Si
l'annonce de la candidature de Joseph Kabila
n'a certes surpris personne, ce fût pourtant
une belle occasion pour ses milliers de
sympathisants à manifester la joie de voir
leur « meilleur profil » rompre le
suspens qui devenait pour eux de plus en
plus insupportable. Alors que certains
affirment qu'il reste jusque là le meilleur
et l'idéal portait robot du Président de la
République d'après les élections, d'autres,
par contre, n'y vont pas par le dos de la
cuillère, en affirmant avec tout le sérieux
d'un pape, que sa place se trouve partout
ailleurs, sauf, à la tête du Grand,
majestueux et puissant Congo. Les arguments
pour démontrer cette thèse abondent, voire
surabondent jusqu'à affirmer que Joseph
Kabila n'est pas encore suffisamment mature
pour présider aux destinées d'un Congo
post-conflit où les affaires de l'Etat ne
seront plus traitées selon la théorie et les
principes, de la loi de la jungle où l'on
profite de la pluie pour uriner dans la
cour. Pour avoir tenu pendant cinq ans à la
tête du pays, peut-il gouverner après les
élections selon les règles de l'art? Non.
Car pendant la période des conflits, le
Congo a été dirigé de l'extérieur et chacun
des acteurs politiques obéissait aux ordres
venus des commanditaires de la guerre et de
grandes puissances, à travers le CIAT. Par
conséquent, il ne fallait pas de grands
efforts intellectuels et humains pour s'en
sortir. Il ne suffisait que d'obéir, obéir
aux injonctions, obéir aux ordres. Et tout
allait comme sur des roulettes…
Le CIAT sera-t-il
éternellement là pour assister le futur
Président de la République élu pour gérer et
conduire le pays ? Voilà qu'encore une fois,
la question des aptitudes réelles de Joseph
Kabila se pose. Et un psychologue essaie, en
sa manière de porter un autre regard sur le
Président de la République, le décortiquer
par sa manière de se présenter.
JOSEPH KABILA PEUT-IL GOUVERNER
SANS RECEVOIR DES INJONCTIONS ?
C'est possible mais il faudrait attendre dix
ans pour qu'il soit à même de le faire, a
affirmé un psychologue. Il suffirait, pour
s'en convaincre, de bien observer, car c'est
par une extrospection sans complaisance que
l'on décèlera ses grands traits de
caractère. L'extrospection, comprise dans le
sens d'une observation faite sur un tiers,
le sujet observé n'étant pas le sujet
observant. Et cette extrospection, l'on s'en
doute, révèle ces secrets qui ne sont que de
Polichinelle pour les plus avisés. Aussi,
affirme notre psychologue, le Président de
la RDC se trouve encore à l'âge de
l'adolescence, période de la vie d'un être
humain comprise entre l'enfance et l'âge
adulte. L'adolescence a ses faiblesses dont
l'inconstance et l'absence de lucidité que
d'autres appelleraient l'immaturité. Il est
bon de souligner ici que comme la jeunesse
est un état d'esprit et non un aspect
physique comme il peut y avoir des adultes
de cinquante ans qui sont des éternels
adolescents. Et un adolescent a toujours
besoin d'être accompagné dans sa vie, sinon
les dégâts, sur son chemin, peuvent être
néfastes.
JOSEPH KABILA SE RECHERCHE ENCORE…
C'est pendant l'adolescence qu'un jeune
construit son image d'adulte de demain.
Ainsi en est-il du Président congolais
Joseph Kabila qui ne s'est pas encore forgé
totalement une personnalité. C'est un homme
fragile qui se recherche et qui n'a pas
trouvé de modèle idéal à proprement parlé.
Aujourd'hui, il peut prendre Jacques Chirac
pour modèle, demain il se choisira un tel
autre, car il ne sait pas très bien ce qu'il
cherche.
Il doute sans
cesse du choix de ses modèles. Cette
hésitation assimilable à une inconstance
trahit un manque de confiance en soi. Ce
tâtonnement révèle la face cachée d'un
apprenti sorcier qui apprend sur le tas, par
essai et erreur.
Il n'est pas encore un homme au sens propre
du terme, plutôt quelqu'un qui cherche à
s'affirmer mais son regard le trahit en
révélant sa vraie face. James Kabarebhe le
dit en d'autres termes dans J.A/L'Intelligent
du 29 avril au 2 mai 2002, « … (Joseph) est
timide. Il est incapable de regarder les
gens en face. Je n'ai jamais perçu en lui
une quelconque aptitude au commandement ».
Aujourd'hui, tout le monde ou presque est
d'avis qu'il n'est là que pour exécuter les
ordres. Tant que l'héritier est encore
enfant, dit la Bible, il ne diffère en rien
d'un esclave. Rien qu'à voir le look sans
cesse changeant du Chef de l'Etat congolais,
on sait lui donner son véritable âge
psychique. Les fortes personnalités, les
hommes de caractère sont constants, même
dans leur look. Autrement dit, par leur
façon de se présenter.
C'est par sa
petite moustache, éternelle et terrifiante,
qu'on reconnaissait toujours la force
d'Hitler. Savimbi a gardé jusqu'à sa mort,
la grande barbe. Qu'il fasse chaud ou froid,
Yasser Arafat avait toujours son kefia. Même
dans son lit d'hôpital, Mobutu avait sa
canne et sa toque à la portée de la main.
S'il est vrai que pierre qui roule n'amasse
pas, mousse, il est aussi vrai que les
hommes inconstants sont immatures.
Quel
est le vrai look du Président Joseph Kabila
? Difficile à dire, difficile à dessiner son
vrai portrait robot. De tous les présidents
de la planète, il est le seul qui change de
coiffure en moyenne une fois le mois. Il
suffit qu'il n'apparaisse pas en public
pendant deux semaines, il s'affichera soit
avec une tête rasée comme un moine
bouddhiste, soit avec une barbiche poivre
sel à la Koffi Olomide, avec une petite
tache blanche, et même avec une tête
couverte d'une fine chevelure avec une
moustache bon chic, bon genre et de fois,
sans moustache, sans barbe mais seulement
avec une fine chevelure. Loin d'avoir à
faire avec un suspect qui change
régulièrement de coiffe pour passer
inaperçu, on a plutôt affaire à quelqu'un
qui malgré son âge, n'a pas encore acquis de
maturité. En d'autres termes, son âge
psychique n'est pas proportionnel à son âge
biologique, il est en retard par rapport à
son âge biologique. Ce qui peut amener à
affirmer qu'il est « un adolescent de 35
ans ». Parce que l'une des
caractéristiques de l'adolescent, c'est
effectivement le manque de constance.
La physionomie, même de visage, reflète les
grands traits de caractère d'une personne.
Ainsi en est-il de la forme de la tête, de
la manière de regarder, de la forme et de la
quantité de la barbe et même du type de nez
et de la bouche.
Quand il garde
une grande barbe, on peut lui donner
facilement les grands traits des barbus. Tel
Samora Machel, Sam Nujoma, Fidel Castro,
Jonas Savimbi, Thabo Mbeki, Yerodia ou
Jeannot
Mwenze
Kongolo, il veut se faire passer pour un
grand maquisard qui, à force de combats et
d'épreuves, a su gagner la victoire en
imposant ses desiderata. Comme la barbe
qu'il garde de fois n'est pas éternelle, il
serait erroné de l'élever, non seulement, au
rang des barbus célèbres, mais de lui
attribuer aussi leurs grands traits. Il se
fait malheureusement que si la barbe était
signe de bravoure et de sagesse, que dire du
bouc ?
Quand il se rend compte qu'il n'est pas bien
dans la peau des barbus, il glisse dans les
rangs des têtes rasées qui passent pour des
grands idéologues et hommes des principes.
Parmi celles-ci, on trouve, Kroutchev,
Ghandi et même LD Kabila. Mais, on se rend
vite compte que même avec une tête bien
rasée, Joseph est loin d'égaler les grandes
têtes rasées. Il n'est qu'une imitation de
tête rasée.
Conscient de tout cela, il se métamorphose
en imitant les moustaches qui sont les plus
souvent caractérisées par la vigueur et la
rigueur. Parmi ceux-ci, Boutefliika, Omar
Bongo, Saddam Hussein, Leich Valesa…
Mais, la
moustache de Joseph est de toute autre
nature. Elle démontre que l'homme n'est pas
de la trempe des autres moustaches.
Voilà l'explication à cette métamorphose
sans cesse fréquente qui trahit son
instabilité. Il ne s'est pas encore fait une
vraie personnalité, il se recherche encore.
Est-ce à la magistrature suprême du pays
qu'un homme doit chercher à s'affirmer, à se
forger une personnalité ?
Certaines indiscrétions affirment que son
passe-temps favori, c'est la natation… au
jeu vidéo. Or, le Nintendo (jeu
vidéo), c'est avant tout pour des personnes
d'un âge bien identifié, qui serait l'âge
psychique de Joseph Kabila.
Et quand le Chef d'Etat se recherche, il ne
dirige pas. Ce sont d'autres qui dirigent à
sa place, qui l'influence à leur guise, qui
font semblant d'obéir à ses ordres et qui en
définitive, lui dictent la ligne à suivre.
UN CHEF COMPLEXÉ
Le chef étant conscient de ses limites,
sachant qu'il n'est pas suffisamment outillé
mais comme il est le chef, il cherche à
s'affirmer autrement. De quelle manière le
pourrait-il ? En parlant souvent avec ses
interlocuteurs, la main plongée la poche. Il
s'agit là pour lui d'une manière de prouver
aux autres que malgré tout, « c'est moi
le chef ». On a là un beau cliché d'un
complexe de supériorité. L'homme, dans son
subconscient, sachant qu'il est inférieur en
tout ou presque, prend sa revanche en
démontrant que par la force du pouvoir, il
est le maître absolu. Il contrôle tout. Il
est au dessus de tous. Mais en réalité, cela
n'est qu'une illusion. Puisque sa cour le
sait pertinemment, elle s'adonne à jouer au
corbeau et au renard où, tout flatteur
devant vivre aux dépens de celui qui
l'écoute. Sa cours joue un peu à
l'hypocrisie, qui à une certaine dose est
signe d'ingéniosité. D'où, l'importance et
la nécessité de refaire le profit du Chef à
grands coups de pinceau : homme
providentiel, sens d'écoute très poussé.
Mais que cache tout cela ? Ce qu'on a à
faire à un homme qui n'a pas encore la
stature du Chef de l'Etat. Le jour où Joseph
Kabila commencera à devenir réellement un
homme d'Etat, c'est ce jour qu'il apprendra
effectivement à se choisir un look, un seul.
ROGER KAS
Katanga News
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