L'ancien
vice-président l'a dit dans un entretien publié
le lundi par le journal Le Monde. Il accuse le
pouvoir de vouloir se débarrasser de lui,
rapporte radiookapi.net
Jean-Pierre
Bemba n'a pas révélé où il se trouvait au moment
de son entretien avec le quotidien français. Il
a affirmé compter sur les Nations unies et la
communauté internationale pour sa sécurité. Dans
ce même entretien, selon la source, le sénateur
rejette les accusations du gouvernement pour
"haute trahison" et "entretien de milice"
portées contre lui. D'après lui, il ne disposait
que de 200 hommes détachés par l'armée pour sa
sécurité. Pour Bemba, au moment où les
affrontements ont commencé, "des négociations
sur la taille de son équipe de protection
rapprochée devaient justement débuter". Pour
lui, "cette attaque faisait partie d'un scénario
préparé pour évacuer tout débat". Il met de ce
fait en garde contre un danger de dictature.
Kinshasa : les activités
ont repris, mais...
| 26 March 2007 à
20:04:23
Ce lundi, les grandes
artères de la capitale étaient à nouveau
fréquentées par des véhicules, même si la
circulation n'était pas dense comme
d'ordinaire. A la cité, les écoles ont
fonctionné normalement, ce qui n'a pas été
le cas pour le centre-ville où, les
établissements situés dans le périmètre où
les combats ont eu lieu, ont préféré
attendre encore, rapporte radiookapi.net
C'était le cas notamment
du collège Boboto et du Lycée Bosangani. Les
responsables de ces deux écoles ont renvoyé
leurs élèves. Les enseignants étaient au
rendez-vous, mais ils se sont contentés à
commenter dans la cour, les événements de la
semaine dernière, ou à donner des
témoignages. Au collège Boboto, des traces
de sang ont été observées dans certaines
salles de classe, et ça et là dans la cour,
traînaient encore des douilles de munitions.
Plus loin vers le nord du centre ville, les
magasins pillés, notamment ceux situés aux
alentours de l'hôtel Memling, n'ont pas non
plus ouvert leurs portes. Employés et
patrons évaluaient plutôt les dégâts subis,
ou passaient le coup de balai pour se
débarrasser des ordures créés par la casse.
A la Biac (Banque internationale africaine
du Congo), touchée par un mortier, un
service minimum a néanmoins été organisé.
Mais, ça et là, le traumatisme des
événements des 22 et 23 mars était encore
visible sur le visage des Kinois rencontrés
ce lundi.
Par Okapi
Le MLC pense
déjà à l'après Bemba !
Kinshasa, 26/03/2007 /
Politique
Le
chairman serait-il déjà un has been ? Il est
sans doute prématuré de chanter pour chanter
le requiem pour le leader du MLC.
Mais une quasi
certitude tout de même : Jean-Pierre Bemba
ne se remettra pas de sitôt de son bide
politico- militaire. C'était une espèce de
« troisième tour » de l'élection
présidentielle qui se jouait à travers
« l'affaire » de l'affectation de la garde
de Jean-Pierre Bemba.
Le leader du MLC savait que, délesté du gros
de ses hommes armés, il ne serait plus ce
« chairman » qu'il veut bien demeurer. Tout
puissant patron des entreprises familiales,
chef rebelle incontesté et incontestable,
vice-président de la République aux allures
d'un Chef d'Etat bis, « Igwe » ne se voit
pas autrement que comme « chef ». Quand il
s'adresse aux Kinois récemment en langue via
quelques télévisions, Jean-Pierre se pose
non seulement en chef de l'opposition, mais
aussi en patron de l'antisystème. Quand il
rechigne céder sa garde à l'Etat major des
FARDC, le chef du MLC refuse par dessus tout
de n'être perçu que comme un ancien
Vice-président de la République devenu
sénateur. Tout Jean Pierre Bemba est là.
Dans ces conditions, la neutralisation de sa
garde, symbolisée par la chute de la
résidence citadelle du boulevard du 30 juin
et le repli « stratégique » de son illustre
occupant dans une des demeures diplomatiques
sud africaine, sonne comme un véritable
Waterloo pour Jean Pierre Bemba. D'abord
parce que sans la fameuse garde, le
chairman perd de sa superbe.
Homme de pouvoir et donc enclin au rapport
des forces, Jean-Pierre Bemba sait mieux que
quiconque qu'il a perdu la bataille. Sans
doute la plus décisive pour le moment.
D'autant qu'au revers militaire, s'ajoute
une hypothèque sur sa survie politique à
court terme.
Il s'agit de ce mandat d'arrêt émis par le
Parquet général de la République. Certes,
les juristes peuvent pérorer sur la validité
ou non de l'action judiciaire enclenchée
contre le sénateur Bemba. Mais politiquement
le mandat d'arrêt réduit terriblement la
marge de manœuvres du leader du MLC.
En chair, celui-ci se trouve devant une
sorte d'alternative du diable négocier
l'exil ou se rendre à la justice. Dans les
deux cas, le « chairman » ne sera pas en
situation de faire de la politique. Est-ce
cette perspective qui taraude les esprits
dans de hautes instances du MLC et de
l'Union pour la nation ?
En tout cas, il nous revient que les
bembistes n'entendent pas couler avec leur
capitaine. D'où des conciliabules, amorcés
par certains barons du MLC, pour gérer
l'après Bemba. S'agirait-il d'une succession
à la régulière? Serait-il question de la
« débembisation » du MLC? Difficile pour
l'instant d'imaginer les contours de la
redistribution des cartes au MLC et, par
ricochet, à l'UN. N'importe comment, l'après
Bemba se dessine déjà.
JN/ Forum des As
Affrontements de
Kinshasa : l'interview qui a jeté la poudre
au feu
(Congolite
26/03/2007)
26 mars 2007 - Les affrontements du 22 et 23
mars à Kinshasa ont été une surprise pour
beaucoup. Mais, certains observateurs
indiquent que la diffusion dimanche 18 mars,
par certaines chaînes de télévision, de
l'interview en lingala que Jean-Pierre Bemba
a accordée à la presse nationale pour
marquer sa rentrée politique, serait à la
base des incidents tragiques qui se sont
déroulés dans la capitale. En effet, en
critiquant Joseph Kabila et son
gouvernement, les accusant d'incompétence de
corruption et d'avoir vendu une portion du
territoire congolais aux Angolais, le chef
de l'opposition "légale" en République
Démocratique du Congo aurait, de ce fait,
signé son arrêt de mort. Car, ces paroles
qui ont reçu un accueil largement positif
auprès des téléspectateurs de Kinshasa, du
reste acquise à cause, ont fâché les membres
de la majorité présidentielle (Amp) au
pouvoir. Ci-dessous, le texte de la
traduction française de cet entretien qui
vaut la peine d'être lu et relu.
Entretien Bemba-Presse
Presse : Quel est votre état de santé
aujourd'hui étant donné que nombreux sont
des Congolais qui avaient versé les armes
lors des obsèques du cardinal Frédéric Etsou
en vous voyant avec des béquilles?
Jean-Pierre Bemba : J'avais connu un
accident comme vous le savez. Mon médecin
m'avait demandé d'immobiliser ma jambe
pendant 3 mois pour que les os rentrent en
place et se consolident. C'est fait et le
dernier contrôle de la radiologie a été
concluant. Je suis donc bien portant
aujourd'hui. Je vais bien marcher et
reprendre mes activités d'ici là.
Presse : La population vous reverra en bonne
forme comme d'habitude?
J.P. Bemba : Bien sur que oui.
Presse : Après les élections, il en est
résulté un Premier ministre qui a formé son
gouvernement et élaboré un programme qui a
été présenté et approuvé à l'assemblée
nationale. Mais celui-ci a essuyé des
critiques acerbes de la part de Jean-Pierre
Bemba et de son parti, contrairement aux
bailleurs de fonds qui manifestent un
engouement. Pourquoi rejetez-vous ce
programme?
J.P.B : Je fus un des responsables du
gouvernement pendant la transition en charge
du secteur économique et financier. J'ai la
maîtrise et l'expertise de ce secteur dans
notre pays. Je vous rappelle qu'à notre
avènement en juillet 2003, l'économie était
mal en point. Il n'y avait plus de confiance
: notre monnaie était au plus bas. Pendant 3
ans, avec l'effort d'autres membres du
gouvernement, la barre a été redressée. Il a
été noté la reprise des activités
économiques et j'ai parcouru le Congo de
part en part pour évaluer les problèmes qui
se posaient. En parcourant ce programme, je
constate qu'il s'agit d'un chapelet
d'intentions. Nulle part, il est indiqué où
il y aura adduction en eau, desserte en
électricité, la réhabilitation d'hôpitaux,
de routes, d'écoles, etc. Par où vont-ils
commencer, comment et avec quels moyens?
Quels sont les axes prioritaires? C'est cela
le programme. Ce que j'ai parcouru n'en est
pas un. A l'allure où vont les choses, il
est évident que rien ne va se réaliser.
Presse : Il ressort de ce programme que la
lutte contre la corruption est une des
propriétés, mais malgré cela vous continuez
à soutenir que c'est un chapelet
d'intentions?
J.P.B. : Je suis d'accord avec la lutte
contre la corruption et la fraude. A notre
avènement pendant la transition, le budget
de l'Etat était de 350 millions Usd.
Celui-ci a atteint 1 milliard Usd grâce à la
mobilisation des recettes, à la lutte contre
la corruption. Je ne voudrai pas dire qu'il
n'y avait pas de corruption pendant la
transition, mais le niveau atteint
aujourd'hui dépasse tout entendement.
Pendant ces 3 mois, la corruption a atteint
le sommet de l'Etat. L'argent sort pour
acheter publiquement la conscience des
politiciens. Vous vous rappellerez ce qui
est arrivé lors des élections des sénateurs
et gouverneurs de province. L'argent est
sorti de la Banque centrale pour acheter les
hommes politiques. Les preuves existent. Je
ne crois pas en leurs intentions sur la
lutte contre la corruption au regard de ce
qui se passe. La corruption a atteint le
sommet de l'Etat. En bas, on ne peut que
suivre l'exemple d'en haut.
Presse : Qu'à cela ne tienne, selon vous, ce
programme n'en est pas un. Mais qu'est-ce
qui doit être fait ou quel peut être votre
apport en tant qu'opposition républicaine
pour améliorer la situation dans la mesure
où, contrairement à la transition, tous les
indicateurs vitaux ont viré au rouge : plus
d'eau, de fourniture en électricité, de
transport...
J.P.B. : Tout ce que vous venez d'énumérer
est vrai. Autrefois, on a laissé entendre
que le « 1+4 » était mauvais, mais
comparativement à la situation actuelle
c'est pire. En un mot, le pays n'a pas de
dirigeants capables de résoudre les
questions de la population. Tout remonte, en
effet, à juin 2006 avec la campagne
électorale 1er et 2ème tour de la
présidentielle qui nous a éloigné de la
gestion des affaires de l'Etat. Depuis cette
époque, notre monnaie dégringole, les frais
de transport, le prix de carburant, sont à
la hausse. Aujourd'hui, on frôle la barre de
600 Fc pour un dollar Us, alors qu'en son
temps, cela pendant 3 ans, la monnaie est
restée stable pour protéger et préserver le
pouvoir d'achat de la population. La
première chose à faire pour préserver la
population de la misère, c'est de stabiliser
et de protéger notre monnaie, de sorte que
même les gagne-petit ne soient pas
confrontés à la fluctuation de prix. Mais ce
qui se passe aujourd'hui dépasse les bornes.
Pendant seulement 2 mois, le taux de change
est passé de 450 Fc à 600 Fc le dollar Us.
L'argent sort du Trésor public, de la Banque
centrale sans contrepartie productive.
Raison pour laquelle il y a des billets
pimpants neufs de 500 Fc sur le marché.
C'est l'argent de la corruption. Le réflexe
d'une personne à qui on a remis 50 ou 100
mille Usd de corruption, c'est d'aller sur
le marché et de le changer à n'importe quel
taux. Ceci avec raison, étant donné que
c'est de l'argent sans valeur, sans effort.
C'est un don, l'argent volé. Si cela
perdure, ne soyons pas surpris que le dollar
crève le plafond de 1000 Fc. Il n' y a plus
de politique budgétaire ni monétaire. En ce
qui concerne l'appréciation positive du
Programme par les bailleurs de fonds, ceci
est bon pour eux et non pour la population
congolaise. Ils ne s'occupent pas du pouvoir
d'achat du peuple congolais. Quel est le
sort des policiers, soldats, fonctionnaires,
… qui sont payés en Fc si le pouvoir d'achat
chute? N'oubliez pas que notre économie
dépend de l'extérieur étant donné que tout
est importé : poulets, poissons, sucre, sel,
œufs, etc. Autrement dit, le prix pratiqué
sur le marché dépend de notre monnaie par
rapport au dollar Us. Voilà ce qui explique
la souffrance des Congolais au regard de
l'instabilité de notre monnaie. A propos de
1,4 milliard promis par les bailleurs de
fonds, ce n'est pas autre chose que ce qui
résulte des accords de Paris entre le
gouvernement de la transition et la Banque
mondiale en décembre 2003 d'où découle le
Dscrp défendu par le ministre Sessanga.
Attendons voir ce que le gouvernement actuel
va faire de sa propre initiative. D'autant
qu'il ne faut pas flouer par la suite la
population que telle route, tel hôpital a
été réhabilité. C'est l'argent de la Banque
mondiale. C'est l'argent négocié avec les
bailleurs de fonds pendant la transition.
Presse : Vous voulez dire
que le Programme va échouer parce que
l'argent viendra plus de l'extérieur, mais
le Premier ministre a dit que l'argent
pourrait être généré de l'intérieur
notamment par les audits?
J.P.B. : J'ai exigé des
audits jadis et vous en connaissez les
résultats : beaucoup de mandataires ont été
pris la main dans le sac.
Presse : Ils n'ont jamais été arrêté?
J.P.B. : Pourquoi? Parce
que dans notre pays il n'y a pas de justice.
Les rapports d'audit ont été envoyés au
Procureur général de la République. Qu'en
a-t-il fait? Il s'est assis dessus. Si nous
continuons de la sorte, rien ne changera.
C'est pourquoi il faut lutter contre la
corruption à tous les niveaux, mais je n'en
vois pas les signaux. Il faut gagner la
confiance des opérateurs économiques. Quel
message leur adresser pour qu'ils viennent
investir au regard du désordre observé : pas
de sécurité, corruption au sommet de l'Etat,
désordre dans l'appareil judiciaire… Quelle
confiance garantir aux opérateurs
économiques désireux de venir investir dans
notre pays?
Presse : Ce n'est pas
finalement un acharnement de votre part
étant donné que vous n'êtes pas au pouvoir?
J.P.B. : Je suis mu juste
par la défense des intérêts de la
population. J'ai choisi d'être en marge des
institutions compte tenu des fraudes et
tricheries qui ont caractérisé les
élections. J'ai opté pour la paix afin qu'il
n'y ait plus de guerre dans le pays. Tout ce
que je dis, c'est de par ma petite
expérience. Je ne vois rien de sérieux se
profiler à l'horizon. Attendons voir.
Presse : En parlant de la
corruption, vous avez fait allusion aux
élections des sénateurs et des gouverneurs
de province. A ce sujet, l'Union pour la
Nation avait la majorité dans certaines
provinces, dont la ville de Kinshasa. Mais à
l'issue de ces élections, vous n'avez gagné
que la seule province de l'Equateur? Quel
est votre avis à cet effet?
J.P.B. : Nous nous sommes
battus pour l'avènement de la démocratie
dans notre pays, pour que le pouvoir émane
du peuple et que celui-ci choisisse
librement ses dirigeants. Au Bas Congo, à
Kinshasa, au Kasaï-Occidental, les bureaux
des assemblées provinciales sont entre les
mains des membres de l'Union pour la Nation
par la volonté des députés provinciaux. Mais
comment expliquez que ces mêmes députés
foulent au pied leur majorité au moment des
élections des sénateurs et des gouverneurs
de province. Voilà le résultat de la
corruption. Qu'est ce qui s'est passé? Avec
l'argent de l'Etat, le pouvoir a corrompu
nos députés provinciaux : 50, 100 mille
dollars Us pour acheter leurs voix. Ce qui a
fait qu'à Kananga, à Kinshasa, y compris le
Bas-Congo, nous avons manqué deux voix.
Comment expliquer que les mêmes députés qui
ont voté à la majorité pour les bureaux des
assemblées provinciales puissent voter
autrement pour le sénat et les gouvernorats?
C'est la corruption au sommet de l'Etat. Le
pouvoir refuse que l'opposition bénéficie
d'un peu d'espace dans notre démocratie,
dans notre pays. Nous avons lutté pour la
démocratie et non pour l'instauration de la
corruption. En réalité, ces gouverneurs ne
reflètent pas la volonté du peuple. Quand
nos compatriotes du Bas-Congo se sont levés
contre cet ordre de chose, la réaction
c'était de les tuer. Voilà les résultats de
3 mois de pouvoir : instaurer la corruption
au sommet de l'Etat, interdire aux gens de
manifester contre la corruption. Que ce soit
à Kananga, au Bas-Congo et à Kinshasa, ce
n'est pas la volonté du peuple. Ce n'est pas
le jeu démocratique, mais plutôt le résultat
de la corruption. C'est cela le bilan des
élections. Nous avons donc régressé dans
notre pays, nous sommes loin de la
démocratie. C'est la dictature de l'argent.
Pour avoir le pouvoir, il faut l'acheter. Où
est la démocratie? Où est la volonté du
peuple, l'exemple de la lutte contre la
corruption? Tout s'est passé au vu et au su
de la population. Quel message avez-vous
envoyé à l'extérieur pour que les opérateurs
économiques viennent investir dans notre
pays, maintenant que l'argent a force de
loi? Les choses sont inversées : si tu veux
le pouvoir, tu donnes l'argent, mais pas
solliciter le suffrage du peuple.
Presse : Ce résultat n'est pas aussi le fait
du système électoral? Pourquoi n'avoir pas
voulu que la population élise directement
les gouverneurs?
J.P.B. : Nous n'aurions
pas accepté ce système si nous avions
réalisé que la corruption pouvait émaner du
sommet de l'Etat. Nous n'avions pas aussi
pensé que les députés pouvaient vendre leurs
voix à cause de l'argent. Ils sont là grâce
au peuple et ils ne devaient que continuer à
exprimer la volonté de celui-ci.
Malheureusement, ils ont opté pour leurs
intérêts personnels. Nous sommes donc dans
un système perverti. Nous avons accepté ce
système électoral parce qu'on a soutenu
qu'il n'y a pas d'argent pour organiser les
élections au suffrage direct. C'est une
grande erreur.
Presse : Avez-vous des
preuves sur la corruption que vous dénoncez,
d'autant que dans l'autre camp l'on soutient
que les gouverneurs ont été élus sur base de
leurs programmes? Aussi, l'opinion
voudrait-elle savoir si c'en est fini avec
la ville de Kinshasa étant donné que vous
avez été débouté depuis la Cour d'appel
jusqu'à la Cour suprême de justice?
J.P.B. : Nous n'avons pas
baissé les bras en ce qui concerne Kinshasa.
Je ne peux dévoiler ici nos stratégies. Nous
irons jusqu'au bout conformément aux lois du
pays. C'est notre droit, le droit du peuple.
A Kinshasa, par exemple, tout le bureau de
l'assemblée provinciale est entre les mains
de l'Union pour la Nation même si le Mlc est
majoritaire. Il en est de même à Kananga, à
l'Equateur. C'est ici que je pose la
question de savoir comment les mêmes députés
qui ont voté les membres des bureaux se sont
comportés autrement pour les sénateurs et
les gouverneurs de province. Il n'y a pas eu
seulement la corruption, mais aussi des
menaces. A Kinshasa, les chefs coutumiers
ont été menacés. C'est le cas aussi à
Kananga. On a dépêché des soldats par avion
à Mbuji-Mayi avec de l'argent. Ceux-ci ont
corrompu les députés provinciaux et les ont
menacés publiquement dans la salle au cas où
le résultat n'était pas en faveur du
pouvoir. A Kananga, les chefs coutumiers ont
été instruits par téléphone de soutenir le
candidat gouverneur du pouvoir, au risque de
perdre leur pouvoir. C'est ça la démocratie?
Presse : Les élections
ont généré la question de nationalité dans
le Kasaï, question qui a suscité des débats
houleux à l'assemblée nationale et qui s'est
soldée par un moratoire. N'est-ce pas un
échec pour votre parti, le Mlc, qui en était
à la base? Par ailleurs, qu'en est-il
aujourd'hui de l'Union pour la Nation.
Existe-t-elle ou pas au regard du fait que
le Mlc et ses alliés ne cessent de se
rejeter la responsabilité quant à l'échec
aux élections?
J.P.B. : EN ce qui
concerne la nationalité, le Mlc s'en était
fait champion car le pouvoir avait qualifié
les candidats Mlc d'étrangers. Nous avons
voulu vider cette question en voulant
savoir, du sommet à la base, qui est
étranger. Devant notre attitude, le pouvoir
a eu peur et a demandé que la situation
reste figée. Réaction à laquelle nous
n'avons pas accédé étant donné que nous
voulions l'institution d'une commission
d'enquête afin d'établir qui est étranger
qui ne l'est pas. Mais le pouvoir a plaidé
pour un moratoire. A ce sujet, je voudrai
qu'on y voie clair. C'est la loi. Où
avez-vous vu qu'il y ait moratoire sur la
loi alors que celle-ci existe? Ce qui est
grave c'est que ceci émane de l'institution
qui légifère. Il faut appliquer la loi,
c'est après que celle-ci pourrait être
changée. Où avez-vous vu les gens fouler aux
pieds la loi en faveur d'un moratoire? En ce
qui concerne l'Union pour la Nation, elle
existe. D'ici peu, nous allons organiser les
états généraux pour la restructuration, la
définition des nouveaux objectifs et
permettre l'adhésion de toutes les forces
politiques et sociales désireuses de
défendre les intérêts du peuple congolais.
Presse : Pour revenir aux
évènements du Bas-Congo, vous avez été
présenté comme commanditaire?
J.P.B. : Ce gouvernement
ne débite que des mensonges. Nous avons une
lettre du gouverneur Mbadu demandant l'envoi
de 300 soldats; lettre qui sera versée à la
commission d'enquête. Pourquoi devons-nous
envoyer les militaires? Ai-je des militaires
à envoyer là-bas? Ce n'est pas à mon
initiative que nos compatriotes ont
sollicité l'organisation d'une marche. Ils
ont voulu protester contre la corruption,
parce que voulant que les membres de l'UN
gèrent leur province. Ils n'acceptent que le
Bas-Congo soit géré de nouveau par des gens
qui l'ont mis en moule. C'est cela la
vérité. Attendons le rapport d'enquête. Si
vous vous mettez à suivre les racontars du
gouvernement, vous allez vous perdre.
Presse : Mais une opinion
laisse entendre que c'est par manque de
stratégies que l'UN a perdu les élections?
J.P.B. : Ce n'est pas par
manque de stratégies, c'est plutôt la
corruption. Malheureusement, beaucoup
d'hommes politiques, de députés, n'ont pas
le sens de l'honneur, de la parole donnée.
Beaucoup sont faibles devant l'argent, alors
que la politique requiert la conviction.
Voilà pourquoi le pouvoir s'en moque et les
achète. Ce n'est pas un secret. Comment
quelqu'un qui était à pied est propriétaire
aujourd'hui d'une jeep, celui qui était
locataire est propriétaire d'une grande
maison? Il faut lui demander l'origine de
tout cela. Si la justice existait dans notre
pays, ils allaient être poursuivis. D'autant
que, par soupçon, un magistrat pouvait
s'intéresser à leurs acquisitions. S'il y
avait la justice, ces histoires n'allaient
pas se faire comme dans d'autres pays. Ce
n'est pas une question de stratégies. Dans 4
provinces, nous avons la majorité. C'est
dire que les stratégies ont été bien
montées. Ceux qui sont aujourd'hui
présidents et vice-présidents des assemblées
provinciales ne l'ont pas été avec leurs
propres voix, c'est avec les voix de l'UN.
Quand ils ont vu l'argent, ils ont perdu la
raison.
Presse : Avant même la
campagne électorale, le Mlc s'était fait
champion de la défense de l'intégrité du
territoire national. Mais présentement, le
drapeau angolais flotte à Kahemba. Qu'en est
il de cette situation?
J.P.B. Je suis peiné et
attristé que les dirigeants du pays vendent
notre pays aujourd'hui. Qui ignore que
Kahemba est au Congo? Qui ne connaît pas les
bornes qui ont servi au partage entre les
Belges et les Portugais? Les archives sont
là. Les députés de Kwango, du Bandundu,
viennent de rentrer de Kahemba. Il faut leur
demander les mésaventures qu'ils ont
connues. Les chefs coutumiers, de
groupement, propriétaires terriens, sont là.
Ils les ont rencontrés. Nous sommes surpris
d'apprendre aujourd'hui de la part des
autorités que Kahemba n'est pas au Congo.
Donc pour y aller, il nous faut un visa, un
passeport. Ce qui m'attriste c'est le fait
que j'ai révélé tout ceci en son temps. J'ai
révélé tout ce qui va se passer dans notre
pays. On va vendre notre territoire. C'est
une réalité aujourd'hui. Si on n'y prend pas
garde, ce n'est pas seulement Kahemba que
nous allons perdre. A Kabungu, dans le
territoire de Kamonia (Ndlr : territoire de
Tshikapa, Kasaï-Occidental), il y a risque
qu'on le vende cette potion de terre d'ici
là. Il en sera pareil dans le Katanga et
dans le Kivu. Cette situation est grave.
C'est une haute trahison vendre le
territoire national. C'est une haute
trahison dans le chef des autorités du pays.
Ça ne se fait jamais. Même s'il y a des
problèmes entre pays, il n'est pas question
d'envoyer des soldats pour une
confrontation. Avant d'en arriver là, nous
pouvions aller à la Cour internationale de
la justice, aux Nations Unies, à l'instar du
Nigeria et du Cameroun au sujet de la
presqu'île de Bakassi. Le Cameroun est allé
jusqu'à la Cour internationale de la
justice, aux Nations Unies. C'est après 11
ans de procédure que le Cameroun a eu raison
du Nigeria. Mais quant à nous, nous décidons
de concéder le territoire. Où est le
nationalisme, le respect de la prestation de
serment, la défense de l'intégrité
territoriale? Vendre une portion du
territoire national : notre patrimoine, la
terre de nos ancêtres? J'avais prédit tout
cela. Malheureusement ça s'est fait. Ce qui
m'étonne encore, c'est que le chef du
gouvernement est originaire du Bandundu, le
théâtre des opérations. Il ne dit mot et
accepte de perdre sa terre. Ça me trouble.
A-t-il accepté cette situation, que Kahemba
n'est pas une partie du territoire national?
A-t-il accepté que l'on perde ces 11
villages? Il doit se prononcer sur cette
question. S'il réalise que c'est un complot,
qu'il démissionne. Nos compatriotes à
Kahemba larmoient. Ils demandent à ce que le
gouvernement prenne ses responsabilité s.
Que deviennent ces enfants qui étaient sur
les bancs de l'école. Leurs écoles,
habitations, sont confisquées. C'est
pitoyable pour nos populations.
Presse : Que pensez-vous
faire ensemble avec ceux qui sont au
gouvernement pour qu'un centimètre carré de
notre pays ne puisse être cédé? En plus de
la contradiction entre les ministres d'Etat
congolais en charge des Affaires étrangères
et de l'Intérieur, il y a une opinion qui
pense que les Angolais se sont payés?
J.P.B. En tant
qu'opposant, je ne peux que dénoncer ce
complot. Si j'étais au pouvoir, ma démarche
allait être tout autre. Je devais d'abord
rencontrer le président Dos Santos, notre
frère et père, pour lui demander s'il est au
courant que ses soldats sont au Congo. Par
la suite, je devais mettre à la disposition
des Angolais les archives datant de l'époque
des Belges et des Portugais. En cas
d'incompréhension, je devais aller voir le
Secrétaire général des Nations Unies,
l'impliquer pour qu'il convainque nos frères
angolais pour s'être trompés, s'être fait
trompés ou avoir fait une erreur. Enfin et
le cas échéant, je devais aller à la Cour
internationale de la justice pour cette
affaire soit tranchée à l'image du Nigeria
et de Cameroun. Voilà qui devait être la
démarche pour défendre les intérêts du pays
et non produire des communiqués alambiqués
pour flouer le peuple congolais en voulant
lui faire voir noir là où c'est blanc. Les
dirigeants ne peuvent pas nous tromper. Les
députés du Kwango, y compris ceux de l'Amp,
étaient à Kahemba et ont signé une
déclaration. Ne connaissent- ils pas aussi
leur terre? C'est irresponsable. C'est la
haute trahison.
Presse : Au sujet de
Kahemba, c'est comme s'il y a arrangement
entre les 2 gouvernements. Il y a risque que
la situation reste telle quelle et que l'on
perde définitivement cette partie du
territoire car dans notre pays, comme
ailleurs en Afrique, les dirigeants ne
s'émeuvent pas de dénonciations. N'y a-t-il
pas autre manière d'agir en ce qui vous
concerne que la dénonciation?
J.P.B. : Dans notre pays,
il y a d'une part l'opposition et d'autre
part le pouvoir qui gère les affaires.
L'opposition ne gère pas, il contrôle le
pouvoir avec des moyens bien indiqués. Dans
l'assemblée nationale, nous sommes
minoritaires et n'avons pas de ministres au
gouvernement. Comme nous n'avons pas de
pouvoir, nous ne pouvons que subir. Mais
cela n'est pas une occasion pour nous taire.
Nous attendrons jusqu'au moment où le peuple
nous donnera le pouvoir pour pouvoir
organiser et améliorer les choses. En
attendant, nous ne pouvons que dénoncer.
Presse : Aujourd'hui,
vous ne faites que dénoncer, mais une
personne peut faire recours aux armes.
Conséquence : tout ce qui est fait, y
compris les élections, tombe dans l'eau?
J.P.B. : Ça dépend du
choix d'un tout chacun. En 1997, j'ai pris
mes responsabilité s vis-à-vis du pouvoir
qui était en place que je n'acceptais plus.
Presse : Soutenez-vous le
recours aux armes, que les fils de Kwango se
rebellent?
J.P.B. : Je n'ai pas dit
que les fils du Kwango doivent se révolter.
Que peut faire quelqu'un qui en a
ras-le-bol? Qu'il se tue?
Presse : Les Congolais
aspirent à la paix, mais est-il que celle-ci
est loin d'être acquise. Quelle vision
avez-vous en général de la sécurité, un de
vos 3 thèmes de campagne, dans le Bandundu,
Bans Congo, à Kinshasa, dans le Kivu, en
Ituri…?
J.P.B. : La sécurité est
quelque chose d'important si vous tenez à
développer votre pays, à ce que la
population soit sereine et vaquer à ses
occupations, que les investisseurs viennent.
Pourrions-nous dire aujourd'hui que la voie
empruntée après les élections peut nous
conduire à la paix? Observez la situation en
Ituri, dans le Kivu, présentement à Kahemba.
D'autres veulent provoquer des troubles à
Kinshasa. Ce n'est pas une voie qui peut
conduire à la paix.
Presse : Regrettez-vous
maintenant les élections?
J.P.B. : Non. Je me suis
battu pour la démocratie et étions dans la
transition, voire depuis Lusaka, pour
l'organisation des élections. Cependant, ce
que le gouvernement devait faire c'est
rétablir la paix et la sécurité sur toute
l'étendue du pays. Est-ce qu'au jour
d'aujourd'hui il y a la sécurité au Nord
Kivu, en Ituri, à Kahemba, dans le Bandundu?
Est-ce que les gens ont la paix? La sécurité
n'est pas l'apanage de l'opposition, mais
plutôt du pouvoir. Est-ce à Kinshasa, dans
le Bas Congo il y a la sécurité?
Presse : Jeudi passé, il
y avait la panique à Kinshasa étant donné
qu'il était question du désarmement de votre
garde. Selon une certaine opinion, vous avez
refusé catégoriquement cette opération et
mis en garde celui qui oserait. Qu'en est-il
de cette question?
J.P.B. : D'entrée de jeu,
n'oubliez pas qu'on a attenté 3 fois à ma
vie. Le 21 août 2006, on a dépêché des chars
avec les soldats pour venir me tuer à ma
résidence où j'étais avec 14 ambassadeurs.
Au mois de novembre, ils sont revenus à la
charge. Pour la 3ème fois, vous avez suivi
qu'un de mes gardes rapprochés a été
approché par les gens du pouvoir (les
généraux et autres autorités) pour
commanditer le bombardement de ma maison.
C'est la 3ème fois qu'il cherche ma tête.
Ils essaient maintenant pour la 4ème fois.
Au lieu de rétablir la sécurité ailleurs,
ils oublient qu'il y a des accords signés
sous l'égide des Nations Unies entre mon
représentant et celui du président Kabila.
Souvenez vous qu'à la veille de proclamation
des résultats du 2ème tour, il y avait une
forte tension dans le pays et des
populations allaient se révolter. C'est
ainsi qu'il y a eu ces accords qui stipulent
que le gagnant va garantir au perdant la
sécurité rapprochée appropriée. Il y a ces
accords pour lesquels je n'entends nullement
transiger. On envoie des militaires
encercler ma maison et on les positionne au
cimetière, est-ce qu'il y a un ennemi dans
cette ville? Ils connaissent là où il y a
l'ennemi. Le chef d'état-major général doit
envoyer des militaires en Ituri, à Kahemba.
Nous sommes tranquilles et nous ne
dérangeons personne. Est-ce que l'ennemi est
dans cette ville? Sur base des accords, nous
restons figés. D'autant plus qu'à 3
reprises, maintenant c'est la 4ème fois, on
veut attenter à ma vie. Ils cherchent ma
tête et ils ne l'auront pas. En ce qui
concerne le chef d'état-major, que veut-il
nous faire voir alors qu'il n'a pas fait
face en Ituri, dans le Kivu et à Kahemba?
Son travail, ainsi que je le lui avais
répété à 3 reprises au Conseil supérieur de
la défense, c'est d'encadrer les militaires.
A 3 reprises je lui ai demandé de nous
donner la situation de 500 millions Fc
résiduels chaque mois sur l'enveloppe de la
solde militaire. Au début de la transition,
il nous avait dit qu'il y avait 350 mille
militaires et à la fin 117 mille après le
contrôle. Avec ces chiffres, il ressortait
de mes calculs que sur les 2 milliards 800
millions Fc qu'on débloquait pour la solde
des militaires, il se dégageait un bonus de
500 millions de Fc qui n'étaient pas
retournés au Trésor. En présence d'autres
vice-présidents de la République, de tout
l'état major et du président de la
République, il n'a pas su me répondre. Et
moi de lui signifier que c'est un
détournement. Voilà le travail qu'il devait
faire : payer aux militaires une bonne
solde, ne pas s'accaparer de la solde des
militaires. Est-ce que les frais de
fonctionnement, 600 mille Usd chaque mois
pour assister, des divisions aux bataillons,
des soldats en cas de maladie ou de décès,
arrivent à destination? C'est à ces genres
de choses que je l'invitais pour améliorer
son travail au lieu de s'acharner sur ma
garde et nous insécuriser comme s'il y avait
l'ennemi ici. Le peuple a besoin de la
sécurité. Dans la ville ici, nous avons
besoin de la sécurité. Que le chef
d'état-major et ses gens s'abstiennent de
chercher ma tête.
Presse : Que
ressentez-vous maintenant alors qu'en son
temps vous étiez prêt à troquer votre veste
contre le treillis pour défendre l'Est du
pays?
J.P.B. : Beaucoup de
pincements au cœur. D'autant que nous
n'avons plus personne de capable au pouvoir
pour défendre les intérêts du pays, des
Congolais.
Presse : Quelle est
l'issue?
J.P.B. : Le peuple n'a
pas que les dirigeants qu'il mérite. Ce qui
arrive aujourd'hui a été révélé
solennellement pendant la campagne, mais le
peuple a fait son choix. Attendons voir
jusqu'où nous irons.
Presse : Vous venez de
parler de la sécurité, mais la population
voudrait savoir ce que vous entendez par
opposition républicaine? Que faire pour que
toutes ces gens croient toujours en vous?
J.P.B. : Nous devons
rester vigilants sur tout ce qui se passe
dans notre pays. Nous ne pouvons que
dénoncer si les actions du gouvernement ne
sont pas en faveur de notre peuple. Nous ne
nous fatiguerons pas pour défendre les
intérêts de notre population. D'autre part,
le peuple doit savoir défendre ses intérêts.
Il ne doit pas se taire et a droit de
s'exprimer. Il va s'exprimer, selon la
Constitution, par des manifestations,
grèves, etc. Ce sont les expressions
démocratiques. Pour notre part, nous
continuerons à le guider en ce qui concerne
ses intérêts et ceux du pays.
Presse : Votre mot de la
fin?
J.P.B : En guise de mot
de la fin, j'aime mon pays et mon peuple. Je
ne me tairai jamais devant toute situation
bizarre qui ne cadre pas avec nos intérêts.
D'ici peu, je participerai aux séances du
sénat pour ainsi être dans le bain de notre
vie politique au travers des activités de
cette institution.
Traduction française de Alexis Muyumba (In
Nouvel élan N°178 du mercredi 21 mars 2007)