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Avec la
reprise des combats au Kivu: La Monuc placée devant ses responsabilités
(Le
Potentiel 23/01/2006)

Le processus de transition est menacé avec
la reprise des combats au Nord-Kivu. D’aucuns parlent même d’«une troisième
guerre» si toutes les dispositions ne sont prises pour arrêter le cycle
infernal, une fois pour toutes. Mais pourquoi ces actes d’insécurité juste au
moment où le projet de loi électorale est en examen à l’Assemblée nationale?
Qu’en dit la Monuc? Questions pertinentes.
Depuis jeudi de la semaine passée, des combats font rage au Nord Kivu. Des
éléments de la 83ème Brigade et appartenant tous à l’ex-branche armée du
Rassemblement congolais pour la démocratie, Rcd, et qui refusent de se faire
brasser, occupent plusieurs localités du territoire de Rutshuru et de
Kanyabayonga. Des combats ont mis sur la route plus de 60 mille Congolais,
désormais exposés à toutes sorte d’intempéries alors que, depuis quelques mois,
ils avaient cru au retour effectif de la paix.
Hélas, c’était sans compter avec l’ impénitent Nkunda qui vient de relancer les
hostilités au Kivu. Certes, aux dernières nouvelles nous apprenons que la 5è
Brigade vient de recevoir du renfort et s’apprête à lancer la contre-offensive.
Tant mieux.
Toutefois, l’inquiétude demeure. Comment expliquer que ces éléments dissidents
aient lancé cette attaque sans que les forces spécialisées de la Monuc
n’observent absolument rien ? Toute la question est là pour autant que jusqu’à
preuve du contraire, la mission de la Monuc consiste à «observer». Ce qui laisse
entendre qu’elle est dotée de la logistique nécessaire pour bien «observer».
Malheureusement, la Monuc ne voit rien et réagit en retard dès lors que les
populations civiles sont prises pour «cibles» par des forces négatives.
Ce qui est encore surprenant, c’est que la Monuc ne réagit pas avec la même
efficacité qu’en Ituri. Des opérations militaires de grande envergure ont été
entreprises en vue de neutraliser les milices de l’Ituri et leurs chefs sont
actuellement arrêtés et traduits devant la justice. Voilà que la Monuc traîne
les pieds au Kivu où les forces négatives continuent à narguer l’autorité
congolaise et la communauté internationale. Pourquoi cette duplicité et cette
politique de deux poids deux mesures comme si le Kivu était déjà « un territoire
étranger» ?
Quoi que l’on dise, la Monuc est placée devant ses responsabilités. Elle doit
éviter, une fois de plus, de faire du Kivu « un second Szrebenica avec un
génocide annoncé». En effet, il est incompréhensible qu’une personne qui fait
l’objet d’un mandat d’arrêt international continue à être approvisionnée en
armes alors que le Conseil de sécurité a adopté une résolution portant embargo
des armes en Rdc. Pourquoi la Monuc ne fait-elle pas respecter cette résolution
alors qu’elle est sur place au Congo?
DES COMBATS DE TROP POUR LE RCD
Ces combats n’améliorent pas l’image du Rcd. Tout simplement parce qu’ils se
déroulent au moment où le projet de loi électorale est à l’examen à l’Assemblée
nationale. Mais à observer l’évolution des débats, le point de vue soutenu par
le Rcd, «listes bloquées», est rejeté.
Curieuse coïncidence qui pousse certains analystes de voir là la «main du Rcd»
dans le but de forcer la note. Pour deux raisons simples : les éléments
dissidents sont du Rcd et n’ont jamais accepté de se faire brasser. De un. De
deux. A en croire certaines rumeurs, le Rwanda, allié du Rcd, est derrière cette
opération quand on sait qu’il y a de cela deux semaines, des informations ont
fait état des infiltrations à partir du Rwanda et qu’un hélicoptère rwandais
aurait déposé des armes dans la partie contrôlée par Nkunda. Deux semaines plus
tard, les combats reprenaient dans le territoire de Rutshuru.
Ces faits se succèdent à d’autres qui ont eu lieu précédemment. Souvenons-nous
du cas des généraux Nyabiola et Mbuza Mabe. Aujourd’hui, il nous revient que le
colonel She Kasikila pourrait connaître le même sort que ses prédécesseurs et
que les combats actuels s’inscrivent dans la logique des agendas cachés. .
La reprise des hostilités actuellement au Kivu constitue des combats de trop
pour le Rcd et portera atteinte à son image. Il y a d’abord cette curieuse
coïncidence avec l’examen de la loi électorale, en plus de ce fait que les
combats récréent l’insécurité au Kivu au moment où le président Kabila est
attendu à Goma. A en croire les dernières rumeurs en provenance de Goma, une
haute autorité militaire rwandaise aurait séjourné pendant quelques heures dans
cette ville. Il se serait entretenu avec des officiers de l’ex- Anc. On
prétendrait que la phase «B» serait en gestion pour autant que l’on signalerait
des combats à Myamilama. Des combats que l’on attribuerait aux Fdlr selon
l’opération « Bima II» dont nous avions fait allusion dans l’ une de nos
précdentes éditions. Ce qui permettrait de rééditer le scenario de Bukavu 2004.
La suite est facile à deviner.
Ceci dit, ces combats doivent interpeller tout le monde pour qu’on y réfléchisse
sérieusement afin que le processus de transition se poursuive jusqu’à terme. La
Monuc est principalement concernée dès lors que le Secrétaire général de l’Onu,
Kofi Annan, a publiquement déclaré dernièrement que les Nations Unies ne
toléreront plus que la paix soit troublée en Rdc. Cet engagement doit être
respecté. Faute de quoi, la Monuc sera taxée de complice.
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Le Roi Leopold II - Genocide au Congo
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