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Tête-à-tête Kabila-Bemba toujours incertain,
(le Phare).
Représentées par
Samba Kaputo et le général Kalume Numbi (PPRD) d'une
part et d'autre part François Mwamba Tshishimbi et
Thomas Luhaka (MLC), les délégations du Chef de l'Etat,
Joseph Kabila, et du Vice-président Jean-Pierre Bemba
ont entamé hier le dialogue tant attendu entre les camps
protagonistes des deux premiers classés au terme du
premier tour de l'élection présidentielle du 20 août
2006. Organisée dans un site neutre - le siège de la
Monuc- et placée sous la modération de Williang Lancy
Swing, Représentant Spécial du Secrétaire Général de
l'Onu en RDC, la rencontre a consisté en la validation
des termes de référence de la Commission Mixte instituée
aux fins d'aplanir les contentieux politico-militaires
survenus à Kinshasa à la suite des événements du 20 au
22 août 2006.
Le Phare a appris
des sources proches de la Mission des Nations Unies au
Congo (Monuc) que les deux parties ont convenu de la
mise sur pied de deux sous-commissions. La première,
dénommée " Sous-commission d'enquête indépendante ",
aura pour mission de faire la lumière autour des
affrontements du 20,21 et 22 août 2006 entre les
éléments commis à la sécurité du Chef de l'Etat et celle
du vice-président chargé de la Commission
économico-financière. La seconde aura pour tâche
d'élaborer un code de bonne conduite devant garantir le
bon déroulement du second tour de l'élection
présidentielle et de la période post-électorale. Les
deux sous-commissions vont se mettre au travail dès ce
mercredi 30 août 2006.
Tête-à-tête Kabila - Bemba renvoyé à plus tard
Le premier constat à faire à la lumière du premier tour
de table entre frères ennemis du PPRD (Parti du Peuple
pour la Reconstruction et la Démocratie) et du MLC
(Mouvement de Libération du Congo) est que le
tête-à-tête Kabila-Bemba n'est pas pour bientôt. Or, le
meilleur signe de décrispation aurait été une rencontre
directe entre les deux maîtres des enjeux
politico-militaires de l'heure, même l'espace des
civilités protocolaires, avant les échanges entre leurs
" plénipotentiaires " au sein de la Commission Mixte et
de leurs experts au sein des sous-commissions.
Williang Swing aurait pu insister auprès du Chef de l'Etat
et de son challenger du premier round de la
présidentielle pour qu'ils puissent marquer de leur
présence physique la reprise du dialogue entre eux, en
attendant l'examen des sujets qui fâchent au sein des
sous-commissions de travail. C'est dommage que le peuple
congolais ne puisse être rassuré rapidement par une
image publique d'un Kabila et d'un Bemba réellement
acquis à l'idée d'aplanir leurs différends par la voie
pacifique.
Négociations pour combien de temps ?
Apparemment, aucune contrainte de calendrier n'est
imposée à la Commission Mixte et aux deux
sous-commissions de travail regroupant les délégués du
PPRD et du MLC. Combien de temps faudra-t-il aux
différends groupes de travail pour ficeler les dossiers
à discuter en sous-commissions, à harmoniser en plénière
puis à soumettre à l'appréciation de leurs " chefs " de
file qui, visiblement, refusent de se mettre autour
d'une même table ? Il faudra sans doute compter sur la
longueur du temps pour espérer vider des contentieux qui
semblent obéir à des agendas cachés. Plusieurs semaines
seraient peut-être nécessaires pour dégager un consensus
entre le PPRD et le MLC et formaliser le tête-à-tête
Kabila-Bemba, avec le risque de bousculer tout le
calendrier électoral.
Au regard de la sensibilité des matières à examiner par
les uns et les autres, l'opinion se demande si la
collecte des données relatives aux affrontements armés
par exemple serait facile à réunir dans un environnement
où chaque partie prétend avoir été provoquée avant
d'agir sous le régime de la légitime défense.
Sera-t-il possible à l'une ou l'autre d'endosser sa
responsabilité dans les tueries et les dégâts matériels
?
Définir les règles de bonne conduite ne serait pas un
exercice compliqué. Ce qui poserait problème, c'est leur
respect d'ici le 29 octobre mais surtout après la
proclamation des résultats du second tour.
La Monuc a eu le mérite de rapprocher les protagonistes
de seconde zone. Il lui reste de convaincre les deux
principaux adversaires politiques de proclamer
publiquement et la main dans la main leur engagement à
ne pas transformer le second tour de la présidentielle
en une nouvelle spirale de la guerre civile.
2006-08-30 |