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RDCongo: Joseph Kabila investi président

KINSHASA (AFP) - 06/12/2006 19h54 - Le président sortant de République démocratique du Congo (RDC) Joseph Kabila a prêté serment mercredi devant 10.000 invités à Kinshasa, capitale de ce vaste Etat d'Afrique centrale tout juste sorti d'une longue transition après une guerre de près de cinq ans.

"J'annonce aujourd'hui la fin de la récréation, afin que le peuple puisse se consacrer entièrement au travail, et ce dans la paix et la tranquillité", a déclaré en français le chef de l'Etat, 35 ans, dans son premier discours à la Nation.

L'investiture de Joseph Kabila, désigné à la tête de l'Etat en 2001, puis élu au suffrage universel avec 58% des voix le 29 octobre, marque un tournant dans l'Histoire de ce pays sortant d'une difficile transition lancée après un conflit meurtrier (1998-2003).

Vêtu d'un costume sombre, le regard concentré, le président a prêté serment devant les juges de la Cour suprême de Justice, garants de la Constitution, avant de recevoir les armoiries de la République et les félicitations des chefs coutumiers des 11 provinces du pays.

Il est élu pour un mandat de cinq ans, renouvelable une seule fois.

Neuf chefs d'Etat africains assistaient à l'investiture, dont le Sud-Africain Thabo Mbeki, parrain des accords de paix et de la transition en RDC, et le Congolais et président en exercice de l'Union africaine, Denis Sassou Nguesso.

L'ONU, qui a déployé en RDC sa plus importante mission de maintien de la paix avec 17.600 Casques bleus, était représentée par son secrétaire général adjoint Jean-Marie Guéhenno et l'Union européenne (UE) par son commissaire au développement, Louis Michel.

Seule absence notable, celle du vice-président Jean-Pierre Bemba, adversaire malheureux de M. Kabila à la présidentielle.

Dès mercredi, la présidence de l'UE a félicité Joseph Kabila et appelé les Congolais "à travailler ensemble dans un esprit de réconciliation nationale". La France a salué "une étape très importante sur le chemin de la reconstruction et de la stabilité".

Dans un discours volontariste et rassembleur, Joseph Kabila s'est engagé à briser le "cycle de crise" dans lequel son pays est enfermé par le travail, le rétablissement de la sécurité, la bonne gouvernance et une lutte acharnée contre le "fléau" de la corruption.

"L'enjeu du développement auquel nous faisons face dépasse de loin les intérêts partisans (...). Je reste convaincu qu'en démocratie, il y a de la place pour tout le monde", a-t-il souligné, réaffirmant "le statut constitutionnel de l'opposition politique, qui doit jouer son rôle de contrepoids institutionnel".

Il a annoncé la nomination "dans les prochains jours" du Premier ministre, poste qui devrait revenir, en vertu d'accords électoraux, au vieil opposant Antoine Gizenga (80 ans), ancien vice-Premier ministre de Patrice Lumumba.

Le président a affiché sa "ferme volonté d'éradiquer toute forme d'insécurité", en évoquant les combats entre armée régulière et soldats dissidents qui secouent l'est du pays depuis la fin novembre.

Joseph Kabila s'est aussi engagé à ouvrir son pays et à privilégier une "cohabitation pacifique" avec les Etats limitrophes, alors que les relations sont encore tièdes avec les voisins rwandais et ougandais, qui avaient envoyé des troupes appuyer des mouvements rebelles au régime de Kinshasa pendant la dernière guerre.

"Le Congo de demain, je le vois porter l'espérance d'une Afrique renaissante. (...) Nous reconstruirons les conditions d'une société de tolérance où l'amour de l'excellence sera une conviction partagée", a-t-il lancé, dans un discours où se mêlaient des échos au "rêve" de Martin Luther King et des références au renouveau panafricaniste sud-africain.

Joseph Kabila devra avant tout gagner la confiance des bailleurs de fonds, alors que la RDC a une dette multilatérale de 10 milliards d'euros. Ses marges de manœuvre financière sont très étroites pour lancer les grands chantiers de la reconstruction de ce pays doté d'immenses ressources naturelles mais où 30.000 Congolais meurent encore chaque mois faute d'accès aux soins élémentaires.


RDCongo: Kofi Annan félicite Kabila et plaide pour "la réconciliation nationale"

KINSHASA (AFP) - 06/12/2006 18h54 - Le secrétaire général des Nations unies Kofi Annan a félicité Joseph Kabila, investi mercredi président de la République démocratique du Congo (RDC), et plaidé pour la "réconciliation nationale" dans ce pays sortant de la guerre, dans un communiqué diffusé à Kinshasa.

M. Annan "félicite très chaleureusement Joseph Kabila à l'occasion de son investiture en tant que président de la RDC à l'issue des premières élections démocratiques tenues dans le pays en plus de 40 ans", ainsi que le peuple congolais pour sa "participation pacifique, enthousiaste et déterminée" au processus électoral.

L'investiture de M. Kabila, élu avec 58% des suffrages au second tour de la présidentielle du 29 octobre devant le vice-président Jean-Pierre Bemba, "constitue un moment historique pour la RDC en ce qu'elle marque la fin officielle du processus de transition envisagé dans l'Accord global et inclusif", poursuit le texte.

Cet accord, signé fin 2002 en Afrique du Sud, a instauré une période de transition politique en RDC, après une guerre régionale de près de 5 ans, avec pour objectif de doter le pays d'institutions démocratiquement élues.

"La réconciliation nationale sera capitale et je demande par conséquent instamment au (futur) gouvernement de s'efforcer d'établir le contact avec l'opposition afin d'éviter de nouveaux troubles qui pourraient empêcher le pays de continuer sur le nouveau chemin qu'il s'est choisi", selon le texte.


Fin de récréation dans l'ex-Zaïre - 6/12/2006

Joseph Kabila, investi mercredi président de la République démocratique du Congo (RDC), a annoncé "la fin de la récréation" et appelé ses compatriotes à se "remettre au travail" pour relever le défi du développement d'un pays ravagé par des années de guerre et de mauvaise gestion.

"J'annonce aujourd'hui la fin de la récréation, afin que le peuple puisse se consacrer au travail, et ce dans la paix et la tranquillité", a déclaré le chef de l'Etat dans son premier discours à la Nation, quelques minutes après avoir prêté serment comme président de la RDC.

"Il y a un lien indissociable entre la sécurité et le développement. Les fauteurs de troubles doivent être considérés comme des ennemis du peuple et du développement", a-t-il prévenu, promettant la fermeté contre toute tentative de déstabilisation des institutions.

L'investiture de Joseph Kabila, désigné à la tête de l'Etat en 2001, puis élu au suffrage universel direct avec 58% des voix le 29 octobre, marque un tournant dans l'Histoire de ce pays de 60 millions d'habitants déchiré par un conflit meurtrier de 1998 à 2003. Le conflit avait éclaté quelques mois après le renversement du dictateur Mobutu Sese Seko, au pouvoir durant 32 ans.

Afrique Centrale


KINSHASA: KABILA PRÊTE SERMENT

"J'annonce aujourd'hui la fin de la récréation et j'appelle mes compatriotes à se consacrer au travail, et ce dans la paix et la tranquillité" : tels sont les mots prononcés par Joseph Kabila dans son premier discours à la nation, devant des milliers de participants à la cérémonie d'investiture qui vient de s'achever à Kinshasa. En expliquant le lien indissociable entre la sécurité, la paix et le développement du pays, sorti d'une transition difficile et de plusieurs années de guerre, Kabila a lancé un appel à ceux qui "surtout dans l'Est, au Kivu, n'ont pas encore compris que la guerre est finie" et à ceux qui "dans les villes, comme à Kinshasa, pratiquent le terrorisme urbain" qui déstabilise la nation.

Bref, le président Kabila, a insisté sur l'urgence de la paix comme gage de développement et de l'avènement d'un État de droit, dans lequel "l'opposition à un rôle constitutionnel à jouer, dans le respect de la loi, et qui doit voir la fin des discours de haine tribale, de régionalisme, de népotisme". Le premier chef d'État élu au suffrage universel dans l'histoire du pays à également promis la "fin du monnayage dans la justice, à savoir une justice identique pour tous, tandis que la fonction publique deviendra un des moteurs du développement" de la nation.

Dans un discours qui a duré environ 15 minutes, Kabila a également annoncé "une diplomatie du développement et pas du spectacle", en soulignant que "son pays se mettra au pas de la mondialisation, qu'il entretiendra de bons rapports avec les pays voisins". Avant d'être personnellement félicité par ses homologues africains – de l'Afrique du Sud, du Congo, du Togo, de la Tanzanie, du Burundi, du Gabon, de la Namibie, de l'Angola et de la Centrafrique – et les représentants de la communauté internationale présents aujourd'hui dans la capitale congolaise, Kabila a affirmé que "le pays reste ouvert à ceux qui veulent œuvrer en faveur du bien-être du peuple". "Nous avons ensuite assisté au défilé des cavaliers de la garde républicaine, de l'armée et de la police nationale, retransmis en directe par toutes les chaînes de télévision et de radio du pays", dit à la MISNA un journaliste congolais, Aimé Dionzo, de la radio diocésaine Elikya, contacté à Kinshasa, où il a suivi toute la cérémonie d'investiture du président Kabila.

"Le climat est calme dans les rues de la capitale car tous les Congolais sont chez eux, rivés sur les écrans de télévision ou les oreilles collés à la radio. Quelques représentants de la société civile ont directement assisté à la cérémonie, à laquelle ont pris part les représentants religieux du pays", poursuit la source de la MISNA, en rapportant que, dans un bref message, Mgr Laurent Monswengo, président de la Conférence épiscopale du Congo (Cenco), a demandé paix et réconciliation au nouveau chef d'État.

MISNA


KINSHASA: KABILA PRÊTE SERMENT, LA TRANSITION EST FINIE, DÉBUT NOUVELLE ÈRE

“Moi, Joseph Kabila Kabange, élu président de la République démocratique du Congo, je jure solennellement devant dieu et la nation d'observer et de défendre la Constitution et les lois de la république (…) de ne me laisser guider que par l'intérêt général (…) de remplir loyalement et en fidèle serviteur du peuple, les hautes fonctions qui me sont confiées”: telle est la formule rituelle prononcée par Kabila, 35 ans, vainqueur de l'élection présidentielle avec 58% des préférences, lors d'une cérémonie publique en présence de milliers de personnes et d'au moins 9 présidents africains.

Kabila est le premier président élu au suffrage universel dans l'histoire du pays, en proie à des dictatures et violences depuis l'indépendance de la Belgique en 1960. Son investiture marque la fin d'une longue transition, en cours depuis la fin de la guerre de 1998-2003. Kabila a prêté serment devant les juges de la Cour suprême, garants de la Constitution, eux qui le 27 novembre dernier ont confirmé le verdict des urnes, le proclamant officiellement président. La cérémonie d'investiture a eu lieu en présence de plus de 10.000 invités dans les jardins du palais présidentiel, dans la capitale Kinshasa.

En plus des ministres, députés, représentants des provinces, chefs traditionnels, représentants de la société civile, les présidents de sept pays africains ont pris part à la cérémonie, dont le sud-africain Thabo Mbeki – un des artisans de l'accord de paix qui en 2003 a mis fin au conflit – et Denis Sassou Nguesso, de la République du Congo voisine, président en charge de l'Union africaine. De nombreuses délégations internationales étaient également présentes à Kinshasa pour l'occasion : celle de l'Onu (présente dans le pays une mission de paix de plus de 17.500 casques bleus), représentée par le sous-secrétaire Jean-Marie Guéhenno, l'Union européenne et l'Union africaine, une imposante délégation de l'ex-puissance coloniale belge, guidée par le premier ministre Guy Verhofstadt. Le grand absent à la cérémonie – qui s'est tenue dans un climat de fête, entre fanfares et piquets d'honneur – a été Jean-Pierre Bemba, vice-président sortant et ex-chef rebelle, mis en échec par Kabila au ballottage.

Le nouveau président élu est à la direction du pays depuis 2001, lorsqu'il fut nommé – mais pas élu par un vote populaire – à la place de son père Laurent Désiré Kabila, le chef rebelle qui renversa le dictateur Mobutu en 1997 et qui fut ensuite assassiné 4 ans plus tard par un de ses gardes du corps. Kabila devrait prononcer sous peu son premier discours à la nation.

MISNA


Investiture sans Bemba - 5/12/2006

Jean-Pierre Bemba, perdant de la présidentielle d'octobre en République démocratique du Congo (RDC), n'assistera pas à la prestation de serment de son adversaire, le président élu Joseph Kabila, mercredi à Kinshasa, a-t-on appris mardi auprès de son entourage.

"Le vice-président Jean-Pierre Bemba va aller se reposer quelques jours dans sa résidence de Gemena", dans son fief de la province d'Equateur (nord-ouest), a déclaré son directeur de cabinet, Fidèle Babala.

"Il n'assistera pas à la cérémonie" d'investiture de M. Kabila, a-t-il ajouté. Les députés du Mouvement de libération du Congo (MLC, ex-rébellion de M. Bemba), élus lors des législatives du 30 juillet, ne seront probablement pas présents à la cérémonie, selon lui.

Joseph Kabila, désigné à la tête de l'Etat en 2001, a été élu au suffrage universel direct avec avec 58,05% des voix, devant M. Bemba, au second tour de la présidentielle du 29 octobre.
Le recours en annulation du scrutin déposé par le candidat Bemba, notamment pour "fraudes", a été rejeté par la Cour suprême de justice, qui a proclamé la victoire de M. Kabila le 27 novembre.
Le lendemain, M. Bemba regrettait la décision de la Cour, mais acceptait les résultats et s'engageait à conduire désormais une "opposition forte et républicaine".

Cette déclaration de M. Bemba avait permis de faire baisser la tension à Kinshasa, qui a voté pour lui à près de 70%, après trois vagues de violences post-électorales meurtrières en août et en novembre.
"Nous avons accepté les résultats, pour la paix et la stabilité du pays, mais nous n'approuvons pas la manière dont ils ont été proclamés, ni les arguments de la Cour", a expliqué M. Babala.
"Nous allons nous battre pour bâtir une vraie opposition (à l'Assemblée nationale). L'AMP (Alliance de la majorité présidentielle, coalition de M. Kabila) et ses alliés veulent confisquer tous les postes, alors que la composition du parlement doit se refléter dans celle du bureau (de l'Assemblée)", a-t-il ajouté, mettant en garde contre une dérive autoritaire du nouveau régime Kabila.

"L'absence de M. Bemba serait regrettable", a déclaré un diplomate en poste à Kinshasa, souhaitant que le vice-président, qui "est amené à peser dans le nouveau paysage politique congolais", change d'avis et "assiste à la cérémonie".

Les élections générales organisées en RDC, considérées par les observateurs internationaux comme les premiers scrutins démocratiques dans l'ex-Zaïre depuis 41 ans, doivent mettre fin à une difficile transition politique entamée en 2003 après une guerre régionale de près de cinq ans sur le sol congolais.

Mardi, la garde présidentielle était massivement déployée dans la capitale, où plus d'une trentaine de chefs d'Etat, de gouvernements ou de leurs représentants sont attendus mercredi.

Afrique Centrale

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