Le président de
République démocratique du Congo (RDC) Joseph
Kabila a pleinement justifié lundi l'emploi de
la force armée contre la garde rapprochée de
l'ex-vice-président Jean-Pierre Bemba la semaine
dernière à Kinshasa, où "il fallait à tout prix
rétablir l'ordre".
Le jeune chef de
l'Etat (35 ans), arrivé au pouvoir en 2001 après
l'assassinat de son père, le président
Laurent-Désiré Kabila, et élu en octobre 2006,
s'est posé en garant de la Constitution et a
démenti toute intention d'"instituer un parti
unique" en RDC.
L'ex-chef
rebelle Jean-Pierre Bemba à Kinshasa, le 26
octobre 2006
Face à "une
milice qui avait pour objectif de s'en prendre
aux sièges des institutions, qui avait pour but
de contrôler la capitale", "il fallait à tout
prix rétablir l'ordre", a affirmé M. Kabila au
cours d'une conférence de presse au palais
présidentiel à Kinshasa.
"Le problème
n'était pas politique, le problème était
militaire et sécuritaire. (...) Ce n'est pas par
la négociation qu'on assure la sécurité", a-t-il
martelé, alors que l'ONU et plusieurs puissances
avaient appelé à la reprise du dialogue pour
dénouer cette crise.
Selon un dernier
bilan établi lundi par l'ONG Caritas, 155
personnes ont été tuées et 150 grièvement
blessées lors d'affrontements les 22 et 23 mars
entre l'armée régulière et la garde rapprochée
du sénateur Bemba, qui refusait de voir ses
hommes intégrer l'armée nationale en estimant ne
pas avoir de garanties pour sa sécurité.
Ses hommes ont
été défaits par l'armée et lui-même est hébergé
depuis le 22 mars par l'ambassade d'Afrique du
Sud. Le gouvernement accuse l'adversaire
malheureux de M. Kabila à la présidentielle de
2006 de "haute trahison" et a annoncé le 23 mars
l'engagement de poursuites contre lui pour
"entretien de milice".
"Il y a
quelqu'un (M. Bemba) qui a essayé de se mettre
au dessus de la loi (...) et la loi vient de le
remettre à sa place", a-t-il souligné, rappelant
que ses gardes avaient reçu un "ultimatum" de
l'état-major général des Forces armées de RDC
pour regagner les camps militaires à partir du
15 mars.
De son côté,
l'ancien vice-président s'est dit prêt lundi à
partir en exil s'il n'avait pas de "garantie"
sécuritaire et a accusé M. Kabila de vouloir se
"débarrasser" de lui dans un entretien au
quotidien Le Monde.
Lundi soir, son
parti, le Mouvement de libération du Congo (MLC)
a condamné dans un communiqué "les menaces en
tout genre qui pèse sur son président national"
et considéré qu'il était "nécessaire et urgent
qu'une solution politique soit trouvée à la
crise pour préserver le processus de
démocratisation encore fragile dans (le) pays".
M. Bemba se
trouvait toujours lundi soir dans une résidence
de l'ambassade sud-africaine, selon des sources
diplomatiques.
Le MLC a
regretté que "le recours à la violence ait
prévalu sur la culture du dialogue franc et
constructif" et réaffirmé son engagement à
oeuvrer dans le cadre d'"une opposition forte et
républicaine".
Interrogé sur le
sort des élus du MLC dont certains ont affirmé à
l'AFP avoir été victimes de menaces, le
président Kabila s'est voulu rassurant.
"La Constitution
sera respectée. Les députés (du MLC) peuvent
être tout à fait à l'aise", a-t-il dit, tout en
reconnaissant "des dérapages ici et là".
"Je serai la
dernière personne à violer la Constitution.
Instituer un parti unique relève de la haute
trahison", a-t-il ajouté.
Toutefois,
certains journaux de Kinshasa ont fait part de
leurs inquiétudes pour le processus démocratique
en RDC, à l'instar du Potentiel (proche de
l'opposition) qui titrait lundi: "la démocratie
au bout des canons".
J. Kabila à la
presse ce jeudi 26 mars 2007 : le point sur
toutes les affaires nationales sans
restriction aucune
Kinshasa, 26/03/2007 /
Politique
Ce jeudi matin 26 mars
2007, le Président J. Kabila a réuni autour
de lui une cinquantaine de journalistes
nationaux et étrangers avec lesquels il a
fait un tour d'horizons exhaustif de toutes
les questions de brûlante actualité
nationale.
Autant on a vu samedi 24
mars dernier un Joseph Kabila soucieux
accueillant Mme Brigitte Girardin ; la
ministre française de la Coopération, autant
les membres de la presse nationale et
étrangère qu'il a conviés à aborder avec lui
l'ensemble de la situation prévalant en
République démocratique du Congo ont trouvé
leur hôte du jour arborant un sourire amusé,
mais utilisant des gestes manuels
significatifs pour marteler ses propos. Il
est vrai que, entre samedi 24 et lundi 26
mars 2007 ; beaucoup d'eau a coulé sur le
fleuve, et que le climat politique a repris
sa sérénité depuis que les éléments de la
milice de l'ancien vice-président de la
République Jean-Pierre Bemba ont évacué le
plancher de ,la manière forte par les
troupes loyalistes épaulés par les éléments
de la Garde présidentielle qui, ont fait
montre d'une efficacité au combat dont on
leur connaissait pas jusque-là.
Détendu au possible, le Président de la
République s'est voulu le plus franc et le
plus explicite possible dans les réponses
aux questions concernant, entre autres, les
derniers événements relatifs aux
affrontements qui ont opposé dans la
capitale la milice de Jean-Pierre Bemba aux
éléments des Forces armées de la République
démocratique du Congo ; l'affaire dite de
Kahemba qui créée un différend frontalier
entre la Rdc et l'Angola ; son bilan de
trois mois à la tête de la première
législature de la Troisième République ; le
déficit de communication dont on l'accuse
face à certains événements qui surgissent
dans le pays ; les avantages accordés aux
anciens vice-présidents de la République ;
l'absence de signaux forts pour marquer
effectivement le démarrage de ses 5
chantiers annoncés dans son discours
d'investiture du 6 décembre 2006 ; les
événements sanglants survenus dans le
Bas-Congo fin février début mars 2006 :
l'intervention présumée des troupes
étrangères dans les affrontements du
week-end dernier à Kinshasa ; le cas
Nkundabatware dont a annoncé l'acceptation
du processus de brassage et de mixage, et
enfin l'ambition que nourrit le gouvernement
de la République quant aux objectifs qui lui
seront assignés.
A toutes les questions posées sur chacune de
ces affaires, Joseph Kabila a fait montre
d'une assurance admirable et d'une
pertinence surprenante dans ses propos. Il a
tellement épaté ses interlocuteurs qu'il les
a avertis d'entrée de jeu qu'ils se trouvent
présentement en présence d'« un autre
Président Kabila que celui qu'ils ont connu
avant les élections ». Une précision qu'il a
voulue utile à l'adresse de ses hôtes, sans
doute pour exprimer à ces derniers sa
détermination à s'arc-bouter dorénavant aux
sacro-saints principes de la séparation des
pouvoirs telle qu'édictée par la pratique
démocratique.
Les derniers affrontements armés du
week-end dernier avec à la clé la débandade
de la milice de JP Bemba et sa fuite dans
une ambassade.
A la question d'ouverture
de cet entretien qui a duré une heure et
demie de temps et qui tendait à savoir s'il
partage le point de vue de ceux qui pensent
que la déconfiture militaire de Jean-Pierre
Bemba préfigure son effacement programmé
dans l'espace politique national, dans la
mesure où le gouvernement rejette l'appel du
leader du MLC pour des négociations
politiques pour résoudre la crise actuelle,
alors qui par le passé il n'a jamais tourné
le dos au dialogue, Joseph Kabila a répondu
qu'il ne faut pas voir dans cette attitude
un quelconque revirement de sa part ,
c'est-à-dire une occasion toute faite
d'écraser son adversaire. «Vous devrez
savoir, a-t-il dit, que si depuis la fin de
la transition le Congo a tourné une page de
son histoire d'une façon définitive, cette
page c'est celle de l'impunité, du désordre
et de la confusion. Maintenant ; a-t-il
renchéri, les institutions démocratiques
élues doivent se mettre au travail. Par
conséquent, tous ceux qu'ils peuvent
empêcher ces institutions de travailler pour
le bien du peuple congolais doivent
déchanter ». Une réponse non biaisée qui
renvoie à « Finie la récréation » !
Pour Joseph Kabila, la déroute de la milice
de Jean-Pierre Bemba n'est ni plus ni moins
que la volonté manifeste de l'une des
institutions démocratiquement élue de
« mettre une fois pour toutes fin à la
situation d'insécurité qui a prévalu dans la
commune de la Gombe depuis quelques temps »,
et qui a voulu faire la démonstration que
dans ce pays il existait deux armées dont
l'une répondait aux ordres des Jean-Pierre
Bemba. Inadmissible en ces temps où le
pouvoir vient des urnes, ce que l'ancien
vice-président a du mal à admettre depuis sa
défaite électorale. «Aujourd'hui, c'est
chose faite, a dit l'orateur du jour. Tout
cela appartient au passé ! »
En tous les cas, le Chef de l'Etat a dégagé
ses responsabilités sur l'ouverture de
l'action judiciaire en voie d'être entamée à
charge de l'ancien vice-président de la
République qui a nargué les lois de la
République et usé de toutes sortes de
conduites répréhensibles pour le souiller,
lui, le Président de la République, et le
chef d'État-major général des Fardc. « Si
le Président de la transition que j'ai été
avant les élections a privilégié la voie du
consensus comme règlement des différends
politiques, aujourd'hui vous avec face de
vous un Président élu, garant de la
Constitution. Comme tel, je dois assurer ka
sécurité des 60 millions de Congolais. Les
négociations n'ont plus de place en RDC, et
force est désormais à la loi ».
Au journaliste qui demandait à savoir à cet
effet si la magistrature avait les coudées
franches pour assumer ses responsabilités,
le Président Kabila a répondu que le
gouvernement s'attelle à envoyer à
l'Assemblée nationale ceux des textes
inhérents à son fonctionnement.
S'agissant des avantages
accordés aux anciens vice-présidents de la
République fin mandat après la transition et
que d'aucuns estiment que ces avantages sont
excessifs, le Chef de l'Etat a justifié la
prise de cette décision dans un souci de
mettre ces anciens hauts dignitaires de la
République à l'abri du besoin. « N'oubliez
pas que c'est la première fois dans notre
histoire que nous avons eu des
vice-présidents de République dans notre
pays, et, de ce fait a-t-il encore ajouté,
je me suis senti obligé de leur assurer
certaines commodités de la vie ». Pour
Joseph Kabila donc, assurer la sécurité de
ses anciens collaborateurs de l'espace
présidentiel pendant la transition avec 12
policiers, leur accorder un logement décent,
assurer des soins médicaux à l'étranger pour
eux et pour les membres de leurs familles à
l'étranger et enfin leur permettre de
voyager une fois l'an n'est ni excessif, ni
superfétatoire. D'autant plus que, a-t-il
souligné comme pour relativiser cette
critique, ces avantages ont une limite dans
le temps, « puisqu'ils prennent fin avec la
fin de cette première législature en cours».
Pourquoi ne communiquez-vous pas
souvent Monsieur le Président, alors
que votre adversaire principal fait dans
l'intoxication pour déstabiliser les
nouvelles institutions issues des urnes ? »
Réponse du berger à la bergère : « C'est
vrai que l'on accuse de ne pas communiquer
assez. Mais vous n'êtes pas sans savoir que
depuis quelques temps, nos politiciens
utilisent les rumeurs et l'intoxication
comme des armes de combat politique. Je ne
peux pas les suivre dans cette voie
abjecte-là. C'est trop bas et c'est
ridicule» !
Ridicules également ceux de ses accusateurs
qui ne se gênent pas de répandre que l'on a
vendu une partie de la République, a clamé
le Chef de l'Etat qui a fait remarquer que
Kahemba est à 100 Km de la frontière, sans
qu'aucun de ces gens ne spécifient
clairement qui a vendu, ni ne disent pour
combien a été vendu ce qui aurait été
prétendument vendu.
A cet effet, Joseph Kabila a tenu à faire
comprendre à ses hôtes que son pays est un
Etat moderne qui partage des frontières
communes avec neufs pays voisins.
Et d'expliquer par la suite que des
mécanismes ont été mis en marche pour
qu'ensemble, avec nos voisins, nous
puissions régler les problèmes qui se
poseraient à nos frontières : ce sont les
grandes commissions mixtes ; Celles-ci sont
le cadre par excellence pour résoudre nos
différends, comme celui frontalier qui nous
oppose à l'Angola. Plus explicite, il a
ajouté que pour le moment, « nous attendons
le retour de l'équipe des experts et de la
mission d'enquête parlementaire qui a été
envoyé sur lez terrain afin d'identifier la
borne 21 et déterminer effectivement si ce
sont nos amis Angolais qui sont entrés chez
nous, ou si c'est la population congolaise
qui a traversé la frontière par mégarde et
s'est installée de l'autre côté de la
frontière ».
Ainsi donc, pour le Président Joseph Kabila,
il ne voit aucune nécessité de rechercher le
règlement de cette affaire dans la
précipitation. « Si on n'arrive pas à
trouver une solution à l'amiable, d'autres
mécanismes existent, a-t-il fait remarquer
avant d'ajouter que le recours aux bons
offices de l'Union africaine et des Nations
Unies seraient entre autres les derniers
mécanismes qui pourraient nous remettre dans
nos droits le cas échéant ». A ce propos, il
a invité le peuple congolais à « bannir à
jamais cette culture de mensonge, de rumeurs
et d'intoxication : elle n'a pour tout
objectif que de soulever inutilement la
population » !
La question du
bilan de ses 100 jours à la tête du pays
pendant la première législature de la
Troisième République a retenu toute son
attention. A ceux qui lui font reproche de
n'avoir donné aucun signal fort, Joseph
Kabila a répondu qu'il doit être jugé sur
les cinq qu'il aura à diriger le pays et non
sur les 100 premiers jours de son mandat.
Toutefois, il renvoie aux mois qui viennent.
Les premières manifestation palpables
relatifs aux 5 chantiers dont il a annoncé
la réalisation le 6 décembre 2006. Il faudra
attendre au préalable de l'Assemblée
nationale qu'elle débatte de la loi
budgétaire qui donnera au gouvernement de
disposer des moyens de sa politique/ Et
d'inviter la population à la patience.
Joseph Kabila a également tenu à faire
remarquer s'agissant des 5 chantiers, que
« dans ce pays tout est à faire, et les 5
chantiers font partie du programme
gouvernemental. Il sera exécuté comme l'a
promis le Premier ministre ».
A une question en rapport avec les derniers
événements survenus dans la capitale, le
Chef de l'Etat a présenté ses condoléances
et celles du gouvernement, et il a promis
une assistance aux blessés. Et selon le chef
de l'Etat, son gouvernement établira le
bilan des pertes matérielles avant de venir
en aide aux personnes qui ont subi des
dommages matériels.
Où est Jean-Pierre Bemba ? « Je ne sais
pas », a répondu Joseph Kabila à cette
question. L'ironie de la réponse n'a d'égal
que les provocations incessantes du leader
du MLC qui fait aujourd'hui les frais de son
insolence et de son outrecuidance répétées.
Le Président Joseph Kabila a saisi
l'occasion pour énumérer le nombre de fois
que JP Bemba s'est permis de révéler ses
turpitudes contre les bonnes convenances
sociales et politiques : d'abord en juillet
2006 ; puis au mois d'août 2007, avant lze
premier tour de l(élection présidentielle et
entre les deux tours de cette élection ;
ensuite au mois de novembre de la même
année, et enfin les 21, 22 et 23 mars 2007.
« Et c'est tours lui, Jean-Pierre Bemba qui
a nargué la loi à toutes ces occasions », a
fait remarquer le Chef de l'Etat.
« Si en 2006 je l'avais laissé faire, c'est
parce que je ne voulais pas lui donner
l'occasion de faire capoter les élections.
Mais maintenant que les élections se sont
tenues et que les nouvelles institutions ont
marqué la fin du processus de transition, il
s'imposait de lui faire remarque que force
est à la loi ». « Si nous avons agi cette
fois-ci, c'est pour rappeler à tout le monde
que désormais nul ne peut se croire
au-dessus de la loi », a encore martelé
Joseph Kabila sans manifester le moindre
état d'âme dans ses propos.
Quant aux événements qui ont endeuillé le
Bas-Congo fin février et début mars de
cette année, le Président de la République,
qui a reconnu qu'au peuple Ne Kongo son
caractère pacifique de son existence depuis
la nuit des temps, Joseph Kabila a
simplement dit que le moment est venu
maintenant pour que les dirigeants de cette
secte politico-religieuse choisisse entre la
politique et la voie de l'évangile. Ou il
devient un parti politique ou il reste une
une église, mais il ne peut pas être les
deux à la fois. Ce sera à prendre ou à
laisser pour Bundu dia Kongo, qui est
concerné dans cette affaire qui a fait
couler le sang des filles et des fils de la
province du Bas-Congo.
(A suivre)
Clément VIDIBIO/MMC
Au cours d'un
point de presse tenu lundi 26 mars au palais
de la nation
J. Kabila : le
sort de Jean Pierre Bemba relève de la
justice
Par Le Potentiel
Les
événements sanglants des 22 et 23 mars 2007
ont fait sortir le chef de l'Etat de son
silence. C'était hier lundi au palais de la
Nation devant la presse. Joseph Kabila est
formel : « Le sort de Bemba n'est pas une
question politique, il relève désormais de
la justice et je n'en ai pas encore parlé
avec le président Mbeki», a dit le chef de
l' Etat, répondant aux questions des
journalistes présents à ce point de presse.
Donc, pas de négociation, ni de dialogue
pour tous ceux qui, selon lui, veulent se
mettre au-dessus de la loi.
C'est un Joseph Kabila
ferme, martelant les mots pour souligner la
gravité de la situation et la détermination
à y mettre fin pour que règnent la paix et
la sécurité ainsi que l'ordre public, qui
s'est exprimé devant la presse nationale et
internationale le lundi 26 mars 2007. C'est,
en principe, sa première sortie médiatique
depuis son investiture le 6 décembre 2006.
D'entrée de jeu, le chef de l'Etat fixe ses
interlocuteurs : « Le président Kabila que
vous avez connu avant les élections n'est
plus le même ».
En rapport avec les
événements survenus à Kinshasa les 22 et 23
mars, le chef de l'Etat estime que
l'intervention des éléments des Forces
armées de la RDC a été dictée par des
impératifs d'ordre sécuritaire. Il s'est
agi, pour le président de la République – en
sa qualité de garant de la Nation, de tout
mettre en œuvre pour garantir la sécurité
des 60 millions des Congolais.
Cela en commençant par
mettre hors d'état de nuire les fauteurs de
troubles. « Le Congo a tourné la page, et
d'une façon définitive. La page, c'est
l'impunité, le désordre, la confusion »,
précise Joseph Kabila sur un ton de fermeté.
Sur la même lancée, il
rappelle en des termes clairs que « tous
ceux qui pensent à Kinshasa, comme ailleurs,
qu'ils peuvent empêcher les institutions de
travailler doivent déchanter ».
Qui a tiré la première
balle ? « Je ne m'étais pas déployé sur le
terrain », répond Joseph Kabila qui dit
faire confiance au rapport du chef d'Etat-major
général des FARDC selon lequel c'est la
garde de Jean-Pierre Bemba qui a lancé
l'attaque en premier. Concernant
l'autorisation de l'assaut de la garde
rapprochée de l'ex-vice-président
Jean-Pierre Bemba le chef de l'Etat tranche
: « L'action avait comme but de mettre un
terme une fois pour toute à une situation
d'insécurité à Gombe, comme à Kinshasa.
Aujourd'hui, c'est chose faite ».
A la question de savoir
ce qu'il entendait faire de Jean-Pierre
Bemba, le chef de l'Etat ne va pas par
quatre chemins :« Le sort de Bemba n'est
même pas une question d'ordre politique. Le
dossier est désormais géré par la justice ».
Joseph Kabila estime qu'il y a une dizaine
de morts dans nos hôpitaux et que quelqu'un
devrait bien en répondre. En même temps, il
dit ignorer où pourrait se réfugier le
sénateur Jean-Pierre Bemba. Mais souligne
toutefois qu' il n' a pas encore parlé de ce
problème avec le président Thabo Mbeki,
certainement pour son rôle efficace joué
dans la médiation de la crise congolaise.
Le chef de l'Etat est
également péremptoire en ce qui concerne
d'éventuelles négociations avec son
challenger au deuxième tour de la
présidentielle pour régler définitivement le
différend qui les oppose. « Ce n'est pas par
la négociation qu'on doit assurer la
sécurité des 60 millions des Congolais.
Cette fois-ci, il s'agit de faire appliquer
la loi ». Et de s'interroger : « De quoi
est-ce qu'on va négocier ? Avec qui ? Quel
est son statut ? Chef de guerre ou
politicien ? ».
Bien plus, il fait peu de
cas de ce que peut en penser la communauté
internationale : « Peu importe le point de
vue de la Monuc, il fallait à tout prix
rétablir l'ordre dans le plus bref délai ».
Il a dit laisser libre cours au travail du
procureur général de la République et à
l'auditeur général de l'armée, à qui il
revient le soin de boucler cette affaire.
KAHEMBA VENDU
? UNE STUPIDITE
Apparemment, le chef de
l'Etat n'a pas digéré le fait qu'on l'ait
accusé d'avoir vendu le territoire de
Kahemba aux Angolais. Il a qualifié cela de
culture d'intoxication et de mensonge qui
s'est installée dans l'opinion congolaise.
Et il s'en défend à cor et à cri. « C'est
tout à fait ridicule .Qui a défendu ce pays
plus que moi, aussi bien sur la ligne de
front, dans les tranchées que sur le plan
diplomatique et politique ? », a-t-il fait
savoir avant de se demander à quel prix on
pourrait vendre Kahemba.
Joseph Kabila a laissé
entendre que le Congo est un Etat moderne et
qu'il a mis en place des cadres permanents
de concertation avec ses voisins. Il a
rappelé le passage à Kinshasa de la
délégation angolaise, la mission qu'effectue
actuellement la commission d'enquête
parlementaire à Kahemba dont l'objectif est
d'identifier la borne 28 et savoir si les
Angolais ont violé ou non le territoire
congolais.
Il a fait savoir que seul
le rapport de la commission d'enquête, à
laquelle sont adjoints des experts de
l'Institut géographique du Congo, pourra
apporter la lumière attendue. Toutefois, il
n'a pas exclu la possibilité de recourir à
d'autres mécanismes pour arriver à des
solutions pacifiques au cas où la
controverse persisterait.
LE CAS NKUNDA
ET LES MASSACRES DU BAS-CONGO
La question du statut du
général déchu Laurent Nkunda a été également
abordée par la presse. Le chef de l'Etat a
affirmé que celui-ci ne faisait plus partie
des FARDC et que le mixage concernait plus
ses troupes qui devaient être identifiées
avant d'être démobilisées ou brassées.
Quant à l'affaire
Bas-Congo, Joseph Kabila a laissé entendre
que le rapport d'enquête judiciaire était
déjà apprêté et que le procureur général de
la République a déposé auprès du bureau de
l'Assemblée nationale une requête relative
au retrait d'immunité à certains députés
impliqués dans cette affaire. Parlant de
Bundu dia Kongo, il a dit qu'il revient à
cette secte ou parti politique de se
déterminer. « Est- ce une secte ou un parti
politique ? Ils doivent choisir », a précisé
le chef de l'Etat. Il s'est refusé à tout
commentaire sur l'arrestation de Me Landu,
l'affaire étant pendante au tribunal..
Revenant sur le moratoire
accordé par l'Assemblée nationale sur la
question de double nationalité, Joseph
Kabila s'est montré formel : la nationalité
congolaise est une et exclusive. Quant au
démarrage de ses cinq chantiers, il a donné
rendez-vous vers la fin de l'année.
Kabila
justifie l'emploi de la force armée contre
la garde de Bemba
( 20 minutes
26/03/2007)
Le président de République démocratique du
Congo (RDC) Joseph Kabila a pleinement
justifié lundi l'emploi de la force armée
contre la garde rapprochée de
l'ex-vice-président Jean-Pierre Bemba la
semaine dernière à Kinshasa, où "il fallait
à tout prix rétablir l'ordre".
Face à "une milice qui avait pour objectif
de s'en prendre aux sièges des institutions,
qui avait pour but de contrôler la
capitale", "il fallait à tout prix rétablir
l'ordre, dans les plus brefs délais", a
affirmé le chef de l'Etat au cours d'une
conférence de presse au palais présidentiel
à Kinshasa.
"Le problème n'était pas politique, le
problème était militaire et sécuritaire.
(...) Ce n'est pas par la négociation qu'on
assure la sécurité", a-t-il martelé, alors
que l'ONU et plusieurs puissances avaient
appelé à la reprise du dialogue pour dénouer
cette crise.
"On devait remettre de l'ordre vite et c'est
ce que nous avons fait", a-t-il insisté.
Près de 120 personnes ont été tuées lors
d'affrontements jeudi et vendredi entre
l'armée régulière et la garde rapprochée du
sénateur Bemba, qui refusait de voir ses
hommes intégrer l'armée nationale en
estimant ne pas avoir de garanties pour sa
sécurité.
Ses hommes ont été très largement défaits
par l'armée et lui-même est hébergé depuis
jeudi par l'ambassade d'Afrique du Sud. Le
gouvernement accuse l'adversaire malheureux
de M. Kabila à la présidentielle de 2006 de
"haute trahison" et a annoncé vendredi
l'engagement de poursuites contre lui pour
"entretien de milice".
Évoquant les violences postélectorales entre
forces de l'ordre et troupes de M. Bemba en
août et en novembre à Kinshasa, le président
a justifié le choix du dialogue privilégié à
l'époque.
"L'objectif était d'amener le pays aux
élections. Si on avait pris des mesures
(contre M. Bemba et ses hommes) à l'époque,
on nous aurait accusé de vouloir empêcher
les élections. Maintenant que c'est chose
faite (les élections), personne n'est au
dessus des lois, à commencer par le
président", a-t-il dit.
"Il y a quelqu'un (M. Bemba) qui a essayé de
se mettre au dessus de la loi (...). C'était
totalement inadmissible (...) et la loi
vient de le remettre à sa place", a-t-il
souligné, rappelant que ses hommes avaient
reçu un "ultimatum" de l'état-major général
des Forces armées de RDC pour regagner les
camps militaires à partir du 15 mars.
Le président a refusé de se prononcer sur le
sort de M. Bemba lui-même, alors qu'une
"procédure judiciaire" a été engagée.
© Copyright 20
minutes
Kabila : « Il
fallait rétablir l'ordre »
Le président de
République démocratique du Congo (RDC)
Joseph Kabila a pleinement justifié lundi
l'emploi de la force armée contre la garde
rapprochée de l'ex-vice-président
Jean-Pierre Bemba la semaine dernière à
Kinshasa, où "il fallait à tout prix
rétablir l'ordre". Le jeune chef de l'Etat
(35 ans), arrivé au pouvoir en 2001 après
l'assassinat de son père, le président
Laurent-Désiré Kabila, et élu en octobre
2006, s'est posé en garant de la
Constitution et a démenti toute intention
d'"instituer un parti unique" en RDC.
Face à "une milice qui avait pour objectif
de s'en prendre aux sièges des institutions,
qui avait pour but de contrôler la
capitale", "il fallait à tout prix rétablir
l'ordre", a affirmé M. Kabila au cours d'une
conférence de presse au palais présidentiel
à Kinshasa.
"Le problème n'était pas politique, le
problème était militaire et sécuritaire.
(...) Ce n'est pas par la négociation qu'on
assure la sécurité", a-t-il martelé, alors
que l'ONU et plusieurs puissances avaient
appelé à la reprise du dialogue pour dénouer
cette crise.
Près de 120 personnes ont été tuées lors
d'affrontements les 22 et 23 mars entre
l'armée régulière et la garde rapprochée du
sénateur Bemba, qui refusait de voir ses
hommes intégrer l'armée nationale en
estimant ne pas avoir de garanties pour sa
sécurité.
Ses hommes ont été défaits par l'armée et
lui-même est hébergé depuis le 22 mars par
l'ambassade d'Afrique du Sud. Le
gouvernement accuse l'adversaire malheureux
de M. Kabila à la présidentielle de 2006 de
"haute trahison" et a annoncé le 23 mars
l'engagement de poursuites contre lui pour
"entretien de milice".
"Il y a quelqu'un (M. Bemba) qui a essayé de
se mettre au dessus de la loi (...) et la
loi vient de le remettre à sa place", a-t-il
souligné, rappelant que ses gardes avaient
reçu un "ultimatum" de l'état-major général
des Forces armées de RDC pour regagner les
camps militaires à partir du 15 mars.
Le président a refusé de se prononcer sur le
sort de M. Bemba, alors qu'une "procédure
judiciaire" a été engagée.
De son côté, l'ancien vice-président s'est
dit prêt lundi à partir en exil s'il n'avait
pas de "garantie" sécuritaire et a accusé M.
Kabila de vouloir se "débarrasser" de lui
dans un entretien au quotidien Le Monde.
"Nous sommes à un tournant de notre
histoire, car si on continue de décapiter
l'opposition, une nouvelle dictature se
mettra en place", a-t-il affirmé.
M. Bemba se trouvait toujours lundi dans une
résidence de l'ambassade sud-africaine et
n'avait encore fait "aucune demande d'asile"
à la mi-journée, selon des sources
diplomatiques.
Interrogé sur le sort des élus de
l'opposition membres du Mouvement de
libération du Congo (MLC) de M. Bemba et
dont certains ont affirmé avoir été victimes
de menaces, le président Kabila s'est voulu
rassurant.
"La Constitution sera respectée. Les députés
(du MLC) peuvent être tout à fait à l'aise",
a-t-il dit, tout en reconnaissant "des
dérapages ici et là".
"Je serai la dernière personne à violer la
Constitution. Instituer un parti unique
relève de la haute trahison", a-t-il ajouté.
Toutefois, certains journaux de Kinshasa ont
fait part de leurs inquiétudes pour le
processus démocratique en RDC, à l'instar du
Potentiel (proche de l'opposition) qui
titrait lundi: "la démocratie au bout des
canons".
Enfin, l'organisation locale de défense de
la presse Journaliste en danger a dénoncé
"les menaces voilées" du gouvernement, qui a
appelé ce week-end à un "assainissement de
l'espace médiatique" en RDC.
Publié le 26 mars 2007.
Kinshasa: Kabila
qualifie de "ridicules" les rumeurs d'appui
étranger à l'armée
AFP
26 mar. 07 - 20h37
KINSHASA, 26 mars 2007
(AFP) - Le président de République
démocratique du Congo (RDC) Joseph Kabila a
qualifié lundi de "ridicules" les "rumeurs"
d'appui de forces étrangères à l'armée
congolaise lors de violents combats contre
la garde de l'ancien vice-président
Jean-Pierre Bemba à Kinshasa la semaine
dernière.
"C'est ridicule. Pourquoi faut-il qu'à
chaque fois qu'une opération militaire
réussit quelque part en RDC, il faudrait
qu'il y ait des étrangers?", a déclaré le
président au cours d'une conférence de
presse à Kinshasa.
Samedi, le ministre congolais des Affaires
étrangères, Antipas Mbusa Nyamwisi, avait
déjà nié toute intervention "de troupes
étrangères", alors que des témoins avaient
indiqué à l'AFP avoir vu des militaires en
uniforme angolais dans certains quartiers
périphériques de la capitale pendant les
affrontements.
Selon un dernier bilan établi lundi par
l'ONG Caritas, ces violences ont fait 155
morts et 150 blessés graves les 22 et 23
mars.
Le sénateur Bemba refusait de voir sa garde
rapprochée intégrer l'armée nationale en
estimant ne pas avoir de garanties pour sa
sécurité. Ses hommes ont été défaits par
l'armée et lui-même est hébergé depuis le 22
mars par l'ambassade d'Afrique du Sud et il
est accusé par le pouvoir de "haute
trahison" pour "entretien de milice".
"Est-ce qu'il y a eu des étrangers en Ituri
(nord-est) contre les miliciens? Est qu'il y
a eu des étrangers au Katanga (sud-est)
lorsque nous avons mis fin à ce phénomène
des (miliciens tribaux) Maï-Maï? On voit des
étrangers partout. C'est stupide et
ridicule", a répété M. Kabila.
"Les forces armées de notre pays sont en
pleine restructuration. Mais nous avons des
unités capables de mener (à bien) des
opérations sur toute l'étendue du territoire
national", a-t-il assuré.