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LE CONGO DE
PAPA
Lubumbashi, Le 20
Novembre 2005
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Quarante cinq ans après la
proclamation de l’indépendance, la
situation du Congo démocratique est,
on ne peut plus dramatique : allant
d’un conflit à un autre, d’une
opposition à une autre et d’une
rébellion à une autre, la RDC est
devenue le théâtre d’une situation
catastrophique et explosive. Un
constat amer est vite fait : les
politiciens congolais sont
incapables de privilégier l’intérêt
de la Nation, du peuple, préférant
se battre pour des enjeux égoïstes.
Et cette situation perdure depuis la
veille de l’indépendance
jusqu’aujourd’hui. S’est-on déjà
rendu compte que le Congo
démocratique est dirigé depuis
l’indépendance par la même race, les
fils succédant aux pères, les neveux
aux oncles, les beaux fils aux beaux
pères, etc ? Déjà à la veille de
l’indépendance, les politiciens
congolais avaient fait montre d’un
caractère belliqueux, le premier
gouvernement du Congo était un
monstre dans lequel chaque membre ne
répondait seulement qu’à son chef de
file et l’action gouvernementale
s’est retrouvé minée. Aujourd’hui
encore, rien n’a changé. Les fils
sont sur les traces de leurs
géniteurs… |
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Depuis 1960, un groupe de gens
dirige la République Démocratique du
Congo, de père en fils, neveu,
allié, ou ami. Depuis
l’indépendance, ils ont plongé le
pays dans une catastrophe inhumaine.
Portent-ils le germe de la
destruction ? Telle est la grande
question. (Cliquez sur l'image pour
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30 Juin 1960, la RDC accède à la souveraineté
internationale avec sa kyrielle de pères de
l’indépendance qui se voient remettre, clé à la
main, les rênes du pays. La destinée de ce vaste
territoire venait par le fait de la décolonisation
d’être remise aux fils du pays. Le ciel était, ce
jour sacré, serein et pour la première fois, le
Débout congolais, hymne de l’indépendance, venait
d’être chanté devant les officiels belges et
congolais. Bel hymne qui interpellait le peuple
congolais à sortir de la somnolence, de la passivité
pour se tenir débout ; hymne qui suppliait encore ce
peuple à ne plus marcher tête baissée comme des
moutons de Panurge mais à dresser le front longtemps
courbé. Malheureusement, comme il n’y a pire sourd
que celui qui ne veut entendre, les Congolais ont
préféré marcher tête baissée se persuadant même de
ne pas accepter la vérité, la réalité des faits
telle que vécue. Refusant même de constater que
leurs frères qui ont pris la direction du Congo en
étaient indignes. Qu’à cela ne tienne, «
Indépendance cha-cha, to zui ». Le venin
inoculé par les pères de l’indépendance continue à
frapper de cécité ce peuple qui se laisse abreuver
du vin de la démagogie, du tribalisme, du
clientélisme. Mais, les Congolais auraient – ils eu
réellement cette indépendance ? La question vaut la
peine d’être posée. La RDC ne venait – elle pas de
passer de la tutelle belge à une autre tutelle,
celle de l’élite de l’époque ? Et aujourd’hui, qui
sont encore au pouvoir ? Qui l’aurait constaté ? Le
pouvoir, en RDC, se transmet de père en fils, de
l’oncle au neveu, d’un tel à un parent par alliance
bref, depuis 1960, une même classe de gens préside
aux destinées du pays, une même race donc continue à
détruire et à piller le Congo, une même espèce
continue à asservir leurs compatriotes…
Au 30 juin, dans les premiers jours de
l’indépendance, des personnalités aux caractères
divergents et des visées égoïstes se distinguent
pour présider à la destinée des congolais : Joseph
KASAVUBU, Patrice Emery LUMUMBA, Cléophas KAMITATU,
Antoine GIZENGA, Justin BOMBOKO, Thomas KANZA,
Christophe NGBENYE, Pierre MULELE, Joseph – Désire
MOBUTU, Moïse TSHOMBE, Gaston DIOMI, Jean – Marie
KITITWA, Etienne TSHISEKEDI qui fut commissaire
général adjoint à la justice dans le gouvernement
des Commissaires Généraux, Janson SENDWE dont
quelques temps après Laurent Désiré KABILA sera le
Président de la jeunesse de la Balubakat …
Dans le monde des affaires, un certain Jeannot
BEMBA, homme d’affaires puissant de la province de
l’Equateur, se fait remarquer par ses grandes
entrées dans les couloirs du pouvoir. Il est parmi
les hommes influents que compte la province de l’Equateur
et jouit d’une immunité incontestable…
L’Eglise catholique, la mère et sainte Eglise, n’est
pas non plus laissée pour compte : l’Abbé Joseph
MALULA, dont la célébrité a été causée par sa
conférence « L’âme noire face à l’Occident »,
est dans toutes les conciliabules avec les
politiques. Le "Te Deum", l’hymne de l’indépendance
est composé par un prêtre, comme qui dirait l’église
ne tenait pas à être absente de la grande messe.
2005, soit quarante cinq après l’indépendance, une
nouvelle classe des politiciens est aux affaires.
S’agit – il d’une curieuse coïncidence ou d’un
calcul préalablement établi ? Certains pères de
l’indépendance ont certes disparu, mais curieusement
leurs enfants, voire neveux, alliés ou enfants de
leurs amis se retrouvent en train de conduire la
destinée du Congo. Et même l’Eglise, cette chère et
mère Eglise, est encore présente sur la scène
politique, tantôt complice, tantôt arbitre et de
fois opposant. Joseph KABILA, Jean – Pierre BEMBA,
Azarias Ruberwa, Olivier KAMITATU, Abbé MALU-MALU,
Mgr Marini BODHO. .. chacun d’eux est a un lien
efficace avec les grandes têtes des années de
l’indépendance.
Dans l’opposition politique, on retrouve encore et
curieusement les mêmes : Antoine GIZENGA, Etienne
TSHISEKEDI et autres, François LUMUMBA, fils de
Patrice LUMUMBA ou Justine MPOYO KASAVUBU, fille de
Joseph KASA – VUBU… Tous les autres politiciens ne
remplissent que les rôles secondaires autours des
pères de l’indépendance.
Qui pourrait s’imaginer que plus de quatre décennies
après l’accession du Congo à la souveraineté
internationale, la destinée du Congo serait toujours
entre les mains des pères de l’indépendance, de
leurs fils ou de leurs acolytes ? Comment une race
de politiciens a- t – elle su se maintenir au
pouvoir pendant si longtemps ? Le pays pourra – t –
il un jour se libérer de ces prédateurs ? Malgré le
changement des régimes, le Congo est demeuré
synonyme de honte, de haine, de guerre, de pillage,
de destruction, de démagogie… Qui d’autre pourrait
mieux faire le constat si ce n’est qu’un des pères
de l’indépendance ? En effet, à la chute de Mobutu,
parlant du régime KABILA, Bernardin Mungu Diaka dira
: " C’est le même train, on n’a changé que de
conducteur". Triste réalité, pourtant vraie.
Cette classe qui, au lendemain de l’indépendance, a
plongé le pays dans une crise terrible, phase
inachevée. Le Congo, pays immensément riche, est
compté parmi les plus pauvres au monde. La race des
pères de l’indépendance renferme – t – elle le germe
de la malédiction ou de la médiocrité ? A- t – elle
conscience d’être à la base de tous les maux de ce
pays ?
Cette race au lendemain de l’indépendance, a plongé
le pays dans une crise terrible causée par l’amour
exagéré du pouvoir, la cupidité et l’intolérance.
Ces pères du Congo souverain, ont nourri les
Congolais de l’espoir d’un lendemain meilleur, dans
un pays qui n’aurait rien à envier au paradis
céleste et faute d’être le pays du miel et du lait,
la RDC est devenue synonyme de l’enfer.
Aujourd’hui encore la même promesse est tenue et le
discours n’a pas changé depuis 1960. Les mêmes mots,
les mêmes verbes…
Le Congo sortira t – il un jour de son malheur sous
la direction des mêmes personnes ? Les gens qui
pendant quarante cinq ans, n’ont pas pu diriger et
conduire le pays au développement, le pourront – ils
en cinq ans, dix ans ? Les gens qui, pendant leur
règne n’avaient réussi qu’à détruire le tissu socio
– économique et à piller, que pourront faire leurs
rejetons que de marcher sur les traces de leurs
géniteurs ? Est – ce sans motivation que cette race
a confisqué le pouvoir ?
Le peuple congolais a – t – il l’obligation de
continuer à investir de sa confiance en cette classe
qui l’a abandonné à son triste sort et qui est à la
base de son cauchemar ?
1960, la racine du mal ….
Pour comprendre d’où vient le malheur du Congo, il
faudrait sûrement se situer à partir des environs de
l’année 1960. Et chercher à cerner le lien qui unit
les gouvernants d’aujourd’hui à ceux des années de
l’indépendance.
Quel lien Joseph KABILA peut – il avoir avec les
années 1960, lui, qui est pourtant né en 1971 ? A –
t – il les germes des pères de l’indépendance ?
Comment est- il arrivé au pouvoir, de qui est – il
fils ? That is the question !
A la veille de l’indépendance, dans le Nord –
Katanga, un assistant médical qui travaillait pour
les missions protestantes se fait remarquer par sa
prestation et sa carrure. Les Belges décèleront vite
en lui les aptitudes d’un homme habile, à même
d’exercer une grande influence sur les masses. Du 17
avril au 18 octobre 1958, ce quidam, Janson Sendwe
est invité à la foire de Bruxelles ensemble avec
certains ténors de l’époque dont Jean Bolikango,
Joseph Ngalula, Albert Kalonji, Paul Bolya, etc. A
la veille de l’indépendance, Sendwe sera parmi les
fondateurs de la Balubakat regroupant
essentiellement les Baluba du Katanga. La Balubakat
constituera un cartel autour de Lumumba à l’approche
de la proclamation de l’indépendance du Congo. 1960,
Laurent Désiré KABILA s’engagera dans la jeunesse de
la Balubakat où vers décembre, il sera signalé comme
« Général » de celle-ci. Janvier 1961, KABILA est «
Directeur Provincial à l’information » au ministère
de Pierre KABILA dans le gouvernement de Prosper
MWAMBA installé à Manono. En mars de la même année,
Laurent Désiré rencontrera pour la première fois
Antoine Gizenga, l’un des pères de l’indépendance, à
Stanleyville (Kisangani). En octobre 1963, le
Conseil National de Libération est formé à
Brazzaville. Kabila le rejoindra quelques mois plus
tard. Le CNL le chargera avec Soumialot d’organiser
la grande rébellion à l’est, à partir d’Uvira et de
Bujumbura. Au sein du CNL, Kabila exercera la
fonction de Secrétaire Général aux affaires
sociales, jeunesse et sports, tandis que Gizenga en
était le Président d’honneur et Pauline LUMUMBA,
veuve de Patrice – Emery LUMUMBA, vice – présidente
d’honneur.
Le 15 avril 1964, dans la région d’Uvira, soit huit
mois après le déclenchement de la rébellion dans le
Kwilu, Soumialot et Kabila conquirent une bonne
partie du Nord – Katanga, le Kivu et le Maniema.
Ainsi Soumialot devint le Président du gouvernement
provisoire du CNL/Est et Laurent Désiré KABILA, le
vice – président. Après la conquête de Kisangani, le
gouvernement provisoire de l’est fut dissous et
remplacé par celui de la République Populaire du
Congo dans lequel LD Kabila fut le secrétaire d’Etat
aux affaires étrangères et Ministre plénipotentiaire
auprès de l’Ouganda, du Kenya et de la Tanzanie.
Comme on le constatera, Laurent Désiré KABILA,
géniteur de Joseph KABILA, n’est pas un nouveau venu
sur la scène politique congolaise. Son parcours
politique commence déjà dans les environs de 1960,
dans les rangs de la Balubakat, pro-lumumbiste.
Disciple de LUMUMBA, il a été à l’école de Gizenga
et sous les ordres de Gbenye. Il s’inscrit dans la
lignée des pères de l’indépendance qui ont pour
dénominateurs communs, les années 1960. Et la
caractéristique principale des politiciens des
années 1960 est, si pas de se faire un jour
remplacer par leurs rejetons, mais de leur assurer
une place de choix dans le sérail gouvernemental
pour qu’à un certain échelon, ils gouvernent, ou
disons, qu’ils règnent. On se souviendra qu’à ce
propos, à la veille de l’assassinat de son défunt –
père de Président, Joseph KABILA était déjà Chef
d’Etat Major de l’armée congolaise. Nulle personne
que lui ne pouvait mieux sécuriser le pouvoir laissé
par son géniteur. Il allait donc de soi qu’il le
remplace. Mais dans l’entre – temps, le spectre des
pères de l’indépendance continue à planer sur le
Congo.
Dans l’espace dit présidentiel, une personne se
distingue par sa stature : Jean – Pierre BEMBA
GOMBO, un dur, qui se croit même investi d’une
mission divine pour présider aux destinés du Congo.
Un nouveau sur la scène politique ? On serait porté
à le croire. Mais, les Bemba ne sont que les bras
séculiers du système MOBUTU avec qui ils étaient
très proches et ont des parentés par alliance. A la
veille de l’indépendance, alors qu’il se trouvait à
Bruxelles aux études, MOBUTU fût recruté par LUMUMBA
comme secrétaire particulier. Il sera Secrétaire
d’Etat à la présidence, dans le premier gouvernement
du Congo indépendant. MOBUTU qui avait quitté
l’armée en 1956 avec le grade de sergent, se vit
propulsé au grade de colonel, le 14 juillet 1960. En
1965, il prit le pouvoir par un coup d’Etat
militaire et n’y sera chassé qu’en 1997 par KABILA
LD et l’AFDL. C’est pendant le long régime de MOBUTU
qu’une complicité se lia entre les Bemba et les
Mobutu. Les déclarations d’un homme politique
n’engagent que ceux qui l’écoutent. Il ne faudrait
donc pas se laisser berner par les propos de JP
BEMBA quand il fustige la dictature de MOBUTU. Même
le fils de ce dernier le ferait, le tout étant
fonction des enjeux. Aussi, convient-il de noter que
Jeannot Bemba, père de JP BEMBA, avait accumulé sa
fortune grâce aux facilités lui accordé par MOBUTU
et ce dernier finit par devenir un parent par
alliance. Qui ignore les percées de Jeannot BEMBA
dans les années 1960 ? Qui ne sait pas que c’est
sous Mobutu qu’il est devenu le patron des patrons
au Zaïre ? Jean Pierre Bembe ne reconnaît=il pas que
vers les années 1990, il était devenu un familier de
la cour des Mobutu ? Gbadolité comme capitale du MLC
demeurera tout un symbole fort qui démontrera
l’attachement des Bemba à Mobutu.
Qu’en est – il du Vice – Président Ruberwa ? Pour
comprendre comment il est arrivé au pouvoir, il
faudrait plutôt le prendre sous son aspect
rwandophone. Les rwandophones sont une erreur de la
gestion coloniale belge en RDC. Aussi, à l’accession
du Congo à l’indépendance, cette population
constituée d’immigrés était bel et bien sur le
territoire congolais. Avec les temps, les immigrés
rwandophones vont s’imposer grâce à l’habilité de
l’un d’entre eux : Bisengimana qui était membre dans
les années 1960 de l’Union des Etudiants du Congo et
du Rwanda –Urundi, UNERCRU qui deviendra l’Union
Générale des Etudiants Congolais, UGEC. Mobutu
puisera dans la réserve de l’UGEC pour gérer le
pays. Comme en 1960, avec le collège des
commissaires généraux, après le coup d’Etat de 1965,
Mobutu alla encore recruter parmi les élites
universitaires. Et parmi ceux –ci, Bisengimana, un
rwandophone, Gérard KAMANDA, Joseph NSINGA, Ndeshyo
,un autre rwandophone, Umba –di-Lutete, Kengo wa
dondo, Sambwa, etc. Les Rwandophones sont
malheureusement caractérisés par la duplicité. Ils
sont à même d’être Rwandais le matin et Congolais le
soir. Ainsi en est – il de Bisengimana, lui qui
prétendait être un Muhavu de l’ile d’Idjwi, qui
pourtant a étudié au Congo avec la bourse du
gouvernement rwandais ? Mobutu restructurera son
cabinet en 1967 pour en faire le Bureau du Président
de la République. Il fut dirigé d’abord par Loliki,
puis par Bisengimana. Alors que ce dernier était aux
affaires, il pesa de tout son poids pour que la
nationalité congolaise soit accordée, d’une manière
collective, à tout Rwandais implanté au Congo. Il
est vrai que malgré le mutisme observé de la part
des congolais du Kivu, ces derniers digérèrent très
mal cette option. C’est ainsi qu’en 1996, le
gouverneur du Sud – Kivu Kembo wa Lumona ordonna
l’expulsion des Congolais rwandophones du Congo vers
le Rwanda, après la guerre du Masisi (Rutshuru) au
nord Kivu ayant poussé les FAZ à organiser les
opérations MBATA et KIMIA. Mais ces derniers useront
de la force pour rentrer en RDC dans ce qu’on a
appelé la révolte des Banyamulenge qui se substitua
presque par enchantement en guerre de libération de
l’AFDL. Dans le premier gouvernement de l’AFDL,
Ruberwa était le Directeur de cabinet de Bizima
Karaha, un tutsi rwandais devenu congolais
originaire du Sud – Kivu.
Une année après la conquête de Kinshasa par l’AFDL,
une nouvelle rébellion fut déclenchée par le RCD
avec l’appui du Rwanda qui, non seulement voulait
régler les comptes à LD Kabila mais, saisira en
outre l’opportunité pour imposer les rwandophones
dans la gestion de la chose publique en RDC. C’est
par le RCD que Ruberwa, devenu entre -temps
Secrétaire Général, puis Président de ce mouvement
rebelle, deviendra Vice – Président de la
République. Les Rwandophones dont fait partie
Ruberwa constitue un casus belli laissé par les
Belges, à la veille de l’indépendance et que les
autres Congolais doivent bien gérer avec raison, au
delà des passions..
Pour ce qui est de Yerodia et d’Arthur Zahidi Ngoma,
ils ne peuvent être identifiés que par les Kabila,
le premier comme ami et le second comme répondant à
qui l’on a collé le qualificatif d’opposant pour les
besoins de la cause. Cette stratégie a été beaucoup
utilisée par le pouvoir pour déstabiliser les
adversaires.
Un parlement lié
Dans un système où il faut avoir un contrôle total
du parlement pour avoir un droit de regard sur
l’Exécutif, le spectre des années 1960 s’est encore
reposé au-dessus de l’hémicycle. Aussi n’est – il
pas surprenant de voir cette chambre dirigée par un
rejeton des ténors de ces années de malheur. Olivier
KAMITATU, président du parlement, est le pur produit
des années de l’indépendance. Fils de Cléophas
KAMITATU, membre du PSA et président provincial de
Léopoldville en 1960. Le PSA était un parti allié au
MNC/L et dont étaient membres entre autres,
Antoinette GIZENGA et Pierre MULELE. C’est en fait
ce Cléophas KAMITATU que l’AFRICAN JAZZ avait aussi
immortalisé pour sa participation active à la table
ronde de Bruxelles dans la célèbre chanson «
indépendance cha - cha ». C’est encore ce KAMITATU
qui avait décrit à LUMUMBA le chemin à emprunter
dans sa fuite vers Stanleyville. C’est le même
KAMITATU qui proposa le 30 juin 1960, comme date de
l’indépendance. Aujourd’hui encore Cléophas KAMITATU
est aux affaires comme Sénateur et Administrateur de
la SNCC. Olivier Kamitatu n’est donc pas un parvenu.
Etant fils de son père, il a des liens di rects avec
les pères de l’indépendance à travers Cléophas
KAMITATU.
Une Eglise arbitre et alliée…
Vu du point de vue biologique, l’abbé Apollinaire
Malu – Malu semble ne pas avoir de liens avec les
gestionnaires des années 1960. Mais pris sous
l’angle de l’institution qui lui a servi de rempart
pour être président de la Commission Electorale
Indépendante, on remarquera vite que ce clerc n’est
pas tombé du ciel. L’Eglise catholique n’a – t –
elle pas été non plus comptée parmi les fourmis
ouvrières de l’indépendance ? L’Abbé Joseph MALULA
s’était déjà fait remarquer par une célèbre
conférence tenue à la foire de Bruxelles en 1958. Et
sous le règne de Mobutu, il engagea l’église dans un
bras de force avec le régime. L’Abbé BOKA était le
compositeur de l’hymne de l’indépendance ; Mgr
Tharcisse TSHIBANGU était chargé de diriger l’UNAZA
…Mgr Laurent Monsengwo dirigea la conférence
Nationale Souveraine. Et aujourd’hui, l’église
catholique tient à jouer le rôle d’arbitre par
l’Abbé Malu – Malu. Comme quoi, l’Eglise a été bien
présente sur tout le parcours du Congo indépendant.
Dans l’opposition encore les mêmes…
Du côté de l’opposition politique radicale, encore
deux ténors des années 1960 tiennent l’étendard.
Antoine Gizenga, Vice – Premier Ministre du
gouvernement Lumumba et Etienne Tshisekedi qui fut
Commissaire Général Adjoint à la Justice dans le
gouvernement des commissaires généraux. Aujourd’hui,
le fils de ce dernier, Félix, est sur les traces de
son père. Qui sait, s’il ne pourra diriger le Congo
demain ?
Quelle conclusion faudrait-il tirer en
définitive ?
Ceux qui étaient aux affaires depuis le jour de
l’indépendance se sont révélés incapables de bâtir
et de redresser le Congo démocratique. Leurs enfants
étant véritablement des fils à préparer font que
marcher sur les traces de leurs géniteurs, ils ne
pourront donc rien faire. Il faut au Congo, une
nouvelle classe, qui n’ait aucun lien avec les
années de l’indépendance, une classe qui dirigera
dans l’abnégation et le respect des textes légaux…
Roges KAS.
Les Grands Enjeux n°003/2005 |