière guerre à la tête de la rébellion du
Mouvement de libération du Congo (MLC), qui
est devenu un parti politique d'opposition.
Kinshasa : W. Swing
appelle à un cessez-le-feu
| 22 March 2007 à
19:59:45

Les affrontements entre
les éléments de garde de l'ex vice-président
et les FARDC se sont poursuivis ce jeudi
jusque dans l'après-midi dans la commune de
la Gombe. Le représentant spécial du
secrétaire général des Nations Unies en RDC
a appelé les deux camps à observer
immédiatement un cessez-le-feu, rapporte
radiookapi.net
M. William Swing s'est
dit préoccupé par les affrontements entre
les deux parties, à savoir les FARDC et les
gardes du sénateur Jean-Pierre Bemba. C'est
ainsi qu'il s'est investi pour mettre en
place un cessez-le-feu : « Maintenant,
on continue de faire ce qu'on peut pour
convaincre tous les effectifs qui sont en
train de se battre de regagner leurs
positions. Les gardes de Jean-Pierre Bemba
doivent regagner la résidence de ce dernier,
et les autres leurs casernes ; ça ne peut
pas continuer comme ça parce que cette
situation coûte très cher au pays. Et nous
demandons à toutes les deux parties, à tout
le monde qui est impliqué de cesser le feu
le plus vite possible et immédiatement pour
éviter les dégâts matériels et surtout les
pertes en vies humaines. Avec le
cessez-le-feu, tout est possible, sans
cessez-le-feu, rien n'est possible .»
Le chef de la Monuc a aussi précisé que les
deux camps ont accepté le principe d'un
cessez-le-feu. « Il reste seulement un
peu de discipline de la part des deux
belligérants pour qu'ils cessent les
affrontements et regagnent leurs positions
initiales. Le fait qu'ils aient accepté le
principe du cessez-le-feu, c'est un pas en
avant. Mais il n'y a pas de temps à perdre,
il faut mettre en place un cessez-le-feu
immédiatement », a dit M. Swing.
Par Okapi
Jean-Pierre
Bemba appelle ses gardes et les FARDC à
rentrer à leurs campements
| 22 March 2007 à
19:43:43

La situation est encore
plus confuse au centre ville de Kinshasa ce
jeudi soir. Des tirs se sont intensifiés
dans le périmètre autour du bureau de
l’ancien Vice-président Jean-Pierre Bemba
sur le boulevard. Celui-ci appelle ses
gardes ainsi que les FARDC à rentrer chacun
dans leurs campements, rapporte
radiookapi.net
Des tirs sont aussi
entendus aux alentours du collège Boboto,
vers la paroisse de Fatima, à l'entreprise
Marsavco et meme vers la gare centrale. Il
est difficile, pour l’instant, d’expliquer
ce qui se passe réellement. Dans
l’entre-temps, les élèves fréquentant les
écoles de cette zone rouge sont toujours
bloqués dans les salles de classe. Des
agents d’entreprises sont cachés, qui dans
des caves, qui dans des couloirs. Dans le
reste de la ville, particulièrement à la
cité, la tension est moindre. La population
circule plus ou moins normalement. Mais des
sources concordantes ont fait état des
mouvements de soldats du côté de Maluku,
dans la périphérie de Kinshasa. Des mortiers
ont même touché le bâtiment abritant la
Banque Internationale Africaine au Congo,
Biac. Il est situé sur le boulevard du 30
juin, non loin du bureau de l’ancien vice
président Jean-Pierre Bemba. Aux environs de
18 heures, heure locale, le sénateur
Jean-Pierre Bemba a été joint par
radiookapi.net. Il a appelé au calme et à la
paix. « Qu'il y ait un cessez-le-feu pour
que les esprits rentrent au calme. Je
souhaite que les gardes commis à ma sécurité
puissent rentrer dans leur campement et que
ceux des FARDC rentrent dans leur campement,
afin de discuter des conditions politiques
». L’ancien vice-président dit appeler au
cessez-le-feu, en commençant par sa propre
garde. »Que le cessez-le-feu puisse être
appliqué, respecté et que chacun reste dans
son campement d'origine ». Jean-Pierre Bemba
se dit aussi prêt à rencontrer le président
Joseph Kabila pour discuter de la situation.
« Je suis prêt à parler avec qui que ce soit
qui souhaite avoir la paix et la
tranquillité dans cette ville, dans ce pays
». En ce qui concerne l’appel de William
Swing qui a demandé qu'il y ait un
cessez-le-feu, l’ancien vice-président dit
l’appuyer et le soutenir totalement. Ce
jeudi matin, rappelle radiookapi.net, les
dispositifs des FARDC et ceux des gardes de
l’ancien vice président Jean-Pierre Bemba
avaient été renforcés. Cette situation fait
suite au communiqué de l’état major général
des FARDC du 6 mars dernier. Le communiqué
demandait aux anciens vice-présidents de
faire retourner leurs gardes dans les rangs
des FARDC.
Par Okapi
RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO
22/3/2007 20.48
KINSHASA : TIRS,
LE CONSEIL DE SÉCURITÉ DEMANDE LE
CESSEZ-LE-FEU
"Les tirs continuent, il
y a des blessés, on en a même ramené ici
dans la cour de la Monuc, de différentes
nationalités. Il y a aussi des morts, mais
il nous est impossible de dresser un bilan
car il y a une grande confusion" vient de
référer à la MISNA Didier Rancher,
porte-parole militaire de la Mission des
Nations Unies en République démocratique du
Congo (Monuc) contacté à Kinshasa. "Malgré
l'appel au cessez-le-feu diffusé par
Jean-Pierre Bemba vers 19 heures – a-t-il
poursuivi - les affrontements n'ont pas
encore cessé et les militaires, ceux de
Bemba et ceux des Forces armées, occupent
encore une partie du centre", autour de la
résidence et des bureaux de M. Bemba. Les
affrontements entre la garde armée de
l'ancien vice-président et les soldats
réguliers ont bloqué un grand nombre de
civils dans les bureaux et les habitations
de la zone, située dans le quartier de La
Gombé. Des sources journalistiques ont
dressé un bilan d'au moins trois civils tué,
dont un employé du PNUD, mais pour l'instant
la Monuc ne peut confirmer l'information. La
MISNA a appris d'une source journalistique
locale que l'ambassadeur du Nigeria avait
été blessé aux jambes. Un nouvel appel au
cessez-le feu vient d'être lancé, par le
Conseil de sécurité de l'ONU : "les membres
du Conseil enjoignent aux deux parties de
cesser immédiatement les échanges de tirs,
d'agir avec responsabilité et de résoudre
leurs différends par des moyens pacifiques"
et sont "particulièrement préoccupés des
risques de débordement de la violence au
dépens de la population civile, y compris
des enfants", a dit l'ambassadeur d'Afrique
du sud Dumisani Kumalo, qui préside le
Conseil en mars, dans une déclaration de
presse. Le Conseil a dit soutenir "les
efforts de la Monuc pour aider à apaiser la
situation et l'encouragent à aider à
affronter ce défi en matière de sécurité en
sauvegardant le processus politique en
cours".
MISNA
KINSHASA : TIRS,
DÉPLOIEMENT DE CASQUES BLEUS POUR PROTÉGER
LES CIVILS -
Les tirs continuent aux
environs de la résidence et des bureaux du
numéro un de l'opposition, l'ancien chef
rebelle Jean-Pierre Bemba, entre sa garde
armée et des soldats réguliers des Fardc.
"Les premiers tirs, dont on ignore
l'origine, ont éclaté vers midi et depuis
ils ont monté en intensité et continuent.
Les soldats, environ 500 de chaque côté,
occupent un périmètre restreint, d'environ
300 sur 700 mètres" réfère à la MISNA le
porte-parole militaire de la Mission des
Nations Unies en République Démocratique du
Congo (Monuc), le lieutenant-colonel Didier
Rancher. "La Monuc a déployé sur place 250
casques bleus. Notre priorité, contenue dans
notre mandat – poursuit-il – est de tenter
de protéger les civils et d'évacuer les
personnes qui sont coincées dans les
habitations voisines ou les bureaux". On
ignore pour l'instant si ces affrontements
ont fait des victimes. "Nous essayons de
créer des passerelles aussi bien au niveau
politique que militaire pour faire cesser
ces combats. Des réunions sont en cours à
tous les niveaux et William Swing
(représentant spécial du secrétaire général
de l'ONU dans le pays) est personnellement
au travail pour aider à trouver une
solution" a conclu le porte-parole
militaire. D'après des sources
journalistiques locales, la population a
déserté le quartier, les écoles et
ministères ont fermé sur ordre du
gouvernement et les ambassades ont diffusé
des consignes de sécurité, enjoignant leurs
ressortissants à rester enfermés chez eux.
La tension était palpable depuis plusieurs
jours à cause des réticences des militaires
affectés à la garde de l'ancien
vice-président de transition Bemba et des
autres ex vice-présidents (Azarias Ruberwa a
également près de 600 hommes affectés à sa
sécurité) à regagner les rangs de l'armée,
comme l'a ordonné le chef d'état-major
général.
MISNA
RÉPUBLIQUE
DÉMOCRATIQUE DU CONGO 22/3/2007 19.42
KINSHASA : DES
VICTIMES CIVILES, APPELS AU CESSEZ-LE-FEU -
Au moins trois
civils auraient été tués et plusieurs autres
blessés dans les affrontements qui opposent
depuis ce midi des centaines de soldats de
la garde rapprochée du sénateur de
l'opposition Jean-Pierre Bemba à des
éléments des Forces armées de la République
Démocratique du Congo (Fardc) aux abords de
la résidence de M. Bemba dans le centre de
Kinshasa. Des sources de la MISNA sur place
rapportent qu'un civil a été tué et
plusieurs autres blessés dans une banque
voisine du lieu des affrontements, où
plusieurs personnes ont été coincées à cause
des tirs, notamment à l'arme lourde,
entendus pendant tout l'après-midi. L'agence
France presse (Afp), donne une version
similaire rapportant que la victime aurait
péri dans l'effondrement d'une mezzanine de
la banque touchée par un obus ; un autre
civil, un cambiste, aurait été tué devant
l'institut bancaire. L'Afp réfère également
qu'un employé du Programme des Nations unies
pour le développement (PNUD) a été tué. Les
tentatives de la MISNA de joindre le PNUD à
Kinshasa par téléphone pour confirmation ont
jusque là été vaines. Plusieurs appels au
cessez-le-feu se sont succédés dabs
l'après-midi : celui du représentant spécial
du secrétaire général de l'ONU, Willian Lacy
Swing, rejoint par Jean-Pierre Bemba, et
celui du gouvernement congolais, par le
biais du ministre de l'Information,
Toussaint Tshilombo Send. "Mon message est
un appel à toutes les parties à la paix et
au calme et pour demander un cessez-le-feu"
a dit M. Bemba (perdant à l'élections
présidentielle face à Joseph Kabila)
invitant les éléments armés à "rentrer dans
les campements d'origine". La tension était
palpable depuis plusieurs jours à cause des
réticences des militaires affectés à la
garde de l'ancien vice-président de
transition Bemba et des autres ex
vice-présidents (Azarias Ruberwa a également
près de 600 hommes affectés à sa sécurité) à
regagner les rangs de l'armée, comme l'a
ordonné le chef d'état-major général de
l'armée.
MISNA
KINSHASA : TIRS
ET MASSIF DÉPLOIEMENT DE L'ARMÉE, REGAIN DE
TENSION
Des tirs d'armes légères
et lourdes retentissent à Kinshasa depuis
11h30 (GMT) près de résidences de l'ancien
vice-président Jean-Pierre Bemba, un secteur
où les hommes préposés à sa garde se sont
déployés et où l'armée congolaise a renforcé
sa présence. C'est ce que rapportent des
sources de presse internationale en
précisant que les premiers tirs de
Kalachnikov ont rapidement été suivis de
détonations d'armes lourdes. "Ce matin, à
partir de 9h (heure locale) quelques 300
hommes de l'armée régulière congolaise (FARDC)
ont été déployés dans le quartier
administratif de la Gombe, dotés d'armement
et motorisés. Ce déploiement a provoqué un
mouvement de panique de la population qui a
abandonné les lieux" rapporte à la MISNA
Aimé Dionzo, journaliste de la radio
diocésaine Elikya, contacté alors qu'il
circule sur l'artère principale de Kinshasa,
le Boulevard du 30 Juin, où la circulation a
timidement repris. La zone concernée par
l'opération de la 7ème brigade des FARDC est
celle du ministère des Affaires étrangères,
de la Primature, de la Cour suprême de
justice mais aussi des résidences des
anciens vice-présidents Bemba et Azarias
Ruberwa. "Les employés des nombreux bureaux
ministériels de la zone ont préféré regagner
leur domicile, les commerçants ont fermé
leurs échoppes et la circulation a été
momentanément coupée sur le boulevard qui
mène à la résidence de Bemba" ajoute
l'interlocuteur. En effet, la tension est
très forte depuis quelques jours dans ce
quartier de la capitale, en dépit d'un
imposant dispositif de blindés de la MONUC
(mission onusienne au Congo) car les 600
hommes au service de M. Bemba, chargés de sa
sécurité, et le même nombre fidèles à
Ruberwa refusent de regagner l'armée
régulière dans le cadre du brassage prévu
par le processus national de réforme de
l'armée. Ils auraient dû regagner leurs
quartiers à partir du 15 mars, selon
l'ultimatum fixé par le chef d'état-major
général. "Ils se refusent de le faire car
ils exigent de majeures garanties pour leur
sécurité. Le fait que ces hommes continuent
d'être payés par l'état-major de l'armée
représente un problème concret et un facteur
de tension avec les militaires au service
des FARDC" explique le journaliste en
ajoutant qu'environ la moitié des hommes au
service de Bemba se sont déployés à
plusieurs reprises, notamment aujourd'hui,
autour des résidences de leur chef, portant
un bandeau rouge sur le front, parfois armés
de lances, en plus de leurs fusils d'assaut
; une sorte d'acte démonstratif. Bemba
estimerait que les 12 policiers affectés par
décret à sa sécurité sont insuffisants. En
août et novembre 2006, des affrontements
post-électoraux entre FARDC, policiers et
gardes de M. Bemba avaient fait une
trentaine de morts à la Gombe, une commune
au nord de la capitale.
MISNA
Le Conseil de
sécurité exige la fin des combats
Le Conseil de sécurité de
l'ONU a appelé jeudi à la cessation
immédiate des échanges de tirs qui
opposaient jeudi à Kinshasa l'armée
régulière de la République démocratique du
Congo (RDC) et la garde de
l'ex-vice-président Jean-Pierre Bemba. Les
membres du Conseil "enjoignent aux deux
parties de cesser immédiatement les échanges
de tirs, d'agir avec responsabilité et de
résoudre leurs différends par des moyens
pacifiques", a dit l'ambassadeur d'Afrique
du sud Dumisani Kumalo, qui préside le
Conseil en mars, dans une déclaration à la
presse.
Ils sont "particulièrement préoccupés des
risques de débordement de la violence au
dépens de la population civile, y compris
des enfants", a-t-il ajouté.
Les membres du Conseil "soutiennent les
efforts de la Monuc (Mission de l'ONU en
RDC) pour aider à apaiser la situation et
l'encouragent à aider à affronter ce défi en
matière de sécurité en sauvegardant le
processus politique en cours", a conclu M.
Kumalo.
La Monuc a également appelé à "une cessation
immédiate des affrontements" dans le centre
de Kinshasa, où des détonations d'armes
légères et lourdes étaient entendues depuis
la fin de matinée.
Elle a demandé au gouvernement congolais
ainsi qu'à M. Bemba, élu sénateur en
janvier, "de se concerter le plus tôt
possible afin d'arriver à une solution
pacifique à la crise qui les opposent".
Le représentant de l'ONU en RDC, William
Lacy Swing, également chef de la Monuc, "est
en contact avec le gouvernement ainsi que le
sénateur Bemba dans la recherche d'une
solution à cette crise".
La Monuc affirme avoir "renforcé son
dispositif militaire au centre-ville" et se
dit prête à "prendre les mesures possibles
pour assurer la sécurité de la population
civile".
Les tirs ont débuté vers 11H30 GMT entre
soldats des Forces armées de RDC (FARDC) et
gardes rapprochés de M. Bemba, qui refuse de
voir ses hommes intégrer l'armée régulière,
estimant n'avoir pas de garanties pour sa
sécurité.
Publié le 22 mars 2007.
Afrique Centrale
Brazzaville,
victime collatérale
Les combats qui se
déroulent depuis vendredi matin à Kinshasa
entre l'armée et les forces de protection de
l'ex-président Jean-Pierre Bemba ont débordé
au Congo voisin. La capitale, Brazzaville, a
été touchée de plein fouet par des obus qui
ne visaient directement la ville mais qui se
sont abattus sur la mairie (photo) et dans
l'enceinte d'un supermarché. Selon des
informations non confirmées jeudi soir, dix
personnes auraient été tuées par des tirs
venant de Kinshasa sur l'île de Loubassa,
située au milieu du fleuve, côté congolais.
Ce n'est pas la première fois que
Brazzaville est la victime collatérale des
violences armées à Kinshasa.
Publié le 22 mars 2007.
Afrique Centrale
Des Belges piégés à
Kinshasa
Rédaction en ligne
jeudi 22 mars 2007, 23:10
Quelque
350 élèves et enseignants de l'école belge
et 90 élèves de l'école française ont été
obligés de passer la nuit terrés dans les
écoles du quartier de la Gombe, à Kinshasa
où la situation s'est brusquement dégradée A
Bruxelles, un comité ministériel restreint a
été convoqué ce vendredi à 8 heures.
COLETTE BRAECKMAN
Les violents
affrontements qui ont mis aux prises des
militaires de la garde personnelle de
Jean-Pierre Bemba aux forces
gouvernementales ne représentent cependant
pas une surprise. Il y a plusieurs jours en
effet que la tension montait dangereusement.
Passant en boucle sur ses
chaînes de télévision, M. Bemba, ex-chef de
guerre devenu le chef de l'opposition,
dénonçait l'inaction des autorités face aux
incidents frontaliers avec l'Angola. Mais
surtout, il refusait l'ultimatum lancé par
le chef d'état-major général, qui avait
ordonné à tous les militaires entourant les
ex-vice-présidents en fonction durant la
transition de déposer les armes pour le 15
mars, et d'accepter d'être démobilisés ou
réintégrés dans l'armée gouvernementale.
Alors que l'ex-président Ruberwa, tout en
protestant, a obtempéré et accepté de ne
plus être protégé que par 12 policiers,
Jean-Pierre Bemba, se souvenant des attaques
dirigées contre sa résidence en août
dernier, a refusé de se séparer de ses
gardes venus de la province de l'Equateur ou
issus de l'ancienne Division spéciale
présidentielle.
Ces miliciens parfois sous l'emprise du
chanvre ou de l'alcool, avaient déjà tiré
des coups de feu les jours précédents et
représentaient un élément d'insécurité en
plein milieu du boulevard du 30 juin, dans
le quartier résidentiel de la Gombe.
Dans la nuit de mercredi
à jeudi, les forces gouvernementales
entamèrent l'encerclement du secteur. Le
matin, les hommes de Bemba, le front ceint
d'un bandeau rouge, sortaient sur le
boulevard, tirant en l'air et entamant
danses et chants guerriers. Les forces
gouvernementales répondirent à ces
provocations par des tirs à l'arme lourde,
tandis qu'en début d'après-midi, selon une
source de la Monuc (mission des Nations
unies au Congo) les miliciens de Bemba
élargissaient leur périmètre de tir et se
répandaient dans l'avenue de la Justice, qui
abrite plusieurs bâtiments administratifs et
autres ambassades. Suivirent alors des
échanges extrêmement violents, où l'on
entendit des tirs de RPG (lance-roquettes),
des tirs de mortier et même des coups de
canon tirés à distance depuis des chars.
C'est alors que
l'immeuble abritant la banque BCEAO fut
touché par un obus, l'effondrement d'une
mezzanine faisant deux blessés, dont un
grièvement touché.Au rez-de-chaussée, un
cambiste était tué ainsi qu'un membre du
personnel du Programme des Nations unies
pour le développement. Survenant en milieu
de journée, au cœur d'une ville très animée,
ces affrontements ont pris au piège de
nombreux civils: plusieurs milliers
d'enfants ont été immobilisés à l'intérieur
des collèges Boboto et Bonsagani tout
proches et les enfants des écoles belge et
française ont été bloqués sur place.
En début de soirée, alors
que les combats avaient finalement tourné à
leur désavantage, les hommes de Bemba se
seraient répandus dans la ville. La Belgique
a donc demandé aux Nations unies de donner
instruction à la Monuc d'approvisionner et
protéger les personnes réfugiées dans
l'école.
Un communiqué du Conseil
de sécurité, non seulement exigea l'arrêt
des combats mais évoqua « les risques de
débordements aux dépens de la population
civile, y compris les enfants ».
En début de soirée,
pressé par la Monuc, M. Bemba appela à un
cessez-le-feu aux micros de Radio Okapi. Dès
cet instant, les tirs diminuèrent
d'intensité, mais sans cesser totalement et
en fin de soirée, de nombreuses
personnalités, dont William Swing, le chef
de la Monuc et le Commissaire européen Louis
Michel, essayaient de susciter un contact
direct entre le président Kabila et le
sénateur Bemba, dont la résidence au bord du
fleuve aurait été touchée par des tirs.
Le Soir
Le ministre de
l'Information appelle la population kinoise
au calme
Les coups de feu
continuent à retentir dans le périmètre des
résidences de Jean-Pierre Bemba. Ils se sont
étendus jusqu'au quartier Ndolo. Ces tirs
ont gagné en intensité car les coups des
roquettes, des canons et des mitrailleuses
sont entendus au centre ville de Kinshasa.
Cependant, le ministre de la Presse et
Information, Toussaint Tshilombo Send,
invite les Kinois au calme et à continuer à
vaquer à leurs occupations, rapporte
radiookapi.net Il a précisé que le
gouvernement se réunit pour se pencher sur
cette situation.
« Le message à la
population kinoise et congolaise, en
général, c'est un message d'apaisement que
leur livre leur gouvernement. Nous sommes
réunis en ce moment autour de son excellence
monsieur le premier ministre. Nous sommes
entrain de faire le point sur la situation,
et dans les heures qui suivent, le
gouvernement va vous donner sa position. La
population doit garder son calme et
continuer à vaquer à ses occupations,
puisque la situation, telle qu'elle se
présente, c'est dans une partie du centre
ville, dans un périmètre bien déterminé
entre le rond-point Mandela et le ministère
du travail. Donc, je pense qu'il faut que
nos compatriotes soient rassurés que le
gouvernement s'occupe d'eux. Je pense que
dans une situation d'urgence comme celle-là,
il faudra que nous puissions nous dépasser
et afficher un comportement d'homme d'Etat.
La première préoccupation est la paix et le
bien-être de nos compatriotes ainsi que de
tous les étrangers qui vivent chez nous.
Donc, il faut qu'on se dépasse et qu'on
arrive à trouver une solution meilleure en
ce qui concerne la paix, puisque nous avons
besoin de la paix dans notre pays. Et dans
les heures qui viennent, le gouvernement va
vous donner sa position parce que nous avons
pris connaissance de la situation, et on ne
pouvait pas rester muets. Il fallait qu'on
se retrouve autour d'une table pour que nous
puissions prendre nos responsabilité s, et
la force revient à la loi. Mais nous ne
voulons pas engager des épreuves de force
parce que ce sont des Congolais qui ne
doivent pas continuer à s'affronter entre
eux. Nous sortons d'un long processus
électoral qui a donné les institutions
démocratiques élues et, tous, nous devons
nous plier à ces institutions là ».
Pendant ce temps, la
tension reste vive dans ce périmètre de la
ville. Des personnes jointes au téléphone
aux environs de midi témoignent des
évènements: « Je viens de me retirer du
secteur où j'étais. J'étais devant
l'auditorat. Nous étions entrain d'observer
de loin la présence des militaires des FARDC
au niveau du parc de la Banque centrale à
CADECO. Un moment donné, ils sont partis. On
a vu de loin les soldats affectés à la garde
de M. Jean-Pierre Bemba avancer et chanter.
Bon, en avançant là, on a entendu des tirs
et ça a commencé à tirer de partout, alors
nous sommes partis. En ce moment, ça tire de
tout côté, même à l'arme lourde. Tout à
l'heure là, une balle perdue est passée
entre moi et un de mes confrères. La tension
est très très forte. Même les enfants au
niveau du Lycée Bosangani ne peuvent pas
sortir. Il y a des bus qui sont venus les
chercher, mais impossible de sortir avec les
enfants. Au collège Boboto, il y avait déjà
une partie des enfants qui étaient partis,
et même à Bosangani. Mais ceux qui
attendaient les bus scolaire sont bloqués là
».
Par Okapi
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