|

| |
Péripéties des manœuvres politiciennes du Rcd (I)
(L'Avenir Quotidien 20/03/2006)
Les deux prostituées, l’enfant et Salomon. Le débat sur les listes bloquées
n’était pas encore terminé que le RCD vient d’ouvrir un autre front : c’est la
création du territoire de Minembwe. Là, vivraient d’après : Moïse Nyarugabo
une trentaine de mille de Nyamulenge, le compte est de lui. Les Congolais se
demandent pourquoi, alors que notre pays est un champ de ruines, députés et
sénateurs Nyamulenge ou Rwanophones, c’est selon, n’ouvrent leur bouche que pour
parler des problèmes sectorielles liés directement à leur ethnie. Pour M.
Nyarugabo et ceux qui lui ressemblent, la RDC s e réduirait-elle à leur ethnie ?
Y ’aurait-il encore à ce jour des revendications non satisfaites pour cette
communauté en plus de la nationalité pour laquelle ses membres avaient mis à feu
et à sang le pays avec à la clé un génocide oublié de plus de quatre millions de
morts ? Quel danger court notre pays avec la création du territoire de
Minembwe, de Bunyakiri... qui s’ajoutent à l’occupation de Goma, de Rutsuru, du
Masisi et consorts ? Le Rwanda n’a t-il agressé la RDC que pour aider ses frères
à obtenir la nationalité congolaise ou avait-elle un autre programme ? Pour
que la question des Nyamulenge soit définitivement résolue au Congo, faut-il
qu’ils aient un député sorti de Minembwe et deux autres de Bunyakiri ? Dans
les lignes qui suivent, nous essayerons de réfléchir sur ces questions et de
montrer leur implication dans la vie politique et sociale immédiate et future de
notre pays.
Des listes bloquées. Huit mois après l’installation du gouvernement de
transition et en perspective des élections qui allaient avoir lieu en 2005, me
penchant sur les chances du RCD, PPRD, MLC, PDSC, MPR, UDPS, PALU, voici ce que
j’écrivais au sujet du RCD : Dans la perspective des élections libres et
démocratiques, le RCD n’a pas d’avenir politique dans notre pays. Les raisons de
sa destruction se trouvent dans sa composition. Nombreux sont ces politiciens
qui s’y sont inscrits et qui occupent des fonctions politiques, économiques ou
militaires mais c’est uniquement pour des raisons de sécurité financière et
alimentaire après la galère provoquée par les événements du 17 mai 1997.
Quand viendra l’heure de la plaidoirie liée à Makobola, Tingi-Tingi, Kisangani
et consorts, les défections ne se compteront pas. Apparemment, ce n’est pas
un adversaire de taille pour le PPRD. Mais les ténors de ce parti pourraient
tenter un rapprochement avec le PPRD dans le but de survivre. En politique, rien
n’est impossible. Ca pourrait être comme individu ou comme parti politique. La
faim pousse le loup à sortir en Hiver. Le PPRD devrait s’interdire de telles
alliances même si l’occasion serait belle pour noyer un adversaire. Le peuple ne
le comprendra pas et ne l’acceptera pas. Il y a des moments où les peuples
rejettent les raisons d’Etat. Le RCD est condamné à disparaître à cause de son
identité. Le moment venu, même l’UDPS s’en séparera si ce n’est déjà fait en
pensée. Je ne vois vraiment personne se présenter sous ce label et se faire
élire même au Kivu. En tant que rébellion il a opéré au Kivu, il contrôle
certaines provinces, il en contrôlera encore d’une manière ou d’une autre mais
sa venue n’a pas été inspirée par les natifs de cette province qui l’ont du
reste combattu les armes à la main. Sa composition a été hétéroclite. D sera
combattu en premier par ceux qui y étaient, qui en connaissent les s ecrets et
qui ont déserté bien avant ou au moment du Dialogue Inter congolais. Sa plus
grande faiblesse aura été d’avoir couvert une agression dont les méfaits sur le
territoire national sont néfastes. Ce qui vaut pour le parti l’est aussi pour
certains de ses cadres. D’ailleurs la cause est grave. Le nouveau statut acquis
sous le couvert du RCD vient s’ajouter à leur situation d’avant : ils ont été
les animateurs attitrés du MPR et on connaît la contribution de ce parti dans la
paupérisation des congolais. Bref, sa nature, son action en cinq ans d’existence
le destinent à une mort certaine maintenant qu’il doit combattre les mains nues
et à ciel ouvert. Ce serait surnaturel qu’il survive après les élections.
L’heure venue, les anciens du MPR et autres braconniers qui y ont élu domicile
évacueront les lieux. Peut-être qu’ils sont en train de former d’autres partis
politiques. Mais je ne crois pas qu’ils réintégreront le MPR lequel du reste
comme lui se trouvera dans la même situati on. A ce moment-là j’étais loin de
m’imaginer que la parade pour le RCD serait les listes bloquées ou zébrées. En
fait, si elles leur avaient été accordées, elles auraient présenté vraiment la
solution pour un parti ( ?) comme le RCD qui souffre encore des problèmes
d’identité et dont les membres, les Rwandophones tout comme les Congolais
d’origine qui s’y trouvent ont encore à se faire pardonner par les populations
des territoires qu’ils avaient occupés de 1998 à 2003 et à qui ils ont infligé
des multiples outrages. La réconciliation ne doit pas se limiter aux
politiciens, c’est le peuple qui a souffert dans sa chair et dans son esprit,
c’est donc avec lui qu’il faut parler de réconciliation.
Triple intérêt pour des listes bloquées D’abord, il s’agit d’une question de
survie politique pour le RCD. Comme je l’ai déjà dit, le chef de l’Etat l’a du
reste annoncé dans son discours du 18 février dernier, le temps du partage
équitable et équilibré est vraiment terminé dans ce pays. D’où, rien ne dit que
le vainqueur des élections obéira à Louis Michel, avocat des mauvaises causes et
qu’il acceptera de former un gouvernement d’union nationale qui revêtirait
encore les couleurs de l’Accord Global et Inclusif surtout s’il a la majorité
absolue au Parlement. Sinon la démocratie sera vidée de tout son sens en RDC.
Donc, au cas où le vainqueur a les coudées franches et qu’il choisit d’agir à sa
guise, tous les autres bénéficiaires de l’Accord Global et Inclusif perdraient
les avantages acquis. Pour eux, à quoi auraient servi les élections si c’était
pour aliéner le patrimoine durement négocié et qu’ils n’ont pas obtenu par les
armes ? En plus, par le temps ; qui court, auraient-ils encore les facilités de
faire la guerre et avec quel soutien extérieur ? Ensuite, les listes bloquées
prédestinaient le RCD à devenir l’un des grands partenaires politiques en RDC.
Ainsi, il allait peser de tout son poids dans la composition du gouvernement
d’Union Nationale. Dans la me sure où l’objectif affiché par les Américains,
les Britanniques, les Rwandais, les Ougandais et les Burundais est que le Congo
ne se réorganise pas pour prouver l’incapacité des Bantu à gérer ce pays pour le
bien de tous afin de justifier sa partition, il n’est pas étonnant que dans
ce Gouvernement d’Union Nationale, le RCD n’aurait pas exigé soit la Primature,
soit les ministères de la Défense ou de l’Intérieur ou même des Affaires
Etrangères. Pendant la Transition, n’a-t-il pas opté pour la Vice-présidence
chargée de la Politique, Défense et Sécurité ? Si ce poste était occupé par
quelqu’un du PPRD ou du MLC, je suis certain que les problèmes de l’est seraient
résolus même à moitié. La confusion qui règne aussi bien pour le brassage des
troupes que pour les massacres des civiles au Nord-Kivu, au sud et en Ituri est
le fait de ceux qui ont géré cette partie du pays de connivence avec le Rwanda,
le Burundi et l’Ouganda. Ca fait partie de la gestion actuelle de leur
implication dans la crise congolaise. Enfin, cette modalité aurait fait du
président de ce parti le leader tout puissant et inamovible. Comme dans des
sociétés gérontocratiques, il distribuerait selon son bon vouloir et ses
préférences ce que les autres auraient glané au nom du parti. Mais le rejet de
ces listes va montrer les limites du RCD : une coquille vide qui s’est imposé
grâce aux armes et aux multiples manigances, et incapable de confirmer et de
protéger par les urnes tout ce que le hasard de l’histoire lui a fait acquérir.
Comme quoi l’imposture finit toujours par montrer ses limites. Le seul exercice
dans lequel ses membres excellent c’est l’art de la guerre ; peut-être qu’ils
sont en train de réchauffer les fronts. Dans un entretien sur RFI le lundi 27
février dernier, le Président de ce parti n’a-t-il pas déclaré que toutes les
options restaient ouvertes ?< /STRONG> Mais comme à l’accoutumée, ce parti veut
rendre ceux qui ont refusé de le suivre sur le chemin des listes bloquées ou de
Minembwe responsables de ce qu’ils vont provoquer. Si vous ne nous donnez pas
Minembwe, vous fuirez le Kivu. Ceux des congolais qui avaient suivi les débats
des deux chambres réunies sur la loi électorale le 21 février passé au Palais du
Peuple ont entendu cette phrase. Quelle importance revêt Minembwe pour le RCD,
en particulier pour son aile rwandophone ? Est-ce parce que c’est là où serait
né le président de ce parti ? Savimbi a animé une rébellion en Angola, il n’a
jamais créé d’entités. Au Mozambique, il n’y a jamais eu querelle au sujet
d’entités. En Côte d’Ivoire, Guillaume Sorro est à la tête d’une rébellion,
a-t-il procédé à des découpages territoriales ? Mais pourquoi veut-on tout
bazarder à cause de Minembwe ou Bunyakiri ? Listes bloquées, Minembwe, Bunyakiri...
démontrent clairement que ce n’est pas pour l’obtention de la nationalité par
les Banyamulenge que le Congo a été agressé en 1996 et en 1998 avec à la clé
plus de quatre millions de morts sans compter d’autres exactions et l autres
violations des Droits de l’Homme. Minembwe est une étape sur une route qui aura
tout son sens après 2010-11. De Bisengimana à mai 1997, la diaspora rwandaise et
les réfugiés rwandais au Congo ont mis plus de vingt ans pour concevoir, mûrir
et exécuter le plan qui a emporté d’abord Mobutu le 17 mai 1997. Même la guerre
de 1994 au Rwanda et ses conséquences n’étaient pas un fait de hasard. Le FPR
savait qu’en cas de coup de force contre le régime Habyarimana, leurs ennemis
fuiraient vers le Kivu. Des choses qui se racontent sur Minembwe.
Le
RCD tient à ce site pour plusieurs raisons.
Non
seulement parce qu’il y habiterait plus d’une trentaine de Nyamulenge, qui selon
M. Nyarugabo, ont droit à un député au Parlement mais aussi parce qu’il
existerait un projet de près d’un milliard de dollars américains destinés à la
construction d’une Université chargée de former les cadres et autres dirigeants
futurs de la RDC. Ceux qui en veulent au pays sont convaincus qu’avec ce qui
s’est passé depuis 1996, les Rwandophones risquent de ne pas être bien vus
ailleurs dans d’autres Établissements Scolaires et Universitaires. Dans sont
convaincus aussi que ce n’est pas demain que les Congolais se décideront à
réorganiser le secteur de l’éducation, base de tout développement pour un pays.
Ce projet ne daterait pas d’aujourd’hui, il se confondrait avec les préparatifs
de l’invasion de 1996 et fait partie des objectifs à terme de cette agression.
Il ne serait pas inconnu d’un diplomate très en vue et très actif dans notre
gays car il était déjà ici au lendemain de la victoire de l’AFDL. Mais ce n’est
pas tout. Le RCD veut voir les habitants de Minembwe être représentés par un
député mais de qui peut-il s’agir. En rejetant les listes bloquées, le Parlement
n’a pas permis au RCD d’agir ’dans le sens des intérêts que j’ai évoqués.
Ci-dessus. En rejetant aussi la requête de faire de 1 +4 des sénateurs à vie, on
leur a refusé une immunité qui aura tout son sens dans la bataille que le
Tribunal Internationale va engager contre tous ceux qui ont commis des crimes en
RDC pendant ces s ix ans de guerre. Quatre millions de morts dans une guerre,
même si jusque-là on ne parle pas de génocide ne peut être passé sous silence
par les défenseurs de Droits de l’Homme. Alors, il faut des circonscriptions
électorales où les ténors du RCD peuvent sûrs d’être élus qui comme sénateur,
qui comme député afin de bénéficier de l’immunité parlementaire qu’on pourrait
opposer aux juges, le temps de consulter l’Union américaine pour voir si ...
C’est à la mode ce dernier temps en Afrique. Mais il y a encore ceci.
A suivre
| |

Le Roi Leopold II - Genocide au Congo
|