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A 28 jours de la campagne électorale Concertations : les espoirs s’amenuisent Par Le Potentiel Des voix s’élèvent de plus en plus pour qu’il y ait dialogue ou concertation, c’est selon. Non pas pour remettre en cause le calendrier électoral. Mais pour que le processus électoral soit inclusif et que la date du 30 juin 2006 ne soit plus la pomme de discorde. Le problème réside dans l’interprétation de l’ Article 222 de la Constitution. Les avis sont partagés et le processus électoral poursuit son bonhomme de chemin avec l’impression des bulletins de vote. Faut-il arrêter le train ? De plus en plus, d’autres observateurs ne croient plus en la tenue des concertations avant le 30 juin 2006. Ils appelent plutôt les Congolais à se préparer pour aller aux urnes. Dans la dernière interview que Mgr Monsengwo a accordée au journal La Libre Belgique, il s ‘en est expliqué : « La position que j’ai prise au nom de tout l’épiscopat se fonde sur l’histoire du Congo. En 1960, les textes semblaient donner raison au président Kasa-vubu pour qu’il révoque Lumumba. Cela a été fait et la communauté internationale était d’accord. Il se fait que Lumumba avait la majorité au Parlement. Et donc, nous avons commis un impair de nature constitutionnelle. Cela a créé une confusion qui nous a menés à différentes rébellions…. Aujourd’hui, nous risquons de commettre encore un impair. La Constitution de la transition dit que celle-ci dure 24 mois… Une prolongation de deux fois six mois était prévue en raison de problèmes spécifiques liés à l’organisation des élections. La transition a été prolongée de deux fois six mois, restant entendu qu’elle s’arrête au 30 juin 2006… Il faut donc – pour calmer les esprits – que la classe politique et la société civile en discutent, dialoguent ». Le président de la Conférence épiscopale nationale du Congo a clairement posé le problème de la fin de la transition et de la poursuite normale de la gestion du pays. Comment passer la date du 30 juin 2006 sans agitation et que les élections se déroulent sous un climat apaisé ? Telle est la question qu’il faut poser désormais à partir de ce 1er juin 2006. Juin, un mois de tous les enjeux pour autant qu’il sera marqué par le début officiel de la campagne électorale dans exactement 28 jours. Cependant, cette campagne électorale risque d’être agitée dans les prochains jours avec la psychose de la date du 30 juin. On sait qu’à ce sujet, la classe politique est manifestement divisée. Pour les uns, et conformément à la Constitution de la transition en son article 196, le 30 juin 2006 est la date butoir de la fin de la transition, après la prolongation obtenue par la Cei pour l’organisation des élections. Or, les élections ne se dérouleront que le 30 juillet, sauf imprévu. Pour les autres, sur base de l’article 222 de la Constitution du 18 février qui, logiquement, régit maintenant la Rdc, « les Institutions politiques de la transition restent en fonction et exercent leurs attributions conformément à la Constitution de la transition ». Pour preuve, ces marches organisées à Lubumbashi, et aujourd’hui mercredi 31 mai à Kinshasa pour rejeter les négociations. RUBERWA REJOINT MONSENGWO Peu avant son point de presse du samedi 27 mai 2006, Me Azarias Ruberwa, vice-président de la République en charge de la politique, Défense et Sécurité, ne faisait pas la même interprétation que ceux qui croient que l’ article 222 règle la question de la prolongation tacite. Il estimait que, pour lui, la transition prend fin le 30 juin 2006. C’est ainsi que d’aucuns lui prêtent l’intention de démissionner le 30 juin 2006 afin de se conformer au texte constitutionnel. Cependant, Ruberwa fait remarquer qu’à la question du calendrier proposé par la Commission électorale indépendante, il ne se pose pas de problème. Pourvu que « des solutions au climat politique actuellement pollué soient trouvées ». Aussi, a-t-il proposé des «concertations politiques à format réduit pour un processus électoral inclusif ». Car, la question pour lui est plus d’ordre politique que juridique. « Si le dialogue aboutit à une brève prolongation de deux à trois mois, avec l’implication de l’Udps dans le processus, je jouerai le jeu ». Auparavant, c’était le Mlc qui appelait aussi à un processus électoral inclusif qui prendrait en compte la participation de l’Udps. Pas plus tard qu’ il y a de cela 48 heures, un autre leader politique, Roger Lumbala, président national du Rcd-National insistait sur l’organisation de cette concertation, allant jusqu’à se porter garant-même si c’est trop oser- de financer cette rencontre pendant au moins cinq jours. Bien avant lui, Mbusa Nyamwisi, président national du Rcd-Kml, s’inscrivait pour l’organisation de ce dialogue sans remettre en cause le calendrier électoral. Mwenze Kongolo des Patriotes Kabilistes propose « la survivance de certaines institutions de la transition pour permettre la tenue des élections et la tenue d’un dialogue entre acteurs politiques congolais », pour passer en douceur la date du 30 juin 2006. Toutes ces personnalités politiques rejoignent Monseigneur Monsengwo qui disait , toujours dans cette interview accordée à Libre Belgique : « On n’a pas besoin de beaucoup de jours pour que, sur rapport du président de la Cei, on puisse décider. S’il dit qu’il faut deux mois pour finaliser et que les gens pensent que c’est crédible, ils vont le lui accorder. Mais il faut qu’ il y ait un consensus, avec acte formel de la classe politique et de la société civile pour arriver à s’entendre sur l’après-30 juin ». ET SI L’ON PRECHAIT DANS LE DESERT ? Mgr Monsengwo a lâché le mot: « s’entendre». Il n’y a pas meilleure chose à faire que de parvenir à un consensus pour éviter « de préparer les turbulences », « de faire le lit de la troisième guerre ». Mgr Monsengwo qui reconnaît que la Communauté internationale a consenti d’énormes moyens, ne remet pas en cause formellement le calendrier électoral, mais sollicite «un acte formel de la classe politique et de la Société civile» pour avaliser la « décision de la Cei». Certes, ceux qui craignent cette concertation, si ce n’est pas dans l’intention de « laisser » les autres sur la route en vue de croire à une victoire à la Pyrrhus, ont d’autre part raison que cette concertation ouvre la boîte à Pandore. La Communauté internationale est également de cet avis. Elle demeure convaincue que ceux qui insistent sur la tenue de ces concertations tienent à ce que l’ouvre la boite de Pandore pour que les élections n’aient pas lieu. En outre, les partenaires extérieurs affirment que leur disponibilité a des limites et que jamais la Rdc n’ a été aussi près d’organiser des élections. Certes, ils respectent les avis des uns et des autres. Mais il n’y aura plus dans l’immédiat d’autres disponibilités financières pour financer les concertaions ou tirer les choses en longueur. Ils invitent les Conglais à saisir cette opportunité pour ne pas gâcher cette chance unique. C’est dans ce contexte sûrement que la délégation du Conseil de sécurité est attendue en Rdc pour souligner cette chance qu’ ont les Conglais à élire leurs dirigeants. Si par calculs politiques, quelques-uns ne se sentiraient pas capables d’affronter la sanction du peuple congolais, la démocratie les oblige à prendre du recul et à ne pas gâcher la «fête» pour autant que les élections sont également une fête. Mais remettre en cause tout le processus électoral, ce serait un drame pour le peuple congolais, souligne-t-on dans les milieux internationaux. De ce qui précède, seule la diplomatie secrète produirait un miracle. En attendant, les espoirs s’amenuisent pour des concertations avant le 30 juin 2006. Affaire à suivre. |
Le Roi Leopold II - Genocide au Congo
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