PARTI POLITIQUE MAI-MAI
Enregistré sous la Loi n°04/002 du 15 mars 2004,
Arrêté n°045/2006 du 03 mars 2006.
Nos inquiétudes sur la sécurité et
les perspectives électorales en République
Démocratique du Congo.
I.
Analyse des faits
Nous,
Patriotes MAI-MAI, fidèles à notre vocation
nationaliste, considérons que la tournure actuelle
des événements ne nous conduit guère au recouvrement
de la paix, de l’intégrité et de la Souveraineté
nationale. Bien au contraire, tous les signaux sont
au rouge et semblent indiquer que :
- les
préparatifs de la guerre vont bon train et
celle-ci peut éclater d’un moment à l’autre ;
- ceux
qui sont censés garantir les attributs de la
souveraineté nationale semblent pactiser avec les
fossoyeurs de celle-ci et les agresseurs tout
indiqués, en favorisant l’infiltration et en
dégarnissant les lignes de front ;
- les
chances d’une élection libre et transparente sont
hypothéquées par des compromissions flagrantes en
matière de sécurité. Les faits suivants en
donnent l’illustration :
Les atouts favorables à la
sécurisation de nos frontières sont systématiquement
retirés et remplacés par des acteurs favorables à
l’ennemi de la Nation.
- retrait
des commandants JACKSON et SHEKASIKILA qui tentaient
de contenir les infiltrations, et leur
remplacement par la 2ème Brigade
incomplète et sélectionnée sur mesure par le
ministre RCD de la Défense Nationale ;
- mutation
du colonel AKILI MALI de Walikale (Nord-Kivu)
pour Kisangani (Province Orientale), loin des
frontières dont il assurait la protection. La
position qu’il occupait est stratégique, car elle
lui permettait d’entraver la progression et le
déploiement de l’ennemi dans les provinces du
Sud-Kivu, du Maniema et la Province orientale. Sa
mutation constitue ainsi un troisième verrou cassé
par le gouvernement.
B.
brassage et intégration des troupes au Sud-Kivu
La
nomination du général AGOLOWA
en remplacement du Général MBUZA MABE pose de
gros problèmes ;
Rappelons qu’en 1996, lors de
la guerre de l’AFDL, Mr AGOLOWA, alors commandant de
la garnison de Luberizi, dans la plaine de la
Ruzizi, à la frontière avec le Rwanda et le Burundi,
a livré armes, munitions et tout le Sud-Kivu à
l’ennemi. Aujourd’hui que la Nation est en
péril, les plus hautes instances militaires du pays
n’ont pas trouvé mieux que d’envoyer le même
individu au même poste, après l’avoir promu et donc
accru sa capacité de nuisance.
Et
aujourd’hui, le même individu,
rend les mêmes services à ses anciens alliés, sous
le regard indifférent ou plutôt bienveillant de sa
hiérarchie.
En
voici quelques détails :
1. Octobre
2005, démantèlement et
délocalisation des détachements MAI-MAI commis à la
surveillance de la frontière le long de la Ruzizi
avec pour corollaire la recrudescence des
infiltrations rwando-ougando-burundaises
(souvenez-vous des 47 officiers arrêtés par les FDLR,
et libérés sur ordre de Kinshasa. Ils continuent
leur mission sur place, au-dessus des collines
surplombant la cité d’Uvira).
2. arrestation
et expéditions militaires contre les officiers les
plus fidèles à la cause de la protection des
frontières : ABDU, KAYAMBA, ZABULONI, …
expéditions entreprises par la 10ème
région militaire sous le commandement d’AGOLOWA,
contre ceux-là mêmes qui ont aidé le général MBUZA
MABE à récupérer la province du Sud-Kivu et qui en
ont chassé les rwandais MUTEBUSI et NKUNDABATWARE.
3. le
problème de l’insécurité ne s’est jamais posé dans
la province avec autant d’acuité que maintenant,
après l’installation au chef-lieu, de l’état-major
de campagne par les plus hautes instances militaires
du pays. A quoi nous sert donc cet état-major
avancé ?
4. comme
on le voit, il ressort clairement de tous ces faits
cités ci-haut que le véritable objectif visé par le
brassage et l’intégration des troupes n’était ni le
désarmement ou le démantèlement des milices qui sont
toutes restées intactes et en sont même sorties
renforcées ; mais tout simplement
la neutralisation et le
démantèlement des éléments acquis à la cause de
l’unité, l’intégrité et la souveraineté de l’État
congolais au profit de ceux acquis à la cause des
fossoyeurs de la République. Bref, pour tout
dire, la gestion de la question sécuritaire du pays
semble orchestrée au préjudice de la RDC et au
bénéfice de l’agresseur d’hier, le même que celui de
demain.
5. enfin,
une profonde divergence de vue est en train de se
faire jour sur les objectifs et la finalité mêmes du
processus électoral en RDC. Alors que le peuple
congolais ou tout au moins la fraction la plus
éclairée de celui-ci veut y voir l’occasion de
recouvrer la souveraineté nationale confisquée à
travers les mascarades de Sun City et Pretoria, une
certaine communauté Internationale y voit plutôt
l’occasion de consolider cette usurpation et de
parachever le processus de liquidation discrète de
l’État congolais.
II.
Perspectives à terme
La
guerre est à nos portes et il ne dépend que de
l’ennemi de la déclencher, quand il veut, où il veut
et comme il veut, à son avantage avec la
collaboration de notre propre pouvoir.
Et
tous ceux qui ont tenté de s’opposer à ce schéma ont
été systématiquement combattus, diabolisés, écartés.
On ne
peut donc pas s’étonner que
Kagame ait déclaré qu’ « il n’a plus de problème
avec la RDC, parce que le Congo ne soutient
plus les interahamwe ». Ce
qu’il faut retenir de ce discours, c’est que
pour lui, la RDC n’ayant quasiment plus de verrou de
protection à ses frontières, le sieur Kagame n’a
plus besoin de l’agresser. Il y est déjà de plein
pied et jusqu’au sommet de l’Etat.
Il a
ses assurances que le fruit étant déjà trop mûr, il
tombera de lui-même à la moindre brise.
Dans
ce contexte, si élections il y a au Kivu, elles ne
pourront se dérouler que sur fonds d’hypothèque de
nos vies et de notre liberté ou encore sur fond de
violence. La seule inconnue qui demeure (pour ceux
qui ne veulent pas ouvrir leur œil), c’est de savoir
comment se structurent les alliances dans cette
affaire et jusqu’où elles vont : autrement dit, à
qui profite donc directement le crime ?
III. Recommandations
Eu
égard à tout ce qui précède,
Nous suggérons :
L’ouverture d’un grand débat aussi
bien au Conseil des Ministres qu’au sein du
Parlement avec les deux Chambres réunies.
Ce débat porterait sur l'avenir de la Nation aux
fins de garantir l'appropriation du processus
électoral par notre peuple au regard de la question
sécuritaire, notamment.
La constitution d'une alliance de
Patriotes pour le salut public, car nous pensons
qu'il y a péril en la demeure. Celle-ci regrouperait
tous les amis et adeptes, aussi bien internes
qu'externes, de la refondation et de la rennaissance
d'un État congolais uni, souverain et pacifié; pour
faire face à l'axe du mal incarné par les auteurs du
programme ci-haut dénoncé et qui ne vise rien moins
que la mort programmée et la liquidation de l'État
congolais.
Fait à Kinshasa, le 20 mai 2006,
Sé/ Mahano Ge Mahano, Président