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Congo-Kinshasa: Où va la RDC ?
Par Jacques Kimpozo
du journal le Phare de Kinshasa
Contrainte d'héberger deux armées étrangères
(UPDF de l'Ouganda et APR du Rwanda), en sus de
plus de 17.000 casques bleus de la Monuc et,
bientôt, de partager ses richesses avec son
belliqueux voisin de l'Est, le Rwanda, la
République Démocratique du Congo inspire
beaucoup d'inquiétudes à ses filles et fils,
quant à son avenir.
Témoins vivants du long
cauchemar des occupations militaires rwandaise,
ougandaise, zimbabwéenne, namibienne et
angolaise, des millions de Congolais
s'interrogent sur ce que leur réserve, pour les
jours, les semaines, les mois et les années à
venir, la double présence militaire des
Rwandais et des Ougandais sur le sol de leurs
ancêtres.
A priori, ils ne peuvent que se
désoler de vivre dans un Etat où, depuis 1996,
l'environnement rappelle celui d'une colonie
internationale ou d'un protectorat. Il
est vrai que l'armée, la police et les services
de renseignements congolais sont à refonder.
Mais, ils étaient loin de penser que
l'humiliation irait jusqu'à la délivrance, par
leur propre gouvernement, des « visas » d'entrée
des armées étrangères- et lesquelles ?- dans la
mère patrie. On se souvient des martyrs de
Makobola, de Kasika, de Kisangani et ceux
enregistrés à l'occasion de l'occupation du
barrage d'Inga (août-octobre 1998) par les
troupes rwandaises et la rébellion du RCD ainsi
que les morts divers dont le bilan global avait
dépassé les 5 millions d'âmes, il n'y a pas de
quoi pavoiser.
N'était-il pas possible,
de la part des autorités congolaises, de
solliciter le concours d'une force
internationale ou africaine neutre, pour la
phase du désarmement forcé des rebelles rwandais
et ougandais ? Selon les informations parvenues
aux Congolais en fin d'année dernière, il semble
que des pays de la SADC étaient disposés à
participer à des opérations de « nettoyage » des
poches d'insécurité au Nord-Kivu, à l'époque où
la rébellion du CNDP y faisait la pluie et le
beau temps. Une telle piste aurait présenté sans
doute moins de pièges que celles des Rwandais et
des Ougandais.
En dépit de toutes les
justifications que tente de fournir le
gouvernement, des millions de compatriotes ont
le sentiment d'avoir été trahis par ceux-là
mêmes qui devaient préserver l'indépendance et
la souveraineté nationales, l'intégrité du
territoire, les richesses communes, l'avenir
commun. Ce lâchage, qui ne dit pas son nom, est
d'autant mal ressenti qu'il intervient au moment
où les discours officiels s'articulent autour de
la reconstruction nationale, à travers la
matérialisation des cinq chantiers de la
République, de la consolidation de la paix, de
l'unité nationale et de l'autorité de l'Etat.
Quel projet de
développement pourrait prendre corps dans un
pays dont le quart baigne déjà dans la psychose
d'une insécurité que vont entretenir deux armées
étrangères, si l'on s'en tient aux signaux
négatifs émis par l'armée ougandaise avec sa
rébellion de LRA en Province Orientale ?
Quant aux soldats rwandais, annoncés au
départ pour un contingent de 2.000 soi-disant «
observateurs », mais dont les effectifs viennent
d'atteindre 7.000 en 48 heures, il y a lieu de
se demander s'ils ne vont pas crever rapidement
le palier de 10.000 hommes, ils ne reviennent
certainement pas comme des enfants de choure et
des témoins d'une pièces de théâtre au Nord-Kivu.
Il est sûr et certain qu'ils vont faire parler
la poudre contre leurs ennemis de toujours-
rebelles Hutu et miliciens Interhamwe-dans un
cocktail de bavures où ils auraient du mal à
faire la différence entre les Hutu congolais et
les membres des forces négatives. Des
feuilletons de tueries, voire de massacres,
volontaires ou non, s'annoncent pour des
millions de Congolais ayant le malheur d'habiter
la partie Est du pays.
Après avoir longtemps rêvé d'un
paradis où allaient couler le lait et le miel,
au sortir d'un processus électoral présenté par
ses parrains occidentaux comme une belle
réussite, nos compatriotes ne font que
déchanter depuis 25 mois. Pire, les « grands »
de la planète, dont le président français
Nicolas Sarkozy a été le porte-voix,
n'envisagent l'avenir de la RDC autrement que
par le partage de ses richesses et de son espace
géographique avec ses voisins, le Rwanda en
tête.
Le non-dit d'une telle
initiative est que les Congolais sont incapables
de s'auto-gérer, de se prendre en charge, de
mettre en valeur leurs ressources naturelles et
surtout de chasser la pauvreté de leur patrie.
Tout se passe comme si, pour vivre en paix et
jouir tranquillement des richesses leur léguées
par la providence, ils doivent à tout prix
accepter l'assistance des Rwandais. Pour peu, il
va leur être interdit de chercher à vivre
heureux à côté d'un Etat mal loti par la nature.
Tout cela paraît bizarre. Et, les gouvernants,
qui devaient leur expliquer les tenants et
aboutissants de la « recolonisation » militaire
et économique ougando-rwandaise, se taisent où,
à tout le moins, distillent des messages flous,
quand ils ne brandissent pas des menaces contre
ceux qui ne voient pas comme eux, alors que la
patrie est en grand péril. A cette allure, les
Congolais sont partis pour tout perdre : leur
liberté, leurs terres, leurs richesses.
Demain ou après-demain, ils n'auraient plus
d'autre alternative que d'attendre de Kigali ou
de Kampala, des réponses aux questions relatives
à leur sécurité, à leur santé, à leur éducation,
à leur emploi, à leur organisation politique et
administrative, à leur identité, à leur
développement, etc. Pauvre Congo !
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Le Roi Leopold II - Genocide au Congo
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