Accueil Informations Forum Galerie Contacts

 

 

Rubriques

La une
Documents du parti
Politique nationale
Nouvelles de Kinshasa
Nouvelles des provinces
Actualités africaines
Politique internationale
Analyse
Sports et loisirs
Courriers des lecteurs
Archives
Liens
Galeries photos

illustration infos

Après les affrontements des 22 et 23 mars: La démocratie au bout des canons

Par  Le Potentiel

Ce que l’on craignait s’est finalement produit. Les 22 et 23 mars, Kinshasa a de nouveau plongé dans la violence, pour la troisième fois consécutive en l’espace de sept mois. Les éléments des FARDC ont affronté ceux de la garde rapprochée de l’ancien vice-président Jean-Pierre Bemba. Le bilan est lourd. Très lourd même, en plus des dégâts matériels très importants. Mais au-delà de ces affrontements, de la victoire des uns et de la défaite des autres, c’est le processus politique en République démocratique du Congo qui vient d’être sérieusement secoué. Comme qui dirait la démocratie en RDC est encore au bout des canons. Une fois de plus, le plus difficile est devant nous. Qu’on ne s’y méprenne pas. En attendant, Kinshasa pleure ses morts.

Les craintes se sont avérées exactes. Le contraire aurait surpris devant cette tension qui montait chaque jour d’un cran, et face à la détermination des uns « d’user de la force de la loi » et des autres de « défier la force de la loi ». Ainsi, Kinshasa a vécu les journées les plus folles et des plus meurtrières de son histoire. Jeudi 21 mars et vendredi 22 mars, à partir de 11 heures locales, les éléments des FARDC se sont affrontés à ceux de la garde rapprochée de Jean-Pierre Bemba, à armes légères, automatiques et lourdes dans la commune de la Gombe.

Des combats ont été d’une rare violence, surprenant plusieurs habitants de la capitale, jeunes comme vieux, travailleurs comme écoliers et étudiants bloqués à leur lieu de travail et dans des écoles. Le bilan est lourd. Officiellement, on affirme qu’il y a eu 60 morts et de nombreux blessés. Mais selon d’autres sources non officielles, les centres hospitaliers et hôpitaux, il y aurait plus de 200 morts.

Les premières personnes qui ont fait preuve de bravoure pour venir au centre ville le samedi 23 mars ont vu des cadavres jonchant les avenues. Près du marché, le long de l’avenue Lwambo Makiadi, un homme gisait au sol, ensanglanté, tué la veille. Dans le marché central, quatre cadavres, précise un témoin. Dans les avenues Luvua 116, Kapanga 103 et Kigoma, des obus sont tombés sur des maisons, faisant des morts et des blessés, acheminés à l’Hôpital général de référence. Ceux qui étaient au Rond point Victoire, ont vu des éléments de la Croix-rouge ramener des corps dans un camion.

Si le bilan officiel soutient une soixantaine de morts, d’autres sources parlent de plus de 200 morts. Certainement que dans les jours à venir on en saura un peu plus. D’ici à la, il est entendu que Kinshasa est en train de pleurer ses morts. Le gouvernement a décidé de prendre en charge les frais de funérailles pour les morts et d’hospitalisation en ce qui concerne les blessés.

Cependant, c’est la jeune démocratie congolaise qui vient de prendre un coup sérieux.

Le non respect des textes et des institutions a conduit à ce bras de fer. Et pourtant, les élections qui viennent de se dérouler ont doté le pays des institutions légitimes. Quel que soit le différend, quels que soient les accords spéciaux, ils ne doivent plus être désormais résolus que dans les institutions de la République et non par la force. En plus, le recours à la solution militaire est une manifestation de l’intolérance, du rejet du dialogue. Ce qui est contraire aux principes élémentaires de la démocratie. Les affrontements de ce mois de mars se justifient par ces deux attitudes inconciliables en démocratie.

PRÉVENIR LE « TERRORISME URBAIN »

Le calme est revenu dans la capitale. Est-ce autant affirmer que l’affaire est close et qu’il faudra dormir sur ses lauriers. Nous ne le pensons pas, car le plus dur reste effectivement devant nous tant il est vrai qu’il faut absolument préserver ce calme indispensable à la réconciliation nationale et au développement.

En effet, les autorités politiques et militaires ont invité la population kinoise en particulier, congolaise en général, à la vigilance. Elles expliquent cette attitude par le fait que si les éléments de Bemba sont en débandade, les forces régulières des FADC n’ont pas réussi à les neutraliser tous. Soldats, dont certains ont reçu une formation appropriée, ils resteront dangereux tant qu’ils n’auront pas été neutralisés, partant ils sont capables du pire. Il suffit seulement qu’un illuminé puisse les récupérer pour leur confier de sales besognes, ils n’hésiteront pas un seul instant à mettre les bâtons dans les roues du gouvernement, allant jusqu’à semer la terreur au sein de la population. On pourrait donc s’attendre à des situations imprévisibles aux conséquences incalculables.

Pour preuve, lors des pillages qui ont suivi ces derniers affrontements, les jeunes désoeuvrés n’ont pas hésité un seul instant à commettre des actes de vandalisme. Il y a là une opportunité que ces personnes illuminées peuvent toujours exploiter dans le but de semer de la terreur dans la ville de Kinshasa.

Il revient au gouvernement, aux services spécialisés de prévenir le « terrorisme urbain» et de prendre toutes les dispositions qui s’imposent en vue d’anticiper ces actions. Pourquoi pas collaborer déjà avec des nations avisées ? Kinshasa a déjà connu une période de terreur autrefois avec des plasticages. Ces affrontements répétés traumatisent ses habitants. Des personnes qui ont la gâchette facile sont capables de tout.

REPENSER LE BRASSAGE DES FARDC

Parallèlement, d’autres leçons utiles doivent être tirées de ces affrontements. Nous saluons la décision du gouvernement instruisant le ministre à la Défense d’accélérer le processus de brassage des Forces armées de la République démocratique du Congo.

L’option de mettre sur pied une nouvelle armée nationale est une bonne chose. Cependant, il est important de repenser l’approche du processus de brassage après les incidents avec la garde rapprochée de Bemba pour refaire progressivement la démarche. Car en fait, si les éléments de Bemba ont opposé une résistance, ceux de l’ex-RCD l’ont déjà exprimé en refusant de quitter le Kivu.

D’où le phénomène Nkunda.

D’autres anciens seigneurs de guerre disposent encore des éléments qui n’ont pas été brassés, notamment le RCD National, le RCD KLN. Tout comme on ne manque pas de pointer du doigt le GSSP. Se doter d’une armée nationale avec ces « groupuscules » est une gageure qui ne garantit rien du tout. Il faudrait par conséquence s’imposer une réflexion sérieuse pour doter progressivement le pays d’une vraie armée nationale, new look, qui servirait de socle à toutes les institutions républicaines.

En fait, après les affrontements de 21 et 22 mars, il y a lieu de donner raison à Aldo Ajello, ancien Envoyé spécial de l’Union européenne dans la région des Grands Lacs. « Le véritable problème en RDC, c’est l’armée », avait-il affirmé à la fin de son mandat. Auparavant, Crisis Group et Amnesty international avaient abondé dans le même sens : « Si le processus de l’intégration de l’armée échoue, il affectera le processus politique en République démocratique du Congo ». Ils n’ont pas tort. Les affrontements des 22 et 23 mars 2007 viennent de le prouver : la jeune démocratie en Rdc est encore au bout des canons.

    
 Nos partenaires

www.digitalcongo.net
www.africatime.com
www.allafrica.com
www.lepotentiel.com
www.rfi.fr

Écoutez en direct les Radios internationaux à travers notre site.

Bienvenu sur le site de la CEI

> Afrique: les journales d'Afrique sur RFI.

-La Voix de l'Amérique ▪ FrenchLe Monde Aujourd'hui 
 
- Africa N°1
- BBC journal audio
- CFI TV
RADIO-GUINEE.COM

L'ACTUALITÉ INTERNATIONALE
- CNN
- L'Express
- Liberation
- Le Monde
- New York Times
- La Croix
- France 2 : JT de 13h

Multimédias
- Radio Okapi
- Top Congo     

- France 2  
- TF1

Le Roi Leopold II - Genocide au Congo