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RDCongo: Kabila se pose en garant de la Constitution et tient un discours de fermeté

KINSHASA (AFP) - 26/03/2007 20h53

Le président de République démocratique du Congo (RDC) Joseph Kabila a pleinement justifié lundi l'emploi de la force armée contre la garde rapprochée de l'ex-vice-président Jean-Pierre Bemba la semaine dernière à Kinshasa, où "il fallait à tout prix rétablir l'ordre".

Le jeune chef de l'Etat (35 ans), arrivé au pouvoir en 2001 après l'assassinat de son père, le président Laurent-Désiré Kabila, et élu en octobre 2006, s'est posé en garant de la Constitution et a démenti toute intention d'"instituer un parti unique" en RDC.

L'ex-chef rebelle Jean-Pierre Bemba à Kinshasa, le 26 octobre 2006

Face à "une milice qui avait pour objectif de s'en prendre aux sièges des institutions, qui avait pour but de contrôler la capitale", "il fallait à tout prix rétablir l'ordre", a affirmé M. Kabila au cours d'une conférence de presse au palais présidentiel à Kinshasa.

"Le problème n'était pas politique, le problème était militaire et sécuritaire. (...) Ce n'est pas par la négociation qu'on assure la sécurité", a-t-il martelé, alors que l'ONU et plusieurs puissances avaient appelé à la reprise du dialogue pour dénouer cette crise.

Selon un dernier bilan établi lundi par l'ONG Caritas, 155 personnes ont été tuées et 150 grièvement blessées lors d'affrontements les 22 et 23 mars entre l'armée régulière et la garde rapprochée du sénateur Bemba, qui refusait de voir ses hommes intégrer l'armée nationale en estimant ne pas avoir de garanties pour sa sécurité.

Ses hommes ont été défaits par l'armée et lui-même est hébergé depuis le 22 mars par l'ambassade d'Afrique du Sud. Le gouvernement accuse l'adversaire malheureux de M. Kabila à la présidentielle de 2006 de "haute trahison" et a annoncé le 23 mars l'engagement de poursuites contre lui pour "entretien de milice".

"Il y a quelqu'un (M. Bemba) qui a essayé de se mettre au dessus de la loi (...) et la loi vient de le remettre à sa place", a-t-il souligné, rappelant que ses gardes avaient reçu un "ultimatum" de l'état-major général des Forces armées de RDC pour regagner les camps militaires à partir du 15 mars.

Le président a refusé de se prononcer sur le sort de M. Bemba, alors qu'une "procédure judiciaire" a été engagée.

De son côté, l'ancien vice-président s'est dit prêt lundi à partir en exil s'il n'avait pas de "garantie" sécuritaire et a accusé M. Kabila de vouloir se "débarrasser" de lui dans un entretien au quotidien Le Monde.

Lundi soir, son parti, le Mouvement de libération du Congo (MLC) a condamné dans un communiqué "les menaces en tout genre qui pèse sur son président national" et considéré qu'il était "nécessaire et urgent qu'une solution politique soit trouvée à la crise pour préserver le processus de démocratisation encore fragile dans (le) pays".

M. Bemba se trouvait toujours lundi soir dans une résidence de l'ambassade sud-africaine, selon des sources diplomatiques.

Le MLC a regretté que "le recours à la violence ait prévalu sur la culture du dialogue franc et constructif" et réaffirmé son engagement à oeuvrer dans le cadre d'"une opposition forte et républicaine".

Interrogé sur le sort des élus du MLC dont certains ont affirmé à l'AFP avoir été victimes de menaces, le président Kabila s'est voulu rassurant.

"La Constitution sera respectée. Les députés (du MLC) peuvent être tout à fait à l'aise", a-t-il dit, tout en reconnaissant "des dérapages ici et là".

"Je serai la dernière personne à violer la Constitution. Instituer un parti unique relève de la haute trahison", a-t-il ajouté.

Toutefois, certains journaux de Kinshasa ont fait part de leurs inquiétudes pour le processus démocratique en RDC, à l'instar du Potentiel (proche de l'opposition) qui titrait lundi: "la démocratie au bout des canons".

© 2007 AFP


Kabila: "il fallait à tout prix rétablir l'ordre" à Kinshasa

AFP

26 mar. 07 - 15h45

KINSHASA, 26 mars 2007 (AFP) - Le président de République démocratique du Congo (RDC) Joseph Kabila a pleinement justifié lundi l'emploi de la force armée contre la garde rapprochée de l'ex-vice-président Jean-Pierre Bemba la semaine dernière à Kinshasa, où "il fallait à tout prix rétablir l'ordre".

Face à "une milice qui avait pour objectif de s'en prendre aux sièges des institutions, qui avait pour but de contrôler la capitale", "il fallait à tout prix rétablir l'ordre, dans les plus brefs délais", a affirmé le chef de l'Etat au cours d'une conférence de presse au palais présidentiel à Kinshasa.

"Le problème n'était pas politique, le problème était militaire et sécuritaire. (...) Ce n'est pas par la négociation qu'on assure la sécurité", a-t-il martelé, alors que l'ONU et plusieurs puissances avaient appelé à la reprise du dialogue pour dénouer cette crise.

"On devait remettre de l'ordre vite et c'est ce que nous avons fait", a-t-il insisté.

Près de 120 personnes ont été tuées lors d'affrontements jeudi et vendredi entre l'armée régulière et la garde rapprochée du sénateur Bemba, qui refusait de voir ses hommes intégrer l'armée nationale en estimant ne pas avoir de garanties pour sa sécurité.

Ses hommes ont été très largement défaits par l'armée et lui-même est hébergé depuis jeudi par l'ambassade d'Afrique du Sud. Le gouvernement accuse l'adversaire malheureux de M. Kabila à la présidentielle de 2006 de "haute trahison" et a annoncé vendredi l'engagement de poursuites contre lui pour "entretien de milice".

Évoquant les violences postélectorales entre forces de l'ordre et troupes de M. Bemba en août et en novembre à Kinshasa, le président a justifié le choix du dialogue privilégié à l'époque.

"L'objectif était d'amener le pays aux élections. Si on avait pris des mesures (contre M. Bemba et ses hommes) à l'époque, on nous aurait accusé de vouloir empêcher les élections. Maintenant que c'est chose faite (les élections), personne n'est au dessus des lois, à commencer par le président", a-t-il dit.

"Il y a quelqu'un (M. Bemba) qui a essayé de se mettre au dessus de la loi (...). C'était totalement inadmissible (...) et la loi vient de le remettre à sa place", a-t-il souligné, rappelant que ses hommes avaient reçu un "ultimatum" de l'état-major général des Forces armées de RDC pour regagner les camps militaires à partir du 15 mars.

Le président a refusé de se prononcer sur le sort de M. Bemba lui-même, alors qu'une "procédure judiciaire" a été engagée

J. Kabila à la presse ce jeudi 26 mars 2007 : le point sur toutes les affaires nationales sans restriction aucune

Kinshasa, 26/03/2007 / Politique

Ce jeudi matin 26 mars 2007, le Président J. Kabila a réuni autour de lui une cinquantaine de journalistes nationaux et étrangers avec lesquels il a fait un tour d'horizons exhaustif de toutes les questions de brûlante actualité nationale.

Autant on a vu samedi 24 mars dernier un Joseph Kabila soucieux accueillant Mme Brigitte Girardin ; la ministre française de la Coopération, autant les membres de la presse nationale et étrangère qu'il a conviés à aborder avec lui l'ensemble de la situation prévalant en République démocratique du Congo ont trouvé leur hôte du jour arborant un sourire amusé, mais utilisant des gestes manuels significatifs pour marteler ses propos. Il est vrai que, entre samedi 24 et lundi 26 mars 2007 ; beaucoup d'eau a coulé sur le fleuve, et que le climat politique a repris sa sérénité depuis que les éléments de la milice de l'ancien vice-président de la République Jean-Pierre Bemba ont évacué le plancher de ,la manière forte par les troupes loyalistes épaulés par les éléments de la Garde présidentielle qui, ont fait montre d'une efficacité au combat dont on leur connaissait pas jusque-là.

Détendu au possible, le Président de la République s'est voulu le plus franc et le plus explicite possible dans les réponses aux questions concernant, entre autres, les derniers événements relatifs aux affrontements qui ont opposé dans la capitale la milice de Jean-Pierre Bemba aux éléments des Forces armées de la République démocratique du Congo ; l'affaire dite de Kahemba qui créée un différend frontalier entre la Rdc et l'Angola ; son bilan de trois mois à la tête de la première législature de la Troisième République ; le déficit de communication dont on l'accuse face à certains événements qui surgissent dans le pays ; les avantages accordés  aux anciens vice-présidents de la République ; l'absence de signaux forts pour marquer effectivement le démarrage de ses  5 chantiers annoncés dans son discours d'investiture du 6 décembre 2006 ; les événements sanglants survenus dans le Bas-Congo fin février début mars 2006 : l'intervention présumée des troupes étrangères dans les affrontements du week-end dernier à Kinshasa ; le cas Nkundabatware dont a annoncé l'acceptation du processus de brassage et de mixage, et enfin l'ambition que nourrit le gouvernement de la République quant aux objectifs qui lui seront assignés.

A toutes les questions posées sur chacune de ces affaires, Joseph Kabila a fait montre d'une assurance  admirable et d'une pertinence surprenante dans ses propos. Il a tellement épaté ses interlocuteurs qu'il les a avertis d'entrée de jeu qu'ils se trouvent présentement en présence d'« un autre Président Kabila que celui qu'ils ont connu avant les élections ». Une précision qu'il a voulue utile à l'adresse de ses hôtes, sans doute pour exprimer à ces derniers  sa détermination à s'arc-bouter dorénavant aux sacro-saints principes de la séparation des pouvoirs telle qu'édictée par la pratique démocratique.

Les derniers affrontements armés du week-end dernier avec à la clé la débandade de la milice de JP Bemba et sa fuite dans une ambassade.

A la question d'ouverture de cet entretien qui a duré une heure et demie de temps et qui tendait à savoir s'il partage le point de vue de ceux qui pensent que la déconfiture militaire de Jean-Pierre Bemba préfigure son effacement programmé dans l'espace politique national, dans la mesure où le gouvernement rejette l'appel du leader du MLC pour des négociations politiques pour résoudre la crise actuelle, alors qui par le passé il n'a jamais tourné le dos au dialogue, Joseph Kabila a répondu qu'il ne faut pas voir dans cette attitude un quelconque revirement de sa part , c'est-à-dire une occasion toute faite d'écraser son adversaire. «Vous devrez savoir, a-t-il dit, que si depuis la fin de la transition le Congo a tourné une page de son histoire d'une façon définitive, cette page c'est celle de l'impunité, du désordre et de la confusion. Maintenant ; a-t-il renchéri, les institutions démocratiques élues doivent se mettre au travail. Par conséquent, tous ceux qu'ils peuvent empêcher ces institutions de travailler pour le bien du peuple congolais doivent déchanter ». Une réponse non biaisée qui renvoie à « Finie la récréation » !

Pour Joseph Kabila, la déroute de la milice de Jean-Pierre Bemba n'est ni plus ni moins que la volonté manifeste de l'une des institutions démocratiquement élue de « mettre une fois pour toutes fin à la situation d'insécurité qui a prévalu dans la commune de la Gombe depuis quelques temps », et qui a voulu faire la démonstration que dans ce pays il existait deux armées dont l'une répondait aux ordres des Jean-Pierre Bemba. Inadmissible en ces temps où le pouvoir vient des urnes, ce que l'ancien vice-président a du mal à admettre depuis sa défaite électorale. «Aujourd'hui, c'est chose faite, a dit l'orateur du jour. Tout cela appartient au passé ! »

En tous les cas, le Chef de l'Etat a dégagé ses responsabilités sur l'ouverture de l'action judiciaire en voie d'être entamée à charge de l'ancien vice-président de la République qui a nargué les lois de la République et usé de toutes sortes de conduites répréhensibles pour le souiller, lui, le Président de la République, et le chef d'État-major général des Fardc.  « Si le Président de la transition que j'ai été avant les élections a privilégié la voie du consensus comme règlement des différends politiques, aujourd'hui vous avec face de vous un Président élu, garant de la Constitution. Comme tel, je dois assurer ka sécurité des 60 millions de Congolais. Les négociations n'ont plus de place en RDC, et force est désormais à la loi ».

Au journaliste qui demandait à savoir à cet effet si la magistrature avait les coudées franches pour assumer ses responsabilités, le Président Kabila a répondu que le gouvernement s'attelle à envoyer à l'Assemblée nationale ceux des textes inhérents à son fonctionnement.

S'agissant des avantages accordés aux anciens vice-présidents de la République fin mandat après la transition et que d'aucuns estiment que ces avantages sont excessifs, le Chef de l'Etat a justifié la prise de cette décision dans un souci de mettre ces anciens hauts dignitaires de la République à l'abri du besoin. « N'oubliez pas que c'est la première fois dans notre histoire que nous avons eu des vice-présidents de République dans notre pays, et, de ce fait a-t-il encore ajouté, je me suis senti obligé de leur assurer certaines commodités de la vie ». Pour Joseph Kabila donc, assurer la sécurité de ses anciens collaborateurs de l'espace présidentiel pendant la transition avec 12 policiers, leur accorder un logement décent, assurer des soins médicaux à l'étranger pour eux et pour les membres de leurs familles à l'étranger et enfin leur permettre de voyager une fois l'an n'est ni excessif, ni superfétatoire. D'autant plus que, a-t-il souligné comme pour relativiser cette critique, ces avantages ont une limite dans le temps, « puisqu'ils prennent fin avec la fin de cette première législature en cours».

Pourquoi ne communiquez-vous pas souvent Monsieur le Président, alors que votre adversaire principal fait dans l'intoxication pour déstabiliser les nouvelles institutions issues des urnes ? »

Réponse du berger à la bergère : «  C'est vrai que l'on accuse de ne pas communiquer assez. Mais vous n'êtes pas sans savoir que depuis quelques temps, nos politiciens utilisent les rumeurs et l'intoxication comme des armes de combat politique. Je ne peux pas les suivre dans cette voie abjecte-là. C'est trop bas et c'est ridicule» !

Ridicules également ceux de ses accusateurs qui ne se gênent pas de répandre que l'on a vendu une partie de la République, a clamé le Chef de l'Etat qui a fait remarquer que Kahemba est à 100 Km de la frontière, sans qu'aucun de ces gens ne spécifient clairement qui a vendu, ni ne disent pour combien a été vendu ce qui aurait été prétendument vendu.

A cet effet, Joseph Kabila a tenu à faire comprendre à ses hôtes que son pays est un Etat moderne qui partage des frontières communes avec neufs pays voisins.

Et d'expliquer par la suite que des mécanismes ont été mis en marche pour qu'ensemble, avec nos voisins, nous puissions régler les problèmes qui se poseraient à nos frontières : ce sont les grandes commissions mixtes ; Celles-ci sont le cadre par excellence pour résoudre nos différends, comme celui frontalier qui nous oppose à l'Angola. Plus explicite, il a ajouté que pour le moment, « nous attendons le retour de l'équipe des experts et de la mission d'enquête parlementaire qui a été envoyé sur lez terrain afin d'identifier la borne 21 et déterminer effectivement si ce sont nos amis Angolais qui sont entrés chez nous, ou si c'est la population congolaise qui a traversé la frontière par mégarde et s'est installée de l'autre côté de la frontière ».

Ainsi donc, pour le Président Joseph Kabila, il ne voit aucune nécessité de rechercher le règlement de cette affaire dans la précipitation. « Si on n'arrive pas à trouver une solution à l'amiable, d'autres mécanismes existent, a-t-il fait remarquer avant d'ajouter que le recours aux bons offices de l'Union africaine et des Nations Unies seraient entre autres les derniers mécanismes qui pourraient nous remettre dans nos droits le cas échéant ». A ce propos, il a invité le peuple congolais à « bannir à jamais cette culture de mensonge, de rumeurs et d'intoxication : elle n'a pour tout objectif que de soulever inutilement la  population » !

La question du bilan de ses 100 jours à la tête du pays pendant la première législature de la Troisième République a retenu toute son attention. A ceux qui lui font reproche de n'avoir donné aucun signal fort, Joseph Kabila a répondu qu'il doit être jugé sur les cinq qu'il aura à diriger le pays et non sur les 100 premiers jours de son mandat. Toutefois, il renvoie aux mois qui viennent. Les premières manifestation palpables relatifs aux 5 chantiers dont il a annoncé la réalisation le 6 décembre 2006. Il faudra attendre au préalable de l'Assemblée nationale qu'elle débatte de la loi budgétaire qui donnera au gouvernement de disposer des moyens de sa politique/ Et d'inviter la population à la patience.

Joseph Kabila a également tenu à faire remarquer s'agissant des 5 chantiers, que « dans ce pays tout est à faire, et les 5 chantiers font partie du programme gouvernemental. Il sera exécuté comme l'a promis le Premier ministre ».

A une question en rapport avec les derniers événements survenus dans la capitale, le Chef de l'Etat a présenté ses condoléances et celles du gouvernement, et il a promis une assistance aux blessés. Et selon le chef de l'Etat, son gouvernement établira le bilan des pertes matérielles avant de venir en aide aux personnes qui ont subi des dommages matériels.

Où est Jean-Pierre Bemba ? « Je ne sais pas », a répondu Joseph Kabila à cette question. L'ironie de la réponse n'a d'égal que les provocations incessantes du leader du MLC qui fait aujourd'hui les frais de son insolence et de son outrecuidance répétées.

Le Président Joseph Kabila a saisi l'occasion pour énumérer le nombre de fois que JP Bemba s'est permis de  révéler ses turpitudes contre les bonnes convenances sociales et politiques : d'abord en juillet 2006 ; puis au mois d'août 2007, avant lze premier tour de l(élection présidentielle et entre les deux tours de cette élection ; ensuite au mois de novembre de la même année, et enfin les 21, 22 et 23 mars 2007. « Et c'est tours lui, Jean-Pierre Bemba qui a nargué la loi à toutes ces occasions », a fait remarquer le Chef de l'Etat.

« Si en 2006 je l'avais laissé faire, c'est parce que je ne voulais pas lui donner l'occasion de faire capoter les élections. Mais maintenant que les élections se sont tenues et que les nouvelles institutions ont marqué la fin du processus de transition, il s'imposait de lui faire remarque que force est à la loi ». « Si nous avons agi cette fois-ci, c'est pour rappeler à tout le monde que désormais nul ne peut se croire au-dessus de la loi », a encore martelé Joseph Kabila sans manifester le moindre état d'âme dans ses propos.

  Quant aux événements qui ont endeuillé le Bas-Congo fin février et début mars  de cette année, le Président de la République, qui a reconnu qu'au peuple Ne Kongo son caractère pacifique de son existence depuis la nuit des temps, Joseph Kabila a simplement dit que le moment est venu maintenant pour que les dirigeants de cette secte politico-religieuse choisisse entre la politique et la voie de l'évangile. Ou il devient un parti politique ou il reste une une église, mais il ne peut pas être les deux à la fois. Ce sera à prendre ou à laisser pour Bundu dia Kongo, qui est concerné dans cette affaire qui a fait couler le sang des filles et des fils de la province du Bas-Congo.

(A suivre)

Clément VIDIBIO/MMC


Au cours d'un point de presse tenu lundi 26 mars au palais de la nation

J. Kabila : le sort de Jean Pierre Bemba relève de la justice

Par  Le Potentiel

Les événements sanglants des 22 et 23 mars 2007 ont fait sortir le chef de l'Etat de son silence. C'était hier lundi au palais de la Nation devant la presse. Joseph Kabila est formel : « Le sort de Bemba n'est pas une question politique, il relève désormais de la justice et je n'en ai pas encore parlé avec le président Mbeki», a dit le chef de l' Etat, répondant aux questions des journalistes présents à ce point de presse. Donc, pas de négociation, ni de dialogue pour tous ceux qui, selon lui, veulent se mettre au-dessus de la loi.

C'est un Joseph Kabila ferme, martelant les mots pour souligner la gravité de la situation et la détermination à y mettre fin pour que règnent la paix et la sécurité ainsi que l'ordre public, qui s'est exprimé devant la presse nationale et internationale le lundi 26 mars 2007. C'est, en principe, sa première sortie médiatique depuis son investiture le 6 décembre 2006. D'entrée de jeu, le chef de l'Etat fixe ses interlocuteurs : « Le président Kabila que vous avez connu avant les élections n'est plus le même ».

En rapport avec les événements survenus à Kinshasa les 22 et 23 mars, le chef de l'Etat estime que l'intervention des éléments des Forces armées de la RDC a été dictée par des impératifs d'ordre sécuritaire. Il s'est agi, pour le président de la République – en sa qualité de garant de la Nation, de tout mettre en œuvre pour garantir la sécurité des 60 millions des Congolais.

Cela en commençant par mettre hors d'état de nuire les fauteurs de troubles. « Le Congo a tourné la page, et d'une façon définitive. La page, c'est l'impunité, le désordre, la confusion », précise Joseph Kabila sur un ton de fermeté.

Sur la même lancée, il rappelle en des termes clairs que « tous ceux qui pensent à Kinshasa, comme ailleurs, qu'ils peuvent empêcher les institutions de travailler doivent déchanter ».

Qui a tiré la première balle ? « Je ne m'étais pas déployé sur le terrain », répond Joseph Kabila qui dit faire confiance au rapport du chef d'Etat-major général des FARDC selon lequel c'est la garde de Jean-Pierre Bemba qui a lancé l'attaque en premier. Concernant l'autorisation de l'assaut de la garde rapprochée de l'ex-vice-président Jean-Pierre Bemba le chef de l'Etat tranche : « L'action avait comme but de mettre un terme une fois pour toute à une situation d'insécurité à Gombe, comme à Kinshasa. Aujourd'hui, c'est chose faite ».

A la question de savoir ce qu'il entendait faire de Jean-Pierre Bemba, le chef de l'Etat ne va pas par quatre chemins :« Le sort de Bemba n'est même pas une question d'ordre politique. Le dossier est désormais géré par la justice ». Joseph Kabila estime qu'il y a une dizaine de morts dans nos hôpitaux et que quelqu'un devrait bien en répondre. En même temps, il dit ignorer où pourrait se réfugier le sénateur Jean-Pierre Bemba. Mais souligne toutefois qu' il n' a pas encore parlé de ce problème avec le président Thabo Mbeki, certainement pour son rôle efficace joué dans la médiation de la crise congolaise.

Le chef de l'Etat est également péremptoire en ce qui concerne d'éventuelles négociations avec son challenger au deuxième tour de la présidentielle pour régler définitivement le différend qui les oppose. « Ce n'est pas par la négociation qu'on doit assurer la sécurité des 60 millions des Congolais. Cette fois-ci, il s'agit de faire appliquer la loi ». Et de s'interroger : « De quoi est-ce qu'on va négocier ? Avec qui ? Quel est son statut ? Chef de guerre ou politicien ? ».

Bien plus, il fait peu de cas de ce que peut en penser la communauté internationale : « Peu importe le point de vue de la Monuc, il fallait à tout prix rétablir l'ordre dans le plus bref délai ». Il a dit laisser libre cours au travail du procureur général de la République et à l'auditeur général de l'armée, à qui il revient le soin de boucler cette affaire.

KAHEMBA VENDU ? UNE STUPIDITE

Apparemment, le chef de l'Etat n'a pas digéré le fait qu'on l'ait accusé d'avoir vendu le territoire de Kahemba aux Angolais. Il a qualifié cela de culture d'intoxication et de mensonge qui s'est installée dans l'opinion congolaise. Et il s'en défend à cor et à cri. « C'est tout à fait ridicule .Qui a défendu ce pays plus que moi, aussi bien sur la ligne de front, dans les tranchées que sur le plan diplomatique et politique ? », a-t-il fait savoir avant de se demander à quel prix on pourrait vendre Kahemba.

Joseph Kabila a laissé entendre que le Congo est un Etat moderne et qu'il a mis en place des cadres permanents de concertation avec ses voisins. Il a rappelé le passage à Kinshasa de la délégation angolaise, la mission qu'effectue actuellement la commission d'enquête parlementaire à Kahemba dont l'objectif est d'identifier la borne 28 et savoir si les Angolais ont violé ou non le territoire congolais.

Il a fait savoir que seul le rapport de la commission d'enquête, à laquelle sont adjoints des experts de l'Institut géographique du Congo, pourra apporter la lumière attendue. Toutefois, il n'a pas exclu la possibilité de recourir à d'autres mécanismes pour arriver à des solutions pacifiques au cas où la controverse persisterait.

LE CAS NKUNDA ET LES MASSACRES DU BAS-CONGO

La question du statut du général déchu Laurent Nkunda a été également abordée par la presse. Le chef de l'Etat a affirmé que celui-ci ne faisait plus partie des FARDC et que le mixage concernait plus ses troupes qui devaient être identifiées avant d'être démobilisées ou brassées.

Quant à l'affaire Bas-Congo, Joseph Kabila a laissé entendre que le rapport d'enquête judiciaire était déjà apprêté et que le procureur général de la République a déposé auprès du bureau de l'Assemblée nationale une requête relative au retrait d'immunité à certains députés impliqués dans cette affaire. Parlant de Bundu dia Kongo, il a dit qu'il revient à cette secte ou parti politique de se déterminer. « Est- ce une secte ou un parti politique ? Ils doivent choisir », a précisé le chef de l'Etat. Il s'est refusé à tout commentaire sur l'arrestation de Me Landu, l'affaire étant pendante au tribunal..

Revenant sur le moratoire accordé par l'Assemblée nationale sur la question de double nationalité, Joseph Kabila s'est montré formel : la nationalité congolaise est une et exclusive. Quant au démarrage de ses cinq chantiers, il a donné rendez-vous vers la fin de l'année.


Kabila justifie l'emploi de la force armée contre la garde de Bemba

( 20 minutes 26/03/2007)

Le président de République démocratique du Congo (RDC) Joseph Kabila a pleinement justifié lundi l'emploi de la force armée contre la garde rapprochée de l'ex-vice-président Jean-Pierre Bemba la semaine dernière à Kinshasa, où "il fallait à tout prix rétablir l'ordre".
Face à "une milice qui avait pour objectif de s'en prendre aux sièges des institutions, qui avait pour but de contrôler la capitale", "il fallait à tout prix rétablir l'ordre, dans les plus brefs délais", a affirmé le chef de l'Etat au cours d'une conférence de presse au palais présidentiel à Kinshasa.

"Le problème n'était pas politique, le problème était militaire et sécuritaire. (...) Ce n'est pas par la négociation qu'on assure la sécurité", a-t-il martelé, alors que l'ONU et plusieurs puissances avaient appelé à la reprise du dialogue pour dénouer cette crise.

"On devait remettre de l'ordre vite et c'est ce que nous avons fait", a-t-il insisté.

Près de 120 personnes ont été tuées lors d'affrontements jeudi et vendredi entre l'armée régulière et la garde rapprochée du sénateur Bemba, qui refusait de voir ses hommes intégrer l'armée nationale en estimant ne pas avoir de garanties pour sa sécurité.

Ses hommes ont été très largement défaits par l'armée et lui-même est hébergé depuis jeudi par l'ambassade d'Afrique du Sud. Le gouvernement accuse l'adversaire malheureux de M. Kabila à la présidentielle de 2006 de "haute trahison" et a annoncé vendredi l'engagement de poursuites contre lui pour "entretien de milice".

Évoquant les violences postélectorales entre forces de l'ordre et troupes de M. Bemba en août et en novembre à Kinshasa, le président a justifié le choix du dialogue privilégié à l'époque.

"L'objectif était d'amener le pays aux élections. Si on avait pris des mesures (contre M. Bemba et ses hommes) à l'époque, on nous aurait accusé de vouloir empêcher les élections. Maintenant que c'est chose faite (les élections), personne n'est au dessus des lois, à commencer par le président", a-t-il dit.

"Il y a quelqu'un (M. Bemba) qui a essayé de se mettre au dessus de la loi (...). C'était totalement inadmissible (...) et la loi vient de le remettre à sa place", a-t-il souligné, rappelant que ses hommes avaient reçu un "ultimatum" de l'état-major général des Forces armées de RDC pour regagner les camps militaires à partir du 15 mars.

Le président a refusé de se prononcer sur le sort de M. Bemba lui-même, alors qu'une "procédure judiciaire" a été engagée.

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Kabila : « Il fallait rétablir l'ordre »

Le président de République démocratique du Congo (RDC) Joseph Kabila a pleinement justifié lundi l'emploi de la force armée contre la garde rapprochée de l'ex-vice-président Jean-Pierre Bemba la semaine dernière à Kinshasa, où "il fallait à tout prix rétablir l'ordre". Le jeune chef de l'Etat (35 ans), arrivé au pouvoir en 2001 après l'assassinat de son père, le président Laurent-Désiré Kabila, et élu en octobre 2006, s'est posé en garant de la Constitution et a démenti toute intention d'"instituer un parti unique" en RDC.

Face à "une milice qui avait pour objectif de s'en prendre aux sièges des institutions, qui avait pour but de contrôler la capitale", "il fallait à tout prix rétablir l'ordre", a affirmé M. Kabila au cours d'une conférence de presse au palais présidentiel à Kinshasa.

"Le problème n'était pas politique, le problème était militaire et sécuritaire. (...) Ce n'est pas par la négociation qu'on assure la sécurité", a-t-il martelé, alors que l'ONU et plusieurs puissances avaient appelé à la reprise du dialogue pour dénouer cette crise.

Près de 120 personnes ont été tuées lors d'affrontements les 22 et 23 mars entre l'armée régulière et la garde rapprochée du sénateur Bemba, qui refusait de voir ses hommes intégrer l'armée nationale en estimant ne pas avoir de garanties pour sa sécurité.

Ses hommes ont été défaits par l'armée et lui-même est hébergé depuis le 22 mars par l'ambassade d'Afrique du Sud. Le gouvernement accuse l'adversaire malheureux de M. Kabila à la présidentielle de 2006 de "haute trahison" et a annoncé le 23 mars l'engagement de poursuites contre lui pour "entretien de milice".

"Il y a quelqu'un (M. Bemba) qui a essayé de se mettre au dessus de la loi (...) et la loi vient de le remettre à sa place", a-t-il souligné, rappelant que ses gardes avaient reçu un "ultimatum" de l'état-major général des Forces armées de RDC pour regagner les camps militaires à partir du 15 mars.

Le président a refusé de se prononcer sur le sort de M. Bemba, alors qu'une "procédure judiciaire" a été engagée.

De son côté, l'ancien vice-président s'est dit prêt lundi à partir en exil s'il n'avait pas de "garantie" sécuritaire et a accusé M. Kabila de vouloir se "débarrasser" de lui dans un entretien au quotidien Le Monde.
"Nous sommes à un tournant de notre histoire, car si on continue de décapiter l'opposition, une nouvelle dictature se mettra en place", a-t-il affirmé.

M. Bemba se trouvait toujours lundi dans une résidence de l'ambassade sud-africaine et n'avait encore fait "aucune demande d'asile" à la mi-journée, selon des sources diplomatiques.

Interrogé sur le sort des élus de l'opposition membres du Mouvement de libération du Congo (MLC) de M. Bemba et dont certains ont affirmé avoir été victimes de menaces, le président Kabila s'est voulu rassurant.

"La Constitution sera respectée. Les députés (du MLC) peuvent être tout à fait à l'aise", a-t-il dit, tout en reconnaissant "des dérapages ici et là".

"Je serai la dernière personne à violer la Constitution. Instituer un parti unique relève de la haute trahison", a-t-il ajouté.

Toutefois, certains journaux de Kinshasa ont fait part de leurs inquiétudes pour le processus démocratique en RDC, à l'instar du Potentiel (proche de l'opposition) qui titrait lundi: "la démocratie au bout des canons".

Enfin, l'organisation locale de défense de la presse Journaliste en danger a dénoncé "les menaces voilées" du gouvernement, qui a appelé ce week-end à un "assainissement de l'espace médiatique" en RDC.

Publié le 26 mars 2007.


Kinshasa: Kabila qualifie de "ridicules" les rumeurs d'appui étranger à l'armée

AFP

26 mar. 07 - 20h37

KINSHASA, 26 mars 2007 (AFP) - Le président de République démocratique du Congo (RDC) Joseph Kabila a qualifié lundi de "ridicules" les "rumeurs" d'appui de forces étrangères à l'armée congolaise lors de violents combats contre la garde de l'ancien vice-président Jean-Pierre Bemba à Kinshasa la semaine dernière.

"C'est ridicule. Pourquoi faut-il qu'à chaque fois qu'une opération militaire réussit quelque part en RDC, il faudrait qu'il y ait des étrangers?", a déclaré le président au cours d'une conférence de presse à Kinshasa.

Samedi, le ministre congolais des Affaires étrangères, Antipas Mbusa Nyamwisi, avait déjà nié toute intervention "de troupes étrangères", alors que des témoins avaient indiqué à l'AFP avoir vu des militaires en uniforme angolais dans certains quartiers périphériques de la capitale pendant les affrontements.

Selon un dernier bilan établi lundi par l'ONG Caritas, ces violences ont fait 155 morts et 150 blessés graves les 22 et 23 mars.

Le sénateur Bemba refusait de voir sa garde rapprochée intégrer l'armée nationale en estimant ne pas avoir de garanties pour sa sécurité. Ses hommes ont été défaits par l'armée et lui-même est hébergé depuis le 22 mars par l'ambassade d'Afrique du Sud et il est accusé par le pouvoir de "haute trahison" pour "entretien de milice".

"Est-ce qu'il y a eu des étrangers en Ituri (nord-est) contre les miliciens? Est qu'il y a eu des étrangers au Katanga (sud-est) lorsque nous avons mis fin à ce phénomène des (miliciens tribaux) Maï-Maï? On voit des étrangers partout. C'est stupide et ridicule", a répété M. Kabila.

"Les forces armées de notre pays sont en pleine restructuration. Mais nous avons des unités capables de mener (à bien) des opérations sur toute l'étendue du territoire national", a-t-il assuré.

 

    
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