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Après l’élection, Kabila doit savoir gérer la victoire. La Commission électorale indépendante a déclaré Joseph Kabila vainqueur du deuxième tour de l’élection présidentielle. Reste la validation de ce résultat par la Cour suprême de justice. Mais déjà l’après-élection s’annonce laborieux face aux défis multiples. Comment le président élu va-t-il gérer sa victoire pour rencontrer les préoccupations de la population et replacer la RDC sur le sentier du progrès ? Vainqueur du deuxième tour de l’élection présidentielle avec 58,05% des suffrages exprimés contre 41,85% à son challenger Jean-Pierre Bemba, Joseph Kabila est élu, jusqu’à preuve du contraire, président de la République. Certes, il faudra encore prendre son mal en patience et attendre l’arrêt de validation qui sera prononcé par la Cour suprême de justice. Et ce, dans l’hypothèse où le candidat Jean-Pierre Bemba, usant de ses droits légitimes, n’obtiendrait pas gain de cause à sa requête en contestation adressée à la même Cour. Cela n’empêche pas pour autant Joseph Kabila, fort de la proclamation des résultats provisoires par la Commission élection indépendante, d’annoncer les couleurs sous lesquelles sera placé son mandat de cinq ans. Il est un fait indéniable, comme il l’avait reconnu lui-même lors de l’interview accordée à la presse nationale le 27 octobre 2006, que «le plus dur est à venir». Cependant, le premier grand défi à relever, est de savoir comment gérer «cette victoire». En effet, la réussite de son mandat dépend de la manière dont il va s’y prendre dès les premiers jours en vue de réunir toutes les conditions optimales d’un mandat fructueux. Certes, dans son premier discours à la Nation, juste après l’annonce des résultats provisoires, le président de la République a reconnu l’ampleur et la hauteur de la tâche qui l’attend. Aussi, c’est avec plus de responsabilité et de détermination qu’il s’engage à parachever les chantiers de la refondation de la République démocratique du Congo. Il a, à cet effet, indiqué les principaux axes de son programme : valoriser le travail, bannir les antivaleurs dont notamment la xénophobie, le tribalisme, l’intolérance, l’exclusion, l’incitation à la haine, la corruption et l’injustice sous toutes ses formes. CONVIVIALITÉ ET BONNE GOUVERNANCE Mais il y a plus urgent si Joseph Kabila tient à mieux gérer sa victoire dès maintenant. Le premier acte consiste à poser des gestes de convivialité politique, plus particulièrement à l’endroit de son dernier et principal adversaire politique : Jean-Pierre Bemba. Il est entendu que personne ne lui demande d’aller l’embrasser. Tout au plus devra-t-il lui tendre la main pour sceller la réconciliation nationale et l’unité du pays tout en évitant l’exclusion. Ce geste pourrait s’étendre à ceux qui ont été exclus du processus électoral pour une raison ou une autre, en l’occurrence le leader incontesté de l’Udps, Etienne Tshisekedi. Le courage politique a toujours payé, dans tous les cas. Autant dire que Kabila ne devrait pas penser un seul instant gouverner par défi. Pour cela, il lui est profitable de mettre un coup de balai dans sa cour en vue d’en éloigner tous ceux qui résistent au changement. Et tous les extrémistes de la période AFDL-CPP. C’est par cette attitude positive qu’il combattra avec efficacité l’intolérance, l’exclusion, l’incitation à la haine et la xénophobie. Aussi bien dans son propre camp que dans la société congolaise. Autre action urgente : s’imposer une introspection pour analyser froidement les raisons de ce score peu reluisant dans la partie Ouest de la République démocratique du Congo au terme des deux tours de l’élection présidentielle. Si le chef de l’Etat a compris le message des populations de cette partie du pays, il sied qu’il aille à la rencontre de leurs préoccupations. Dans son interview à Colette Braeckman du journal Le Soir paraissant en Belgique, le président Kabila a parlé de l’itinérance. Le futur gouvernement devra quitter régulièrement les bureaux de Kinshasa pour vivre les réalités des provinces. Voilà une initiative encourageante qui devra répondre à certaines interrogations sur la gestion des ressources du pays. On sait, à ce propos, toute l’abondante littérature qui a été consacrée à la distribution anarchique des concessions minières. Des questions sont demeurées jusqu’ici sans réponse sur l’existence des contrats léonins et l’embargo imposé à la publication du Rapport Lutundula. Il en est de même du secret qui entoure le dossier de l’emphytéose de Moanda, dans la Province du Bas-Congo. En somme, dès cet instant, le président de la République devra donner le grand signal de la bonne gouvernance. Par cet acte, il aura balisé des pistes de la longue lutte contre la corruption et l’injustice. DES SIGNAUX D’UN LEADERSHIP FORT Outre ces cas d’urgence qui permettront de bien gérer la victoire du 29 octobre 2006, le président de la République a l’obligation morale et politique de donner des signaux incontestables d’un leadership fort au sommet de l’Etat. Il paraît important de relever que depuis des décennies, l’absence d’un leadership fort a eu des effets d’entraînement négatifs sur la crédibilité de la RDC à l’extérieur. Le manque criant de vision politique tant sur le plan régional qu’international n’a plus permis à la RDC de jouer un rôle moteur dans la région et d’être écouté sur le plan international. Que ce soit au niveau de l’Afrique centrale, celle des Grands Lacs ou dans le monde. Nonobstant toutes ses potentialités, la RDC n’était plus un «Etat» au sens classique. Plus grave, elle était devenue un Etat paria, allant jusqu’à offrir à la face du monde la « première guerre africaine» pendant que ses dirigeants subissaient le diktat de divers gouvernements étrangers. Alors, le premier président de la 3ème République devra présenter toutes les garanties pour recouvrer la souveraineté nationale. Pour faire respecter le pays. Ces garanties donneraient une nouvelle impulsion aux populations congolaises malades du manque d’un leadership fort. Elles leur redonneraient confiance dans les institutions de la République. L’un des piliers majeurs de ces garanties étant l’existence d’une Justice juste. Parallèlement à cette Justice juste, le président élu devrait s’investir dans la mise en place d’autres garanties. Il s’agit notamment d’une Armée républicaine, forte et dissuasive; d’une Police apte à assurer l’ordre public, la protection des personnes et de leurs biens; des services de renseignements au service de la «Sécurité nationale» afin de veiller aux intérêts du peuple et de le mettre à l’abri de tout danger extérieur. Ces socles ont pour conséquence la stabilisation des institutions nationales. Ce sont-là, parmi tant d’autres, des défis majeurs et prioritaires pour une gestion efficace de la victoire électorale. Le mandat présidentiel est donc à placer sous ce signe. Source: le Potentiel. |
Le Roi Leopold II - Genocide au Congo
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