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Violences - Nord Katanga ou « Kivu III » : le cri
d'alarme de Crisis group,
Le Potentiel (Kinshasa), 14 Janvier 2006 La situation est préoccupante au Nord Katanga, dans la province du Katanga. Les violences s'intensifient avec toutes les conséquences qu'elles comportent. Exactions, viols, rackets, terrorisme, pillage des richesses, le Katanga est devenu une poudrière. Après le Kivu, l'Ituri le second Kivu, c'est maintenant le tour du Katanga de devenir le ventre mou de la République démocratique du Congo. Les violences comportent les mêmes caractéristiques qui ont sous-tendu la violence dans cette partie de l' Est de la Rdc. Le Nord Katanga risque de devenir le « Kivu III ». Dans son dernier rapport, Crisis group, une organisation spécialisée dans la prévention des conflits et les analyses des situations de crise, vient de tirer la sonnette d'alarme. Crisis group interpelle les autorités congolaises ainsi que la Communauté internationale pour qu'elles prennent toutes les dispositions en vue de contrer les violences manifestes au Nord Katanga. Elle met un accent particulier sur l'urgence qu'il y a à agir dans cette partie de la RDC, maintenant et non après les élections, pour éviter l'explosion. Crisis group attribue cette situation à la présence des groupes armés, particulièrement les Mai Mai de Gédéon qui sèment la terreur. Mais aussi au pillage des ressources minières de la région à la suite d'une exploitation systématique illicite et irrationnelle. Comme s'il s'agissait d'un eldorado, la ruée vers les carrières minières est effrénée, occasionnant l'attribution désordonnée des concessions minières. Ce qui institue ce climat d'insécurité sur fond de rivalités pour la suprématie ethnique. D'aucuns diraient déjà que l'on est en train de « partager » et de « vendre le Katanga ». Un tel environnement troublé ne peut favoriser un climat serein, propice au bon déroulement des élections. D 'où l'essence de ce cri d'alarme de Crisis group pour que toutes les dispositions optimales soient prises afin de parer à toute éventualité. Dans cette perspective, Crisis group a interpellé le Conseil de sécurité des Nations Unies en vue du renforcement des capacités tant humaines que logistiques de la Monuc. Cette organisation suggère le déploiement de plus de deux mille casques bleus dans le but d'épauler les Fardc dans leur mission de pacification, ce qui ne serait qu'une contribution positive. MEMES CAUSES, MEMES EFFETS Si l' on s'impose une analyse profonde de cette situation préoccupante prévalant au Nord Katanga, l'on se trouve devant les mêmes causes qui ont embrasé le Kivu et l'Ituri. Il s'agit particulièrement du contrôle des richesses de ces régions et de la montée en puissance de l'ethnicisme. Au Kivu, tout est parti de la cohabitation difficile entre les minorités, particulièrement celles de l'expression rwandaise et congolaise. Mais au fond, il s'agissait de contrôler l'exploitation du coltan, de l'or, de la cassitérite. Des groupes identitaires ont tiré les ficelles jusqu'à embraser tout le pays. L'Ituri continue encore à faire parler d'elle avec la prolifération des groupes armés et la circulation des armes. Aussi, la rivalité entre le Hema et le Lendu a fait office de détonateur. En réalité, des mains invisibles tiennent à contrôler le bois, l'or, le diamant et le pétrole de l'Ituri. N'eut été l'intervention de la Communauté internationale avec l'Opération Artémis, les combats en Ituri auraient pris la même ampleur que les guerres de 1996 et 1998. Voilà maintenant que l'on tire la sonnette d'alarme pour le Katanga. Une fois plus, les conflits inter-ethniques servent de prétexte. C'est ainsi que l'on entend dire que les « Nordistes » ne s'entendent pas avec les « Sudistes » ; que les « non originaires » ont accaparé tous les emplois poussant les « autochtones » au chômage. Le discours haineux et d'épuration ethnique amplifie les divergences et cultive l'animosité. On brandit même un passé lointain pour faire resurgir l'idée d'une « nouvelle sécession ». Un discours pour distraire afin de permettre aux rapaces d'exploiter de façon inconsidérée les richesses congolaises. Le Katanga est riche en uranium, en cobalt, cuivre, étain, manganèse, charbon Bref, tout ce qu'il y a pour attirer tous les opportunistes et aventuriers de tous bords. Fort possible que certains congolais trouvent leurs comptes dans ce désordre et se compromettent avec des groupes identitaires sous des prétextes fallacieux d'investissements. Ils s'enrichissent ainsi facilement et deviennent des obstacles à la paix, au développement général de la collectivité, et par conséquent versent et entretiennent les violences. Les mêmes causes produisent les mêmes effets au Kivu, en Ituri et au Katanga. S'agit-il là de ces « mains invisibles » qui ne décolèrent pas et s'obstinent à continu er à déstabiliser la République démocratique du Congo pour le contrôle de ses richesses ? La réponse est affirmative. Sinon, on ne comprendrait pas un tel acharnement soutenu par des faits similaires qui procèdent de la même façon. Crisis Group a toutes les raisons de tirer la sonnette d'alarme. La République démocratique du Congo n'est pas encore sortie de l'auberge. Il y a toujours péril en la demeure. Autant voir les autorités congolaises s'employer avec autant de détermination pour que le Nord Katanga ne soit pas « Kivu III ». |
Le Roi Leopold II - Genocide au Congo
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