ÉLECTIONS : MESSAGE DES ÉVÊQUES, "CORRIGER LES
IRRÉGULARITÉS"
"Au
stade actuel, toutes les conditions ne sont pas
encore réunies pour la tenue des scrutins
réellement transparents, libres et
démocratiques. Bien au contraire, un ensemble de
données confirment les craintes de manipulation,
de tricherie sinon de fraude" : à exactement 10
jours du premier tour des élections
présidentielle et législatives, la Conférence
épiscopale du Congo (Cenco) – qui a activement
participé à la formation citoyenne par
l'éducation civique – publie un nouveau message,
intitulé "La fin de la transition dans la
concorde nationale". Après un grand nombre de
candidats, des représentants de la société
civile et d'Ong, des journalistes, la Monuc
(Mission de l'Onu dans le pays), des
observateurs électoraux, ce sont à présent les
évêques qui s'inquiètent des irrégularités et du
climat tendu de ce processus électoral, menaçant
même de "ne pas reconnaître la validité des
élections" si ces erreurs ne sont pas corrigées.
Les prélats – guidés par le président de la
Cenco, Mgr Laurent Monsengwo Pasinya –
s'inquiètent notamment face aux "déclarations
contradictoires sur les listes électorales et le
nombre exact des électeurs, les explications
embarrassées sur celui des bulletins de vote
excédentaires, les suspicions sur la
localisation du serveur central et sur les
programmes informatiques, l'absence du
calendrier électoral complet et les doutes sur
la volonté réelle d'organiser toutes les
échéances électorales : nationales, provinciales
et locales". Des irrégularités analogues avaient
été dénoncées le 1er juillet par un groupe de 19
candidats à la présidence, qui réclamait le gel
de la campagne et un dialogue national.
Le peuple a besoin d'être "rassuré sur toutes
ces questions" et pour ce faire, la Cenco
préconise une "concertation des forces vives de
la nation, un "dialogue positif et consensuel"
qui permette de "sécuriser le processus
électoral" et de "prendre les dispositions
nécessaires sur les modalités du gouvernement du
pays pendant la campagne électorale et avant la
mise en place de nouvelles institutions" issues
des élections. "Nous stigmatisons – disent
encore les évêques - les lenteurs et les
hésitations incompréhensibles, les doubles jeux
regrettables et les faux-fuyants inadmissibles
qui, jusqu'à présent, ont empêché la nation de
baliser le chemin des élections dans la paix,
l'entente et la concorde nationale".
MISNA |