KINSHASA (Reuters) - Des convois de policiers fortement armés
patrouillent dans les rues de Kinshasa, deux jours avant l'annonce
du résultat de l'élection présidentielle organisée fin juillet en
République démocratique du Congo (RDC).
Des responsables ont dit que cette démonstration de force visait
à rassurer la population, mais les policiers ont été hués et menacés
dans plusieurs quartiers pauvres de la capitale, hostile au
président Joseph Kabila qui devance l'ancien rebelle Jean-Pierre
Bemba selon des résultats partiels.
Des observateurs s'attendent à ce que la RDC s'achemine vers un
second tour en octobre prochain, Kabila ne paraissant pas en mesure
d'obtenir les 50% des suffrages nécessaires pour l'emporter
d'emblée.
La seconde manche opposerait le président sortant, originaire de
l'Est où prédomine la langue swahili, à Bemba, natif de la province
de l'Equateur (ouest) où l'on parle lingala comme dans la capitale.
Si Kabila devance largement Bemba à l'échelle nationale, ce dernier
recueille une forte proportion des voix à Kinshasa.
"Nous montrons notre capacité et notre force. Cela montre que
nous sommes prêts à réagir, quoi qu'il se passe", a dit un
responsable de police qui a requis l'anonymat. "Notre message, c'est
que nous sommes prêts à soutenir et à protéger la population."
Bien qu'on ait craint des violences, le premier tour du 30
juillet s'est déroulé sans incidents majeurs dans la capitale, mais
des tensions s'accentuent entre policiers et adversaires de Kabila
sur fond d'accrochages sporadiques.
La police est souvent accusée de recours démesuré à la force au
cours des manifestations. Trois policiers avaient été lynchés lors
d'un rassemblement pour Bemba peu avant le jour du scrutin.
La communauté internationale a consacré plus de 450 millions de
dollars à l'élection présidentielle congolaise afin d'aider le pays
à tourner la page sur la guerre de 1998-2003, qui avait déclenché
une crise humanitaire dont le bilan a dépassé les quatre millions de
morts.
Les opérations de vote ont été supervisées par la plus importante
de toutes les missions militaires de l'Onu, mais elles ont mis en
évidence un antagonisme entre l'est l'ouest de la RDC et fait
craindre de violentes réactions dans la capitale en cas de victoire
de Kabila. L'actuel président est arrivé au pouvoir après
l'assassinat de son père en 2001.