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Présidentielle : trop plein de candidats Par Le Potentiel
Selon le Bureau de réception et de traitement des candidatures (Brtc), une quarantaine de candidats se sont résolument engagés, vendredi, dans la course à la magistrature suprême. Tentons de percer le mystère de cet engouement. Qu’est-ce qui fait donc courir des dizaines de Congolaises et Congolais vers l’unique poste de 5ème président de la République démocratique du Congo ? La question vaut son pesant d’or. En effet, à la clôture du Bureau de réception et de traitement des candidatures (Brtc), après 14 jours d’enregistrement des dossiers, le nombre de candidats à la présidence de la République, dûment acceptés, s’élève à une quarantaine. A première vue, l’on serait tenté de dire que cette multitude de candidatures témoigne de la vitalité de la jeune démocratie congolaise. Au fond, en analyste féroce des affaires congolaises. Tout ce lot de présidentiables n’est-il constitué que des candidatures spontanées ? N’existerait-il pas, a contrario, des candidatures factices suscitées cette fois par des candidats réels ? Il est également intéressant de savoir, pour comprendre, ce qui a décidé toutes ces femmes et tous ces hommes à payer au Trésor public la caution de 50 000 dollars – la plus élevée du monde se limitant à quelque 800 dollars – pour figurer sur la liste des candidats à la magistrature suprême ? TROIS FACETTES D’autres interrogations, non moins pertinentes, viennent à l’esprit. Les candidats à la magistrature suprême sont-ils tous mus par l’ambition farouche de ‘gouverner autrement’ afin d’impulser la ‘renaissance’ du pays et de créer la prospérité pour le peuple ? Ou, autrement, sont-ils aiguisés par l’hédonisme et la tentation de s’installer au pouvoir, comme les prédécesseurs, afin d’en tirer le maximum des profits pour eux-mêmes et leurs courtisans ? Après avoir retourné les questions ci-dessus dans tous les sens, Le Potentiel croit savoir que la multiplicité des candidats à la présidence de la République, loin de symboliser uniquement le dynamisme de la démocratie, peut revêtir trois facettes : la banalisation de la fonction, le jeu des as et le coup de poker. Dans la première hypothèse, c’est-à-dire la banalisation de la fonction ‘Président de la République’, les postulants, nantis ou non, partiraient de l’expérience selon laquelle, en 46 ans de souveraineté nationale et internationale, la République a fonctionné vaille que vaille sans que le peuple et les partenaires extérieurs ne cherchent à placer à sa tête «l’Homme qu’il faut». Autrement dit, le pays a évolué au gré de ses aventuriers, qui se font appeler «pères de la nation». La désacralisation de la fonction ‘Président de la République’ serait renforcée également par le récent débat au parlement concernant les critères d’accession à ce poste. La légèreté des parlementaires de la transition, à ce sujet, a inspiré plus d’un Congolais aujourd’hui : «Puisque les critères universels ont été ignorés par le législateur, les portes de la présidence sont grandement ouvertes pour quiconque prétend être quelqu’un ou valoir quelque prix». Seul obstacle qui refroidit les prétentions: la hauteur de la caution. LA POLITIQUE DES COMBINES La deuxième catégorie des présidentiables, celle des as de la politique, renvoie aux candidats réels, compétents et, en plus, révoltés contre la décadence de leur pays. Cette catégorie de candidats est consciente de son poids politique réel ou supposé. Elle n’hésitera pas à utiliser ses relations et sa logistique pour remporter les élections. En tout cas, il est aisé de s’apercevoir au travers des discours et actes, pour peu que l’on maîtrise la psychologie de l’animal politique, que les présidentiables de ce cette catégorie ont réellement la vision d’initier la ‘renaissance du pays’ et la volonté d’inspirer de l’espoir à leurs compatriotes. Comme il n’y a jamais deux sans trois, la troisième catégorie des candidats à la magistrature suprême est essentiellement composée de candidats factices. Des trouble-fêtes. C’est un ensemble de pions entre les mains des manipulateurs. Leur rôle consiste à jouer un coup de poker aux adversaires. A bluffer. Ils sont utilisés par des candidats réels pour atomiser l’électorat d’un concurrent potentiel, et fragiliser celui-ci dans son propre fief électoral naturel. Le jeu d’alliances étant incontournable dans la configuration actuelle, les candidats factices transféreraient leurs propres voix à leurs manipulateurs. Et ce, en compensation des portefeuilles ministériels importants dans le cabinet pour leur déterminante contribution à la victoire au deuxième tour. C’est cela la politique des combines. Ainsi sommairement vue, la multiplicité des candidats à l’élection présidentielle, au regard de la médiocrité de l’actuelle classe politique, ne pousse guère à l’optimisme. Si les motivations de la majorité des candidats reçus au Brtc se recoupent avec la banalisation de la fonction ‘Président de la République’ ou ‘le jeu des trouble-fêtes’, disons que la démocratie congolaise rate la chance de sortir de son ghetto. Retour alors à la politique spectacle et de jouissance pour les gouvernants. Et de retrouver sa marque au terme des élections crédibles |
Le Roi Leopold II - Genocide au Congo
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