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Troisième République: Lutte contre la corruption : un grand défi à Kabila. Par Muin Murub Fed du Journal le Potentiel de Kinshasa. Le président élu, Joseph Kabila, a pris l’engagement, dans sa première adresse postélectorale, de lutter contre les antivaleurs, et plus particulièrement, de mener une lutte sans merci contre la corruption. A l’examen de cette déclaration, il apparaît que le chef de l’Etat devra d’abord faire le ménage dans son propre entourage. Tout au long de la transition et à plus d’un titre, ceux qui se sont réclamés de lui ont jeté le discrédit et sur le régime et sur sa propre personne. Son silence a souvent été interprété comme une caution. Depuis son investiture le 26 janvier 2001, Joseph Kabila est écartelé entre le désir de servir comme chef d’Etat d’une part, et les contraintes de satisfaction de groupes aux intérêts irrévocablement divergents, d’autre part. Au nombre de quatre, ces groupes ont pourtant une finalité commune : monter en puissance, parallèlement aux pouvoirs constitutionnels du président de la République. Le premier de ces groupes peut être identifié comme celui de ceux qui justifient leur présence dans les allées du pouvoir par les « services » qu’ils auraient rendus à feu le président Laurent-Désiré Kabila pendant ses années d’exil. Ils ne se privent pas de déclarer sur toutes les télévisions l’accueil qu’ils auraient réservé au maquisard et à sa famille, après que les forces de Mobutu l’eurent défénestré de son repaire de Fizi. FAIBLESSES ET ANTAGONISMES C’est donc tout naturellement que ceux-ci jugent « légitime » de prendre part au « festin ». Que ce soit dans le secteur des hydrocarbures ou celui de la sécurité, ils ont déployé des réseaux de trafics mafieux en tout genre, de corruption et de trafic d’influence qui ont définitivement séparé le héros de Lemera de son peuple, et conduit, dans une certaine mesure, à la guerre meurtrière de 1998. A l’arrivée du jeune Joseph Kabila au pouvoir après l’assassinat de son père le 16 janvier 2001, ce groupe ne lui avait pas laissé l’opportunité d’écouter les aspirations étouffées de son peuple, parmi lesquelles figurait en bonne place la mise à l’écart d’anciens compagnons du Mzee. Le second groupe est constitué d’anciens hauts cadres des Cpp (Comités du pouvoir populaire). Créée par Laurent-Désiré Kabila, cette structure était entendue comme devant assurer l’auto-prise en charge des populations. Mi- communiste et mi-Ujamaa à la tanzanienne, les Cpp étaient, aux yeux de leur créateur, destinés à assurer l’encadrement plus ou moins socialiste des masses dans un pays où les partis politiques seraient bannis. Les Cpp eurent effectivement leur période de gloire, jusqu’à la promulgation de la loi sur les partis politiques par le nouveau président. Dès cet instant, commence la descente aux enfers, d’autant plus que Joseph Kabila se garde bien de prendre fait et cause en leur faveur, allant même jusqu’à leur couper les ressources. Malgré tout, il garde - bien malgré lui - à la périphérie du sérail des jokers qui joueront les contrepoids face à l’influence envahissante des jeunes turcs kabilistes qui se font les dents lors du Dialogue inter-congolais. Les utilisant de manière informelle pour exprimer sa désapprobation des positions officielles dictées par les parrains étrangers. Vient ensuite le troisième camp, celui des « technocrates », ceux qui n’avaient pas connu le maquis de Hewa Bora, mais qui avaient rejoint la marche triomphante de l’Afdl en cours de route. La chronique prétend que nombre d’entre eux avaient été recrutés sur Internet. Ils sont venus de tous les horizons. OMNIPRÉSENCE DE « PRÉDATEURS » Les « technocrates » s’illustreront plus tard en figurant en bonne place dans le rapport des Nations unies sur le pillage des ressources de la RDC. Une fois de plus, le jeune président, bien qu’il ait écarté certains d’entre eux de la gestion immédiate du pouvoir, les reprendra à des titres divers, provoquant la désapprobation de la communauté nationale et internationale. On les retrouve encore aujourd’hui, englués dans des dossiers d’attribution illégale de concessions minières. Le quatrième groupe reste évidemment le Pprd. Le Parti du peuple pour la reconstruction et le développement est actuellement auréolé de la performance d’avoir conduit Joseph Kabila à la victoire de l’élection présidentielle. Il va de soi que Vital Kamerhe, secrétaire général de ce parti, ainsi que les autres cadres ne portent pas dans leur cœur les ex-Cpp, qui se disent les vrais détenteurs de l’idéologie kabiliste. Campés principalement par Augustin Kikukama et Mwenze Kongolo, ces derniers les traitent volontiers d’imposteurs. Les uns et les autres, utilisant les médias à outrance, pensent exprimer leurs convictions à grands renforts de messages où la basse flatterie l’emporte souvent sur la force des convictions idéologiques. Bien que difficilement catégorisable, il y a lieu de ne pas négliger le rôle que jouent ceux qui ont la chance de travailler à la présidence de la République. Mzee Kabila, en personne, avait inauguré le mode de gouvernement où l’on a vu pour la première fois ses directeurs de cabinet et autres conseillers propulsés sur le terrain de prise des décisions politiques. Pour la première fois, le directeur de cabinet du chef de l’Etat est devenu une personnalité publique, le représentant dans des manifestations officielles, voire donnant des injonctions aux ministres et gestionnaires des entreprises étatiques. Tout cela, au nom du chef de l’Etat. BONNE GOUVERNANCE L’exemple le plus illustratif reste l’affaire des 32 millions de dollars payés par le Congo- Brazzaville au titre de l’achat de l’électricité produite à Inga. Le mystère reste total. La bonne gouvernance, projetée pour la Troisième République par Joseph Kabila et ses alliés, tournera vite à l’eau de boudin, si le nouveau président, qui a promis la prison à « tous ceux qui viennent au gouvernement pour s’enrichir », ne fait pas le ménage dans ses propres écuries. La tâche sera ardue, compte tenu notamment du rôle que jouent certaines accointances. Mais gouverner, pour le chef de l’Etat élu, consistera d’abord à faire table rase de toutes les pesanteurs établies par les tenants de la corruption et des antivaleurs qui rejaillissent immanquablement sur lui. Un grand défi que Joseph Kabila doit relever. Source:www.lepotentiel.com |
Le Roi Leopold II - Genocide au Congo
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