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Gouvernement: Antoine Gizenga : des difficultés à l’horizon. Par Le Potentiel
Le gouvernement est attendu dans les tout prochains jours. Sa taille est connue. Sa configuration est facile à deviner au regard des ministères traditionnels, hormis des ajoutes exceptionnelles. Reste à connaître les noms de différents animateurs des ministères. Mais l’élan de vouloir mieux faire risque de gripper la machine gouvernementale. Des difficultés s’annoncent donc à l’horizon. Comment les éviter ? Le Premier ministre, Antoine Gizenga, consulte depuis sa nomination par le chef de l’Etat. Des consultations seraient très avancées, à en croire son porte-parole, Godefroid Mayobo qui a annoncé officiellement la taille du Gouvernement. Sauf changement de dernière minute, il y aurait 60 membres du gouvernement dont 38 ministres, 20 vice-ministres. Ajoutez à cela 2 ministres d’Etat dont l’un à affecter à la présidence et l’autre à la Primature. Parmi les ministres, il y aurait 5 ministres d’Etat. Toujours dans les milieux de la Primature, il nous revient que le Premier ministre et le Chef de l’Etat ont convenu de faire appel à des hommes compétents et de s’appuyer sur des valeurs d’honorabilité, de crédibilité et d’intégrité morale. Feu vert aurait été accordé au Premier ministre dans le choix des hommes. Voilà qui explique son souci de s’entretenir, outre les responsables politiques, avec les dirigeants de la Société civile, des femmes, de la jeunesse et des confessions religieuses. Belle initiative qui s’appui sur la politique d’inclusion en visant un gouvernement représentatif, en vue de consolider la réconciliation nationale, initiative qui répugne le protectionnisme politique. Mais ce n’est pas pour autant que les choses s’annoncent sous un jour meilleur. UN GOUVERNEMENT ELEPHANTESQUE La première chose qui frappe, c’est que le Premier ministre risque de disposer d’un gouvernement « éléphantesque » susceptible de peser lourd sur le budget de l’Etat 2007. Au total, l’on a annoncé un « gouvernement de 60 ministres », sans compter le Premier ministre. Dans le cas contraire, le total sera donc de 61 membres. Parmi les ministres, il y aura 7 ministres d’Etat dont l’un dépendra du chef de l’Etat et l’autre attaché auprès du Premier ministre. Outre les membres du gouvernement, il faut ajouter les différents conseillers et super-conseillers. Si l’on prend une moyenne de 10 conseillers par ministre, il y aura au total 600 conseillers. Or, les ministres d’Etat en auront un peu plus. Admettons 5. Ce qui nous ramène à 635 conseillers auxquels il faudra ajouter le personnel d’appoint qui pourrait atteindre le même nombre. Soit plus de 1200 personnes relevant du gouvernement. Quand il faudra ajouter le personnel de sécurité, de garde, les chauffeurs, les mécaniciens, les véhicules, et patati et patata… l’on craint fort que pour le seul gouvernement, cette institution risque de s’accaparer de la moitié du budget de fonctionnement du gouvernement. Pour un Etat en plein marasme économique, en crise liquidité de la monnaie qui pourrait bien obliger de recourir à la planche à billets, l’on est bien parti pour saigner les finances de l’Etat. Si l’on tient à éviter le pire, il sied de songer à regrouper les ministères pour qu’il n’y ait pas des ministres « oisifs » et « budgétivores ». Autre fait à signaler : le risque de ressusciter le « 1 + 4 » avec ces ministres d’Etat dont les fonctions ne sont souvent pas clairement définies. Ils sont au total 7. A moins que les deux ministres d’Etat à la Présidence et à la Primature soient parmi les 38 ministres. Dans ce cas, il faudra ramener l’équipe gouvernementale à 58 ministres. Mais en attendant, il faut retenir que le Pprd, l’Udemo, le Msr, les Forces du Renouveau et le Palu auront chacun un ministre d’Etat Que l’on ne se perde pas en conjectures. Un gouvernement n’a pas d’état d’âme. Seuls les intérêts de la population comptent et non ceux des « groupes d’amis ou de frères ». La représentativité d’un gouvernement ne se ramène pas à un représentant de chaque province, chefferie ou village et prétendre ainsi à l’inclusivité ou réconciliation nationale. Ce serait verser dans le protectionnisme politique et vouer le pays aux hégémonies en voulant satisfaire certains caprices politiques. Et puis, tout ne s’arrête pas au niveau du Gouvernement. Il y a encore d’autres secteurs importants de la vie nationale qui ont besoin des compétences et des experts. Soit. Mais pourquoi désigner un ministre d’Etat auprès du chef de l’Etat et un autre auprès du Premier ministre ? Quel sera alors le rôle du Directeur de cabinet du Chef de l’Etat et du Premier ministre ? Il y a là le risque de ressusciter la guerre d’influence, et surtout d’empêcher que le Président de la République s’entretienne directement avec le Premier ministre, et vice-versa. Mais la plus grande crainte est à double volet. Primo, toutes les chances de rendre la machine gouvernementale lourde sont réunies, retardant ainsi la prise rapide des décisions de grande importance et d’urgence. L’action du gouvernement ne sera pas efficace. Secundo, favoriser la mise en place d’un gouvernement parallèle ou à l’ombre: un « shadow governement », comme disent bien les américains. Cette philosophie de gouverner entretient merveilleusement un climat de méfiance et conduit toujours à une crise politique certaine entre le président de la République et son Premier ministre. Des erreurs qui ont engendré la crise politique en 1960 et affaibli l’action du gouvernement de transition de 2003 à 2006. Or, nous voulons d’un « leadership fort » au sommet de l’Etat. C’est-à-dire un chef de l’Etat qui incarne la nation et un Premier ministre qui a de la poigne et responsable de ses actes devant l’Assemblée nationale. Les deux symbolisant un « duo de haute responsabilité politique » au sommet de l’Etat. ATTENTION AUX NOTIONS ABSTRAITES La deuxième observation, toujours avec cet élan de vouloir « bien faire », c’est de s’accrocher à « des notions abstraites ». Comme autrefois, à l’époque de feu le maréchal Mobutu, on brandissait le « militantisme » pour déterminer le choix des ministres. Qui a su mesurer ce militantisme ? Tout le monde sait à quoi ce critère a conduit. Aujourd’hui, l’on ne cesse de parler de compétence, d’honorabilité, de crédibilité, d’intégrité… comme critères de choix. C’est bien beau. Mais le Premier ministre risque ainsi de créer une nouvelle classe de « pilleurs » en s’accrochant à des notions encore abstraites. Comment juger quelqu’un de compétent, de crédible, d’intègre s’il n’est pas encore à l’ouvrage ? Qui vous dit qu’un homme compétent ne peut pas exceller dans l’art de piller ? Trêve de jugements hâtifs à ce stade au risque de verser dans la démagogie. Il importe de s’en tenir à l’expérience, à l’expertise pour autant que le Gouvernement qui doit être mis en place sera celui des « vertébrés ». C’est-à-dire, des personnalités à même de disposer de l’expertise nécessaire tant sur le plan politique que scientifique en vue d’assurer la réussite de l’action gouvernementale. En fait, des technocrates à double casquette devant les grands défis à relever dans le domaine politique - en vue de parfaire l’action politique -, des infrastructures, des hôpitaux, de l’éducation. Ce n’est pas à travers les discours creux et démagogiques que l’on va construire une école et un pont. Mais grâce à la maîtrise du dossier, l’on peut rencontrer toutes ces préoccupations et assurer le grand succès de l’action du gouvernement. Source: le potentiel. |
Le Roi Leopold II - Genocide au Congo
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