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A la clôture de la Conférence sur la paix à Nairobi : Museveni accuse, Kabila réplique. Par Le Potentiel, le 17 décembre 2006. Les rideaux sont tombés sur la Conférence internationale sur la région des Grands lacs (CIRGL). Les 11 chefs d’Etat présents ont signé le Pacte de sécurité et de développement, les engageant à tourner le dos aux conflits frontaliers et à investir dans la démocratie, voie qui conduit au développement. Ce Pacte, comme on le voit, ouvre le chantier d’énormes défis pour chaque pays. Les présidents de la région des Grands ont signé le vendredi 15 décembre 2006 à Nairobi (Kenya) le pacte sur la paix, la sécurité, la démocratie et le développement pour cette région. Juste après la clôture du sommet, les réactions n’ont pas manqué. Le président ougandais, Yoweri K. Museveni, a estimé que la RDC n’a fait que 50% du chemin vers la paix, le reste étant contrôlé par les rebelles rwandais des FDLR. Cette provocation visait le président congolais, Joseph Kabila. Dans sa réplique, celui-ci a indiqué que la réponse à la problématique des FDLR se trouve dans le Pacte de non agression signé le vendredi 15 décembre 2006. De toutes les manières, la question de la présence des rebelles (rwandais) sur le territoire congolais, a-t-il dit, concerne non seulement la RDC, mais préoccupe aussi tous les pays de la région des Grands Lacs. A la question de savoir sa réaction quant au siège du Secrétariat exécutif de la conférence raflé par le Burundi, Joseph Kabila, avec sourire, répond : «le Congo est un grand pays». Néanmoins, il se réjouit déjà du fait que le prochain sommet des chefs d’Etat de la région qui se tiendra en RDC sera présidé par lui-même. «Que le siège du secrétariat exécutif soit revenu au Burundi et que le secrétaire exécutif soit originaire de la Tanzanie ne nous dérange pas du tout. Le Congo est toujours un très grand pays», dit-il, soulignant que la RDC a d’autres priorités pour le moment. «Le moment viendra où la RDC abritera le secrétariat exécutif ou d’autres organes de la conférence». Se confiant à son tour à la presse, le premier ministre Rwandais, Bernard Makuza parle d’un développement logique. Il croit en la détermination et à l’engagement de chefs d’Etats de la région qui leur permettront de relever les défis répertoriés dans le pacte. Pour cela, il suggère qu’il y ait un dynamisme. Solange Odimana du collectif des associations et Ongs féminines du Burundi, s’est dit satisfaite de la signature de ce pacte dont la mise en œuvre est trop attendue. Elle se réjouit que le Secrétariat exécutif revienne au Burundi. Que le poste du Secrétaire exécutif soit dirigé par une femme, poursuit-elle, répond à la demande des femmes de la région. Avec la contribution apportée à cette conférence, elle estime que les femmes doivent être incluses dans la mise en œuvre du pacte. Heureux du fait de la signature du pacte, Banyaku coordonnateur national de la conférence des grands Lacs au Congo encourage toute la nation congolaise a profité du fonds spécial de la construction donné par la Tanzanie et la Rdc. Il tire l’attention sur le fait que le pacte a non seulement un aspect sécuritaire mais aussi un aspect de développement. Pour Ester Van Semeres, chargée de mission au ministère des affaires étrangères du Pays Bas dans la division de l’Afrique centrale et australe, le pacte signé est très significatif dans l’histoire de la région des Grands Lacs. Selon elle, il s’agit d’un grand pas dans la bonne direction. « Les difficultés sont certaines dans la mise en œuvre du pacte », souligne-t-elle, invitant les pays du champ à appuyer sa ratification. « Si les chefs d’Etat appliquent ce pacte, la région des Grands Lacs sera un exemple au monde », estime pour sa part Daniel Ngoy Mulunda, président du programme œcuménique de paix, résolutions et transformations des conflits (Parec), Ong congolaise. Il se réfère aux endroits du monde où les accords n’ont pas marché tels la Côte d’Ivoire et le Moyen-Orient. Il a souligné l’importance de la restitution de la conférence à tous les niveaux. Mgr Monsengwo Pasinya, président de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), souhaite que tous les pays signataires puissent rapidement ratifiés ce pacte à travers leurs institutions de manière qu’il devienne réalité. Il émet également le vœu de voir la mise en œuvre de ce pacte se fasse de façon harmonieuse. « Nous commençons dans l’intention des chefs d’Etats et dans leur engagement solennelle une ère nouvelle de paix, de stabilité, de sécurité et de développement durable assuré par tous conjointement », fait-il remarquer. Ce second sommet intervient après un premier sommet en novembre 2004 à Dar-es-Salaam (Tanzanie), au cours duquel les chefs d’Etat de la région avaient signé une ‘déclaration sur la paix, la sécurité, la démocratie et le développement’, au sortir de la guerre qui avait opposé plusieurs d’entre eux en République démocratique du Congo. Le CIRGL est née d’une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU appelant en 2000 à une conférence internationale sur la sécurité de la région. Au sommet des Grands Lacs à Nairobi Kabila annonce la contribution de 1 million USD au Fonds spécial de la reconstruction Le IIème sommet a été marqué par la signature du Pacte sur la Paix, la Sécurité et le Développement de la région. Mais aussi par la signature du protocole de non agression et de défense mutuelle. Autre fait marquant, la contribution de l’ordre de 1 million de dollars de la République démocratique du Congo au titre de Fonds spécial de reconstruction et de développement de la région. Rendez-vous dans deux ans à Kinshasa. Pour le premier bilan des actions concrètes. Freddy Monsa I. D. & Espérance Tshibuabua, à Nairobi Il était exactement 14 heures à Nairobi lorsque les chefs d Etat ont commencé a signer le Pacte sur la Paix, la Stabilité et le Développement de la région des Grands Lacs. Ensuite, le Protocole de non agression et de défense mutuelle. Moments importants qui sanctionnent la fin de la période de préparation de cette conférence internationale dont l’objectif est de transformer cette région en une zone de paix et de prospérité afin de servir d’exemple à toute l’Afrique. Mais aussi au monde entier pour mettre fin à la violence. Moment capital qui confirme surtout l’appropriation de cette conférence par les pays de la région en vue de rencontrer les préoccupations de ceux qui ont entrepris cette démarche alors que la région est secouée par des conflits armes, lesquels ont accéléré la détérioration des conditions économiques et sociales. C’est donc un signal fort de paix, de sécurité contre la violence et la pauvreté. Les chefs d’Etat de la région ont désormais l’obligation politique de relever ce défi. LA CONTRIBUTION DE LA RDC Il était tout à fait acquis qu’à ce sommet de Nairobi, la République démocratique et son président aient été mis en vedette. Les faits se sont concrétisés. En fait, cela procède des événements douloureux qui ont marqué la région des Grands Lacs en général, mais particulièrement la République démocratique du Congo au travers des actes de déstabilisation et de pillages massifs. Ce qui a eu des conséquences désastreuses tant sur le plan politique, économique, social que sécuritaire dans la région. Avec les derniers événements qui se sont déroulés en RDC, notamment l’organisation des élections, la présence de la RDC à Nairobi était très attendue ainsi que l’intervention du président Joseph Kabila. Il a donc saisi cette opportunité pour marquer le retour de la RDC sur la scène africaine. Aussi, pour le président de la République, la signature ce jour du Pacte sur la Sécurité, la Stabilité et le Développement constitue le couronnement d’un processus laborieusement négocié qui ouvre pour nos peuples d’heureuses perspectives de promotion de la démocratie, de la bonne gouvernance et de la prospérité partagée. La confiance mutuelle ainsi retrouvée est le gage de la cohabitation pacifique entre les Etats et les peuples frères de la région. La République démocratique du Congo qui vient de parachever son processus de transition, avec la mise en place des institutions démocratiquement élues, ne ménagera aucun effort pour mettre en œuvre les programmes d’actions et les protocoles consacrés par le présent Pacte. Un accent particulier sera mis sur l’épineuse question des groupes armés afin que des efforts conjugués de tous et la poursuite des mesures de confiance réciproque puissent y assurer son éradication définitive. Ci-après de larges extraits du discours du président Kabila. « Ce pacte devrait inaugurer une nouvelle ère : celle de la cessation de toute exploitation illégale des ressources naturelles, au profit des échanges entre Etats dans le cadre du respect des principes du droit international. Nous voudrions rappeler que la véritable garantie de la paix et de la stabilité devrait découler également de l’application des principes de démocratie et de bonne gouvernance par tous les Etats de la région tel que l’exige le Pacte. Nous voudrions également affirmer notre détermination à consolider la paix et la sécurité dans la région et a engager véritablement une politique de développement économique et d’intégration régionale, de façon à faire jouer à la République démocratique du Congo le rôle que lui confèrent sa position géographique et ses ressources naturelles. Dans cette perspective, la région des Grands Lacs est en droit d’attendre de la Communauté internationale un engagement plus fort pour aider à transformer cette région en une zone spécifique de reconstruction et de développement. En attendant cet appui et en vue de marquer notre détermination solidaire, j’annonce la contribution initiale de mon pays d’un montant d’un million de dollars américains au Fonds Spécial de reconstruction et de développement ». Ces propos circonscrivent l’engagement et la détermination de la République démocratique du Congo à souscrire dans la logique tracée par la Conférence. Ils précisent la vision du président de la République et celle des institutions du pays à régler la question des forces négatives, à consacrer la coexistence pacifique et surtout à éloigner la méfiance dans la région. Mieux, ces propos sonnent comme un réveil, une prise en conscience du rôle de locomotive que la RDC doit jouer dans la région des Grands Lacs, en vue de rencontrer le souhait exprimé par de nombreux Etats tant ceux de la région que de la communauté internationale. L’engagement et la contribution de la RDC ont été frénétiquement salués par les chefs d Etat de la région et tous les participants au sommet. MUSEVENI, TROUBLE-FETE Notons que les chefs d Etat et de gouvernement se sont longuement attardés sur les documents soumis à leur approbation. Il s’est agi des programmes d’actions, protocoles en plus du Pacte qui vient d’être signé. L’on se souviendra que lors de la journée d’ouverture, le président ougandais avait suggéré que l’on enrichisse le protocole de non agression et de défense mutuelle. Il faisait allusion à la présence des groupes armés en RDC et du temps mis pour les neutraliser. Aussi, avait-il proposé que des Etats qui hébergent ces groupes s’activent en vue de les neutraliser. Et s ils sont incapables de le faire, de recourir à d’autres Etats. De façon subtile, le président ougandais tenait à ce que la clause de droit de poursuite soit insérée dans le protocole. Et par les réalités actuelles, cela lui aurait certainement permis de ne point hésiter à renvoyer ses troupes en RDC, considérant toujours l’armée congolaise comme le maillon faible de la région. Les discussions ont achoppé sur ce point avant de voir un compromis intervenir. Ainsi, la clause suivante a été ajoutée au Pacte en ce qui concerne le protocole de non agression: « Point .d) Si un Etat ne se conforme pas aux dispositions du présent article, un sommet extraordinaire sera convoqué en vue d’examiner les mesures appropriées à prendre ». Il nous revient, cependant, que la formulation de l’Ouganda aurait été reprise dans le corps du texte du protocole, taxant de « criminels les Etats qui hébergent les groupe armés ». Si cette formulation peut satisfaire tous les Etats, la subtilité a été découverte pour éviter des «surprises» dans l’interprétation de cette clause. Les échanges de vue ont poussé à ce que l’on reprenne la même formulation que celle contenue dans le Pacte. Ainsi, la séance de clôture qui devrait débuter à 10h00 n’a commencé qu’à 13h40. Par ailleurs, le président tanzanien a saisi cette opportunité pour désigner le Secrétaire exécutif de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs. Il s’agit de l’ambassadrice Madame Liberata Mulamula, jusqu’ici Coordinatrice du Comité préparatoire national de la Tanzanie pour cette conférence. Une personnalité aux valeurs éprouvées et qui a pris une part active à toutes les rencontres au niveau préparatoire. La Tanzanie a également annoncé, à l’instar de la RDC, sa contribution de l’ordre de 850 mille dollars USD répartis de la manière suivante: 350 mille pour le Secrétariat exécutif et 500 mille au profit du Fonds spécial de reconstruction. De leur côté, les Pays-Bas contribuent pour un montant de 5 millions d’euros au bénéfice du Fonds, tandis que la Belgique a renouvelé ses engagements tant aux côtés de la RDC que de la Conférence. Elle attend la ratification des documents signés pour passer aux actes. Prenant la parole pour clôturer ce sommet, le président kenyan s’est félicité des résultats obtenus et surtout d’importantes décisions qui viennent d’être prises. Néanmoins, il a invité ses pairs à plus d’audace en vue de relever les multiples défis de la phase de l’appropriation de cette conférence. Ceci dit, le rendez-vous a été pris dans deux ans à Kinshasa. |
Le Roi Leopold II - Genocide au Congo
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