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Elections : les partis politiques se dépeuplent

Par  Le Potentiel

A quelques encablures des élections, le monolithisme des principaux partis politiques est mis à rude épreuve. Des défections succèdent aux exclusions. De nouvelles alliances se tissent au gré de cette transhumance. Interrogés, les acteurs migrants arguent des raisons que leurs partis d’origine ne soupçonnaient guère au début de l’aventure commune.

Défections et exclusions sont en passe de devenir monnaie courante dans tous les principaux partis politiques. Le mal se généralise, en particulier, à l’approche de la présidentielle et des législatives à telle enseigne que les partis politiques sont en train de se dépeupler. C’est que le malaise est réel, bien qu’il n’ait pas les mêmes contours, ni les mêmes causes. Au finish, les électeurs assistent à la transhumance, non sans le sentiment d’être une fois de plus trahis par leurs leaders. Tandis que les acteurs politiques divorcent avec fracas de leurs partis pour annoncer de nouvelles alliances.

A l’origine de ce remue-ménage deux causes : d’une part, la gestion non contrôlée des ambitions des candidats aux législatives et, de l’autre, les retombées du récent arrêt de la Cour suprême de justice à la suite de l’affaire Mlc contre Olivier Kamitatu.

Le vagabondage de certains acteurs politiques, pour raison d’ambitions non satisfaites, est apparu dès lors qu’à l’heure du choix des candidats ‘vertébrés, populaires’, à même de défendre les couleurs du parti dans leurs circonscriptions électorales, les préférences des instances dirigeantes auraient ignoré les réalités du terrain. Se sentant ainsi humiliés et désavoués par le parti, certains cadres ont décidé de claquer la porte pour se présenter en ‘candidat indépendant’ dans les circonscriptions où ils étaient donnés pour du bois mort. C’est le cas du Pprd Luanga, de la circonscription électorale du Maniema. Il n’est ni le premier ni le dernier.

Au Mlc de J.P. Bemba, qui a enregistré la grande saignée des cadres fondateurs, la tempête n’est pas prête à se calmer. A l’opposé d’Olivier Kamitatu, président de l’Assemblée nationale et secrétaire général du Parti, qui a fait de la résistance avant de se voir débouté par l’arrêt de la Cour suprême de justice – un arrêt qui fera jurisprudence – les autres fondateurs ont décidé de partir. Selon les premiers éléments d’analyse, c’est beaucoup plus l’incompatibilité de caractères, le conflit de leadership et les traumatismes de l’image on ne peut plus négative du Mlc dans certains milieux qui ont motivé ces départs.

DEFECTIONS, OEUVRE DES ADVERSAIRES ?

Les observateurs ne manquent pas de rappeler que le Mlc avait, et de loin, le trop plein de cadres ayant un passé, une carte de visite, des références. Un grand nombre n’était pas constitué de va-nu-pieds. Tous ces facteurs font que la plupart se sentaient à l’étroit dans leurs ambitions personnelles face à un chairman – le président J.P. Bemba – un peu suffisant, selon leurs dires.

Les harcèlements des organisations internationales de défense des droits de l’homme à l’encontre du Mlc, répercutés par la presse tant nationale qu’internationale, ont fini par ramollir le sentiment d’appartenance de certains à un parti que l’on tente de discréditer de l’extérieur. De guerre lasse, des cadres ont cédé à la tentation de faire défection, d’enfourcher des chevaux partants et de se refaire une certaine virginité devant l’opinion exigeante de leur électorat.

Ceci explique en partie, mais suffisamment, la grave crise qui secoue le Mlc en cette période préélectorale. Certes, Le Potentiel ne perd pas de vue que certaines défections seraient l’œuvre des adversaires, donc commanditées en dehors du parti, dans le but de fragiliser son candidat à la présidentielle 2006.

Ce qui est dit du Mlc, l’est relativement pour le Rcd d’A. Ruberwa. A la différence que la revendication identitaire et l’implication personnelle de Ruberwa qui a fait de cette question un problème de vie ou de mort, ont lassé plus d’un fondateur. Là où ses proches tenaient à prendre le Rcd (parti) et la Rdc (pays) en otage, une frange de sociétaires se sont désolidarisés. D’où la naissance du premier groupe des ‘frondeurs’ ou le ‘groupe de Kinshasa’.

Faute de trouver un discours rassembleur, empêtré dans les revendications identitaires, tiraillé par les contradictions dues à sa position de l’un des quatre vice-présidents de la République, Ruberwa a semblé vite dépassé par les événements. Son dernier baroud d’honneur – la fixation sur le dossier de Minembwe, Bunyakiri, Kasha - doit avoir sensiblement terni son image d’homme d’Etat. Ses louvoiements autour de ce dossier et l’échec subi l’ont complètement desservi. Probablement jusqu’à Minembwe.

DES SURPRISES DANS LES JOURS A VENIR

Pas étonnant que, face à ces multiples contradictions, le lâchage ne survint pas. Il est arrivé. Les cadres dissidents ont vite fait comprendre très clairement qu’ils rompaient le cordon ombilical avec le Rcd. Dans leur quête des suffrages populaires, à l’occasion des prochaines élections législatives, provinciales et locales, ils ont dit craindre que l’image écornée (car belliciste, séparatiste) du Rcd ne les prive du soutien des populations au moment crucial. Désormais, les uns se sont versés dans d’autres partis politiques ; d’autres tentent une nouvelle expérience en grossissant les rangs des ‘indépendants’.

Il n’y a pas que les partis participant à la gestion des institutions de la transition qui sont affectés par les départs. L’Udps d’Etienne Tshisekedi renoue avec les ‘auto-exclusions’ des années Mobutu ou M’zee Kabila. Une égérie, Eva Bazaïba, a courageusement indiqué le chemin en briguant un poste de député alors que la direction du parti ne montre pas d’empressement à participer aux scrutins tant que ses ‘revendications n’ont pas trouvé satisfaction’. Les jours à venir risquent d’apporter leur lot de surprises. Les partis continueront à se dépeupler.

Pour en revenir aux partis victimes des défections, on remarque qu’ils n’ont qu’un souci : essayer autant que possible de présenter un front uni contre l’infortune. C’est bon vis-à-vis des masses d’électeurs. Mais à quoi sert le remplacement, dans cette période agitée, des cadres partants (ministres, députés, sénateurs, gouverneurs), si ce n’est l’illusion, pour le chef, d’entretenir des troupes fidèles ? Que gagne la République dans cette confusion de dernière minute, sinon perdre encore de l’argent pour engraisser des bras invalides, qui n’auront que trois à quatre mois de présence au pouvoir ? Le pouvoir pour le

    
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