Processus électoral en République
Démocratique du Congo. Enjeux et
risques
(Révélations sur la face cachée de la
gestion par l'UE de la Transition en
RDC)

Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,
Chers
Compatriotes,
Distingués invités,
Depuis
sa sortie le samedi 4 juin 2005,
l'Alliance des Patriotes pour la
Refondation du Congo (APARECO) que j'ai
l'honneur de présider, ne cesse de
dénoncer avec force le processus vicié
des élections que la Communauté
Internationale pilote dans mon pays.
Pour avoir dénoncé l'occupation de son
pays par des puissances étrangères qui
agissent derrière le voile de la
Communauté Internationale pour légitimer
l'occupation et le pillage de la RDC, l'APARECO
est diabolisée et couvert de toutes
sortes d'étiquettes qui servent
d'épouvantail aux clichés établis dans
l'opinion internationale. Les uns lui
reprochent un discours xénophobe, les
autres un langage de haine et les autres
encore une théorie révisionniste.
Mais la
vérité est simple : l'APARECO se bat
contre l'occupation de son pays suite
aux deux guerres d'agression de 1996 et
de 1998. Cette occupation, habillée et
maquillée à travers le dialogue dit
inter congolais, a imposé au peuple
congolais un système monstrueux,
conflictuel et incompétent qui n'avait
aucune capacité ni aucune volonté
d'apporter des solutions aux véritables
causes de la crise la plus meurtrière de
l'histoire de l'humanité, après la
deuxième guerre mondiale.
Nous
avons dénoncé le piège du système 1+4,
nous avons stigmatisé le refus exprès et
le blocage systématique de l'application
du programme de la transition par le
pouvoir d'occupation qui n'avait et
n'aura jamais intérêt à voir la paix et
l'unité revenir en RDC, ni à voir
celle-ci se doter d'une armée nationale
forte et efficace pour protéger
l'intégrité de son territoire national,
en neutralisant toutes les milices
nationales et étrangères qui créent
l'insécurité à l'est de la RDC et
fournissent des prétextes à ses voisins
de l'Est d'envahir son territoire.
Pour
avoir défendu ces thèses patriotiques et
nationalistes, on nous a traité
d'extrémistes et des militaristes !
C'est pourquoi nous tenons ce jour à
vous fournir les preuves de la justesse
de notre combat. Et ces preuves émanent
du témoignage accablant de ceux-là mêmes
qui président au fameux processus
électoral de notre pays, la RDC. Nous
présentons donc à la presse nationale et
internationale deux documents officiels
et confidentiels de l'Union Européenne
qui livrent toute la vision et toute la
stratégie de l'Union Européenne dans la
gestion de la transition en RDC, et qui
donne son analyse et son évaluation sur
cette même transition ainsi que sur ses
acteurs.
Il
s'agit d'abord du « Rapport
politique sur la République Démocratique
du Congo » fait au mois
de mai 2006 par Monsieur Carlo DE FILIPI,
Chef de Délégation de la Commission
européenne en RDC, et dont le cercle de
distribution est recommandé «
restreint » pour des raisons
évidentes. Il s'agit ensuite d'une note
du même Chef de Délégation de la
Commission européenne, Monsieur Carlo DE
FILIPPI, adressée à l'intention de Mr.
Stefano MANSERVISI, Directeur Général de
la DEV . Nous
avons choisi de rendre publique cette
note du 11 janvier 2006 à cause de son
objet : « Risques pour le
processus de la Transition en République
Démocratique du Congo (RDC)
». Ce second document nous
révèle la prise de conscience de la
Communauté Internationale déjà au mois
de janvier 2006 et bien avant, des
risques inévitables de dérapages que
nous dénoncions nous aussi à la même
période avec force, mais en vain !
Avant de
vous remettre ces deux documents à la
fin de mon exposé, permettez-moi de vous
présenter pendant quelques minutes, mon
analyse et mes commentaires sur des
révélations importantes qui sont
contenues dans ces deux notes
officielles.
I. Constat et causes d'échec de la
transition, « comme prévu », face à
l'échéance du 30 juin
1. L'aveu d'impuissance et de complicité
de la Communauté Internationale
Le
rapport de Carlo DE FILIPPI du 5 mai
2006 débute par un aveu cinglant
d'impuissance et de complicité. Il y
affirme péremptoirement : «
Comme prévu il n'a pas été possible
de respecter l'échéance du 30 juin 2006
fixé par l'Accord Global et Inclusif.
Depuis le début de la Transition, la
Communauté Internationale n'a pas su ou
pas voulu s'opposer aux manœuvres
dilatoires des dirigeants congolais
»
Cet aveu
du responsable de l'UE sonne comme une
sentence contre la mauvaise foi des
dirigeants congolais d'une part, et
contre l'impuissance et complicité de la
Communauté Internationale d'autre part !
2. La reconnaissance de l'erreur du
système 1+4
Carlo DE
FILIPPI reconnaît dans son rapport
l'erreur du choix du système mis en
place durant la transition en RDC. Il
écrit à cet effet : « De ce
point de vue, l'installation au pouvoir,
suite à Sun City, des anciens
belligérants s'est révélée être une
erreur tant elle a favorisé sur fond de
méfiance réciproque, et les pratiques de
corruption et de mauvaise gouvernance,
et les manœuvres dilatoires et leur
volonté de rester au pouvoir coûte que
coûte. »
3. Les divisions et les rivalités au
sein de la Communauté Internationale
Les deux
rapports de Carlo DE FILIPPI nous
révèlent les divisions et les rivalités
qui déchirent les pays membres de la
C.I. « intéressés à avoir
un accès privilégiés aux ressources
naturelles du pays ». A
ce sujet il affirme : « La
Communauté Internationale, soudée en
façade mais largement divisée en
profondeur, a préféré agir en ordre
dispersé dans la dénonciation des
manœuvres dilatoires des dirigeants
congolais, qu'il s'agisse de la
promulgation de la constitution ou de
l'intégration de l'armée et des
discussion sur la Gouvernance.
» A ce sujet, dans ces
recommandations, le Chef de Délégation
de la Commission européenne en RDC
s'interroge non sans inquiétude sur les
capacités des pays membre de l'UE à
s'entendre sur une politique commune
post électorale en RDC: «
Sera-t-elle (UE)
capable de le faire facilement sur
un plan local lorsque l'on observe le
comportement de certains représentants
de nos Etats membres actuellement
membres du CIAT qui éprouvent des
difficultés à jouer franchement le jeu
de la coordination… » !
L'allusion est faite ici clairement à
l'attitude du grand mentor belge de
Joseph KABILA, connu de tous pour ses
intérêts financiers personnels avec les
dirigeants congolais!
4. La complaisance de la Communauté
Internationale devant la mauvaise foi
des dirigeants congolais de la
transition
Carlo DE
FILIPPI dénonce une attitude très grave
de la C.I. En effet, après avoir révélé
que « les dirigeants
congolais depuis janvier 2006 ne
prennent plus de gants pour refuser tout
dialogue avec la Communauté
Internationale », le Chef
de Délégation de la Commission
européenne accuse le CIAT de «
diffuser des communiqués
relativement complaisants sur les
problèmes de la transition congolaise
».
5. La responsabilité personnelle de
Joseph KABILA dans le retard de la
Transition épinglée
Dans sa
note à Mr Stefano MANSERVISI, Mr. Carlo
DE FILIPPI rend Joseph KABILA
responsable du retard de ce processus.
Il affirme en effet : «
Alors qu'il était possible pour le
Président KABILA de signer ce décret
immédiatement après le passage de Louis
MICHEL (les 20-21 et 22
décembre 2005) …., ce
document, ne serait signé que le 12
janvier 2006 » !
6. L'inféodation du Sénat à Joseph
KABILA
Dans ce
même document Carlo DE FILIPPI fait état
des confidences de Mr Olivier KAMIATTU,
à l'époque Président du Parlement : «
Si le Président de
l'Assemblée Nationale est plutôt
rassurant sur le comportement de son
institution, il se montre en revanche
inquiet sur celui du Sénat qui semble
« totalement inféodé » au Chef de l'Etat
et qui risque donc de faire durer la
procédure d'adoption de la loi
électorale » !
Cette
révélation apporte une preuve de plus
sur la volonté manifeste de Joseph
KABILA de « faire durer
» la transition au-delà
du délai légal ! Cependant une question
se pose : Pourquoi ?
7. L'inféodation de la C.E.I. et de MALU
MALU à Joseph KABILA
S'interrogeant sur le retard
inexplicable pris part le Président de
la CEI pour promulguer la constitution,
Carlo DE FILIPPI écrit : «
L'abbé MALU MALU a-t-il voulu faire
plaisir au Président KABILA qui
souhaiterait pouvoir promulguer la
Constitution de la 3 e République le 26
janvier 2006, soit cinq ans exactement
après son entrée en fonction ?
»
Le Chef
de Délégation de l'UE n'a pas hésité de
parler dans son rapport du «
comportement présidentialiste de
certains de ses membres
». Ce qui signifie l'alignement de ces
membres derrière Joseph KABILA. Mais ce
constat n'est suivi d'aucune mesure !
C'est
dire avec quelle légèreté le dossier de
la Transition est traité par ceux qui
ont en main la destinée de tout un
peuple meurtri par la misère !
8. La responsabilité de la C.E.I. dans
le retard de la Transition
«
D'une manière générale, la
CEI a été largement critiquée à
l'occasion du scrutin référendaire :
retards, hésitations, manque de
transparence, gestion politique des
résultats, manipulations….
» !
Et
malgré le constat de ce bilan très
largement négatif fait en coulisse , la
Communauté Internationale n'a pas tari
d'éloge à travers les médias
internationaux sur l'organisation
impeccable du même scrutin référendaire!
9. La fragilité du processus et
l'insécurité grandissante à l'Est de la
RDC
Le
rapport reconnaît le «
contexte d'extrême fragilité du
processus de Transition, marquée entre
autres par l'insécurité croissante à
l'Est de la RDC, notamment en ITURI où
le regain des milices cache mal les
ingérences croissantes de l'Ouganda…
»
L'APARECO continue de publier toutes les
données militaires à l'Est de la RDC
relatives aux préparatifs de la
déstabilisation de notre pays avant ou
durant les élections.
10. Projet de déstabilisation du pays
par le RCD
Ce même
rapport fait mention de la déclaration
de International Crisis Group «
qui souligne que le RCD, un des
déçus probable du processus électoral en
cours, pourrait être tenté de
déstabiliser l'Est du pays.
»
L'APARECO a déjà fourni plusieurs
indications précises démontrant les
préparatifs très avancés de ce projet de
déstabilisation de l'Est du pays, sans
que la C.I. ne les prenne en
considération !
11. Le climat de méfiance croissante
entre les membres de l'espace
présidentiel
Le
climat de tension permanente entre les
membres de l'espace présidentiel,
presque tous candidats aux élections
présidentiels a été et reste un motif
sérieux de blocage : « Par
exemple Jean-Pierre BEMBA se plaint
ouvertement que les troupes de Joseph
KABILA, essentiellement la GSSP, n'ont
pas été brassées, contrairement à la
plupart de ses soldats ».
Cependant, aucune mesure concrète n'est
envisagée pour juguler ce danger
imminent !
II. L'organisation des élections
A. Le calendrier électoral
1. L'incertitude quant au respect de la
date du 30 juillet fixée par la CEI
Ce qui
est plus grave, c'est qu'au-delà du
débat sur la procédure de la
prolongation unilatérale de la
transition par la CEI, Mr. Carlo DE
FILIPPI s'inquiète sur le respect de la
date du 30 juillet 2006 ! Il affirme à
cet effet : « Il convient
en outre d'être conscient que la date du
30 juillet 2006 risque encore d'être
difficile à respecter » !
Ce
constat mérite de retenir l'attention du
peuple congolais, car il confirme ce que
nous lui disons depuis le début de cette
transition : ces étrangers au pouvoir
n'ont pas la volonté d'organiser des
élections crédibles et transparentes !
2. Le choix de la date du 30 juillet est
simplement psychologique et stratégique
!
Carlo DE
FILIPPI livre ici le secret de ce
choix : « En fait le choix
du 30 juillet offre le grand avantage de
faire démarrer les campagnes
législatives et présidentielles avant le
30 juin 2006, le 29 juin exactement, ce
qui est psychologiquement très important
» !
3. La mise en place des nouvelles
institutions de la 3 e République est
prévue seulement pour la fin de l'année
2006 !
Mais la
vraie réalité que la C.I. cache au
peuple congolais, ce que ces élections
risquent de durer plusieurs années,
selon la volonté de l'homme qu'elle
placera au pouvoir à la tête du pays.
Carlo DE FILIPPI projette l'installation
des nouvelles institutions vers la fin
de l'année 2006. Il écrit à cet effet :
« A signaler en outre que
la date d'un éventuel deuxième tour de
l'élection présidentielle ainsi que des
élections provinciales ne sera annoncée
qu'après la publication des listes
définitives des candidats aux élections
provinciales dont l'enregistrement vient
de commencer. Selon certaines sources,
cette date ne pourrait pas intervenir
avant la mi octobre au plus tôt, ce qui
risque de renvoyer vers la fin de
l'année 2006 la mise en place des
nouvelles instituions congolaises » !
Je fais
remarquer que cette hypothèse vaut
seulement au cas où la date du 30
juillet est scrupuleusement respectée.
Or le rapport de Carlo DE FILIPPI
exprime des doutes justifiés quand au
respect de cette date. Ce qui renvoie la
date probable de la mise en place des
nouvelles institutions à 2007 ! Je parie
que les Français finiront leurs
élections avant les nôtres !
Et
pendant ce temps, la C.I. nous demandent
de croiser les bras pour contempler les
mêmes prédateurs continuer à piller nos
richesses et à violer nos filles, nos
sœurs et nos mères !
4. Les élections ne mettront pas fin à
la guerre ni à la crise interne et
régionale
Je vous
rappelle que l'APARECO a refusé de
s'inscrire dans ce processus électoral
parce que la C.I. l'a imposé comme une
panacée en prétendant vouloir par là
mettre fin à la guerre et à la misère du
peuple congolais, alors qu'elle a
totalement négligé les 5 préalables
contenus dans l'Accord Global et
Inclusif. L'alliance des patriotes
congolais a toujours clamée que tant que
les causes profondes de la crise n'ont
pas été résolues avant les élections,
celles-ci risquent de conduire le pays
vers une autre implosion plus meurtrière
et incontrôlable.
Aujourd'hui, le rapport secret de Carlo
DE FILIPPI reprend mot à mot la thèse
défendue par l'APARECO. Il écrit : «
après les élections, en
étant conscient que les élections très
coûteuses ne constitueront pas la
panacée et ne permettront pas forcément
de tourner la page de la guerre civile,
des abus et de la corruption ».
Voilà
qui donne raison à la crainte qu'exprime
l'APARECO : à quoi sert de précipiter le
peuple dans des élections dont le
processus est vicié en amont, et qui
risque de le conduire vers une guerre
civile plus violente et plus meurtrière,
alors qu'on a la possibilité d'éviter ce
drame en négociant un nouveau virage
vers plus de stabilité et plus de
transparence ?
5. La Communauté Internationale
reconnaît que les 5 préalables aux
élections n'ont pas été traités lors de
la Transition
Le
rapport de Carlo DE FILIPPI reconnaît
que ces préalables qu'il appelle
« thèmes » « n'ont pas pu
être abordés sérieusement durant la
transition et (ils) risquent d'affecter
la stabilité du pays même après les
élections : intégration de l'armée et
création d'une armée républicaine,
création d'une nouvelle police,
gouvernance, … la reconstruction du
pays ».
Cet aveu
de l'Union Européenne est capital quant
à sa responsabilité dans
l'investissement qu'elle a faite dans la
gestion de la Transition en RDC. Nous ne
nous expliquons pas la raison pour
laquelle l'Union Européenne n'a pas
suivi l'ordre de priorité de l'Accord
Global et Inclusif en investissant
d'abord dans l'effort de résoudre les
préalables devant permettre
l'organisation des élections dans un
environnement sécurisé !
B. Les astuces politiques de Joseph
Kabila pour conserver le pouvoir
Mr.
Carlo DE FILIPPI ne cache pas sa
satisfaction face aux astuces que
déploie Joseph KABILA pour conserver le
pouvoir à tout prix. Il constate qu' «
avec beaucoup d'habilité, il
(J. KABILA)
est en train de réussir plusieurs
choses » :
1. « Sa séparation de façade avec le
PPRD constitue une bonne opération
politique »
La
fameuse candidature indépendant de
Joseph KANBILA n'est qu'une simple mise
en scène !
2. « De même que son futur mariage en
juin prochain, qui serait béni par le
Cardinal Etsou »
Comme
nous l'avions dénoncé, le mariage de
Joseph KABILA est une simple opération
politique de charme à l'égard des
chrétiens majoritaires en RDC. L'homme
sans scrupule voudrait seulement
instrumentaliser les églises catholique
et protestante pour s'attirer la
sympathie de leurs fidèles !
Voilà
qui explique que Joseph KABILA ait
annoncé son mariage dans une église
catholique dont il se réclame membre, et
deux semaines près, suite aux
observations pertinentes sur la
nécessité de connaître les détails sur
son lieu et son identité de baptême, le
Chef de sa maison civile annonce
brusquement au peuple, que son président
est de religion….protestante !
Décidément, le peuple congolais ne saura
jamais rien sur l'identité réelle de
celui qui le gouverne. Son CV et sa
fiche d'identité changent au même rythme
que son look quotidien : tantôt crâne
rasée, tantôt coiffé, tantôt moustache
et barbe, tantôt barbe sans moustache… !
3. « Accélérer la décomposition du MLC
»
Les
différents scénarii de débauchage des
collaborateurs du Vice Président Jean
Pierre BEMBA par Joseph KABILA font donc
parti d'un plan prémédité visant à
affaiblir son adversaire principal de
l'espace présidentiel. Quelles que soit
les conséquences de ces opérations, la
C.I. estime que c'est « une
bonne opération politique »
pour Joseph KABILA qui le fait
« avec beaucoup d'habileté
» !
4. « Donner l'impression de venir en
aide au RCD sur la question de Minembwe
sans pour autant s'exposer publiquement
à l'impopularité qu'une telle décision
entraînerait .»
Nous
avons toujours soutenu que le dossier de
Minembwe est resté entier car il
constitue l'élément clé de la stratégie
d'occupation de la RDC arrêtée par le
Rwanda et tous ses représentants au
pouvoir en RDC. En voici une
illustration !
5. La multiplication de candidatures de
complaisance par Joseph KABILA
Mr.
Carlo DE FILIPPI estime qu'une autre «
bonne opération politique
» de Joseph KABILA
consiste à « favoriser un
grand nombre de candidatures de
complaisance qui se rallieront à lui,
juste avant le premier tour des
présidentielles, afin de provoquer un
grand rassemblement, soit avant le
deuxième tour, si le deuxième tour est
nécessaire. »
Voilà
qui justifient la crainte exprimée par
l'Eglise catholique romaine, par la voix
du président de la CEEC, Mgr MONSENGWO
qui exigeait que « le
peuple et l'opinion nationale autant
qu'internationale ( aient)
le droit de savoir s'il y a
des ‘candidats alimentaires', qui sont
de simples figurants ou de prête-noms et
dont la candidature ne sert qu'à induire
le lecteur dans l'erreur
»!
Le drame
de cette supercherie, ce qu'on utilise
malhonnêtement l'argent de l'Etat
congolais, pour créer des candidatures
fictives en vue de fausser les enjeux
électoraux. Sous d'autres cieux,
pareille pratique aurait soulevé le
tollé dans la CI ; en RDC, elle est
félicitée comme étant plutôt «
une bonne opération politique
» !
Chose
plus grave, Carlo DE FILIPPI affirme au
sujet de ces candidatures de
complaisance : « D'autres
sont là pour marquer les vrais
adversaires de Joseph KABILA, en
particulier les Forces du Renouveau
d'Olivier KAMITATU et MBUSA NYAMWISI qui
visent surtout à prendre des voix au
CODECO de PAY PAY à l'Est ainsi qu'au
RCD d'Azarias RUBERWA, sans oublier le
MLC de Jean-Pierre BEMBA à l'Ouest.»
Mais ce
travail d'Olivier KAMITATU n'est pas
bénévole : « la promesse de
haut niveau peut également favoriser les
ralliements, Olivier KAMITATU étant de
plus en plus convaincu d'être choisi par
Joseph KABILA pour diriger le futur
gouvernement issu des élections…
»
6. Le plan caché de découplage des
élections législatives et
présidentielles
Alors
qu'il était prévu initialement de
procéder d'abord aux élections
provinciales et législatives pour éviter
que le Président élu influence leur
scrutin ou prolonge indéfiniment le
calendrier à son gré, Joseph KABILA a
non seulement réussi, par des manœuvres
dilatoires, à combiner ses scrutins,
mais il est en passe de découpler ces
élections et reporter les élections
provinciales et législatives après les
élections présidentielles.
Carlo DE
FILIPPI qui dénonce cette tentative
craint cependant qu'elle réussisse. Il
dit dans son rapport : « il
sera peut-être difficile d'organiser les
élections législatives pour le 30
juillet ; l'entourage de Joseph KABILA
est naturellement très favorables à ce
découplage faisant même courir le bruit
que si les élections n'ont pas lieu
avant le 30 juin 2006, il risque d'y
avoir des troubles à Kinshasa
»
Cependant, le Chef de Délégation de la
Commission Européenne reconnaît
clairement les conséquences néfastes de
cette astuce quand il déclare : «
… certains veulent manipuler
ce processus en privilégiant, compte
tenu du peu de temps qui reste d'ici au
30 juin 2006 et du fait que l'élection
présidentielle est plus facile à
organiser, les présidentielles au
détriment des législatives. »
Et Carlo
DE FILIPPI de conclure sur les
conséquences de la réussite d'un tel
scénario : « Dans ce
scénario catastrophe, la Transition
s'achèverait avec un Président élu qui,
dans un deuxième temps, prendrait tout
son temps pour organiser des élections
législatives et provinciales à sa guise…
Il va sans dire que cette ‘Transition au
rabais', qui (tenez
bien !) semblent avoir les
faveurs de certains membres éminents de
la Communauté Internationale, est non
seulement contraire à l'Accord Global et
Inclusif, qui dispose clairement que les
élections présidentielles auront lieu
après les élections législatives, mais
surtout à la lettre et à l'esprit de la
nouvelle Constitution congolaise qui
prévoit, au contraire, un équilibre
entre l'exécutif et le législatif »
!
Mais
force est de constater que, malgré cette
dénonciation fracassante du Chef de
Délégation de la Commission Européenne
en RDC depuis le 11 janvier 2006, six
mois après, aucune mesure pratique n'a
jamais été prise par le CIAT pour
écarter ce « scénario
catastrophe » ! Bien au
contraire, tout est fait pour favoriser
son application dans les mois qui
viennent.
7. Résultats de ces astuces de Joseph
KABILA :
a. « De fait, il existe une forte
chance que Joseph KABILA soit élu au
premier tour » !
b . Pour Joseph KABILA
lui-même, « son élection
sera une simple formalité
» !
c. « S'agissant des législatives,
la multitude des candidatures retenues
par la CEI (9632) risque, sans grands
partis vraiment structurés, d'accoucher
d'un Parlement atomisé, donc faible et
sans doute, à la botte de Joseph KABILA.
»
C. L'attitude partisane de la Communauté
Internationale
Plus
d'une fois, nous avons dénoncé le
comportement partisan voir complice de
la Communauté Internationale en faveur
du pouvoir d'occupation au sommet de
l'état congolais. A travers ces deux
documents officiels de l'UE, Mr. Carlo
DE FILIPPI exprime dans des termes très
clairs cette réalité que d'aucuns
continuent à nier jusqu'ici et que nous
relevons pour l'opinion nationale et
internationale.
1. « Le comportement présidentialiste
d'une partie de la Communauté
Internationale »
Abordant
le problème de la cohésion au sein du
CIAT dans son rapport adressé au
Directeur Général de la DEV, Mr. Carlo
DE FILIPPI estime qu'« il
est trop tôt pour dire quel sera
l'attitude du CIAT compte tenu du
comportement présidentialiste de
certains de ses membres ».
Ce qui veut dire en clair que
certains pays membres du CIAT roulent
déjà ouvertement pour Joseph KABILA dans
leur gestion de la transition
congolaise !
Nous
comprenons bien de quel pays il est fait
allusion dans son rapport quand DE
FILIPPI conclut en faisant la suggestion
suivante : « Dans ce
contexte une visite conjointe
(en RDC) de MM
SOLANA et MICHEL s'imposerait
». Dans l'esprit de l'auteur
du rapport, entre ces deux personnalités
citées, l'une doit se joindre l'autre
pour tempérer sa partialité. Cherchez
laquelle des deux !
2. La préférence de Joseph KABILA par
certains pays membres du CIAT
Mais
dans son rapport du 5 mai, DE FILIPPI
est encore plus explicite lorsqu'il
dit : « De fait certains
acteurs bilatéraux membres du CIAT qui
étaient jusqu'ici plutôt neutres par
rapport au processus électoral, semblent
maintenant vouloir changer d'attitude
pour appartenir au camp des vainqueurs.
3. Procès d'intention contre le
Président SASSOU NGUESSO
C'est
dans cette optique que l'effort
entrepris par le Président SASSOU pour
ramener l'UDPS dans le processus
électoral est perçu par Carlo DE FILIPPI
comme négatif aux intérêts de Joseph
KABILA : « l'actuel
Président de l'Union Africaine, Denis
SASSOU NGUESSO, ferait tout, pour
compliquer la tâche de Joseph KABILA en
incitant l'UDPS à participer au
processus électoral » !
Cette
critique gratuite contre SASSOU NGUESSO
relève de la stratégie de la CI qui
compte se servir de l'UDPS comme clé
pour débloquer le processus quand il est
bloqué, mais qui ne souhaite pas voir ce
parti affronter Joseph KABILA aux
élections présidentielles, car il
compromettrait sa chance de passer au 1°
tour. Pour le CIAT, il faut laisser
l'UDPS en dehors du processus des
élections présidentielles et essayer de
le « convaincre à
participer aux élections provinciales
qui serviront à la désignation des
Sénateurs et des Gouverneurs
». « Ce retour
est souhaitable car il permettra
d'assurer la sérénité des différents
scrutins qui doivent se tenir mais
surtout celle de l'échéance du 30 juin
2006 surtout si celle-ci ne peut être
respectée. »
4. Rivalité et lutte d'intérêt au sein
des pays membres de l'UE et du CIAT
Mr Carlo
DE FILIPPI ne fait pas de mystère autour
du combat des fauves entre les membres
du CIAT, il reconnaît sans ambages que
certains pays dont les Etats-Unis
« sont peu enclins à faire
porter le dialogue sur la gouvernance »
, parce qu'ils sont «
plutôt intéressés à avoir
accès privilégié aux ressources
naturelles du pays » . Ce
climat de concurrence entre pays membres
du CIAT et de la CI permet à Joseph
KABILA, sous les conseils de ses
sponsors européens, « éminents membres
du CIAT », de manipuler à son gré
l'opinion internationale !
III. Propositions de solutions
irréalistes de l'UE ou des simples vœux
pieux !
Après la
lecture des analyses et des observations
combien pertinentes qui sont contenues
dans les deux documents de Carlo DE
FILIPPI, et que nous venons de vous
livrer, tout esprit cartésien s'attend
de la part de leur auteur à des
propositions de solutions claires et
efficaces pour redresser la barre. Mais
hélas ! Nous assistons plutôt à la
présentation des propositions de
complaisance, irréalistes les unes que
les autres. Car chaque fois qu'il
formule une proposition, l'auteur la
fait suivre d'observations pour
démontrer l'improbabilité de son
application ou de sa réalisation. On se
demanderait en fin de compte pourquoi il
les formule.
Carlo DE
FILIPPI conclut en effet son rapport par
cette recommandation : «
Devant le risque de voir un système
démocratique dévié de ses objectifs, la
Communauté Internationale, et surtout
l'Union Européenne doit rester très
vigilante. » Comment ?
1. « Tout d'abord en s'assurant que
le processus électoral encours soit au
minimum crédible, c'est-à-dire en
faisant tout pour que ce processus évite
essentiellement de ‘légitimer par
avance' Joseph KABILA ».
A ce
jour, c'est juste le contraire qui se
produit : toutes le conditions sont
réunies pour légitimer à l'avance Joseph
KABILA ! Car toutes les mesures
proposées pour y parvenir n'ont jamais
été appliquées.
2. Il est proposé de « veiller au
strict respect du calendrier fixé » !
Les
analyses et les révélations faites par
DE FILIPPI au travers des deux documents
viennent de démontrer juste le
contraire: il a reconnu que la date du
30 juillet risque de ne pas être
respectée, et nous savons que c'est pour
la 5 e fois que la date des élections
vient d'être reportée ! Par ailleurs, il
a fait une évaluation qui situe la mise
en place des nouvelles institutions vers
fin 2006 !
3. Carlo DE FILIPPI recommande aux pays
membres du CIAT d'« afficher une
stricte neutralité vis-à-vis des
candidats aux législatives ainsi qu'aux
présidentielles » !
Cette
recommandation frise l'ironie ou le
sarcasme. Car le même homme enchaîne
immédiatement avec des observations
démontrant l'improbabilité de la
réalisation de sa recommandation: «
Cette attitude sera
difficile à observer vis-à-vis de
certains candidats appartenant à
l'espace présidentiel et qui sont
incontournables si on veut maintenir un
minimum de dialogue avec les dirigeants
de la RDC. » Et il
poursuit : « Elle
(l'attitude) sera
encore plus difficile à observer de la
part des Etats qui ont déjà publiquement
manifesté leur préférence au point
d'induire l'opinion publique congolaise
en erreur » !
Cependant, à aucun moment Carlo DE
FILIPPI nous signale la tentative de la
Communauté Internationale de corriger
ces erreurs dans lesquelles ils ont
plongé le peuple congolais ! Mais quand
l'APARECO dénonce ces erreurs, on la
qualifie de tous les maux !
4. Il recommande au CIAT «
d'empêcher toute tentative de découplage
entre législatives et présidentielles
» !
Mais il
signale tout de suite après que
« l'entourage de Joseph KABILA est
naturellement très favorables à ce
découplage » . Et dans son
rapport il reconnaît sans fioriture que
« certains veulent
manipuler ce processus en privilégiant,
compte tenu du peu de temps qui reste
d'ici au 30 juin 2006 et du fait que les
l'élection présidentielle est plus
facile à organiser, les présidentielles
au détriment des législatives ».
Et à ce jour, aucune mesure
concrète n'a été prise pour éviter ce
scénario !
5. Il recommande « de permettre à
l'HAM de jouer son rôle en matière
d'égalité d'accès aux médias, de
transparence, et respect absolu de la
liberté d'_expression » !
Mais
tout observateur qui habite en RDC sait
que cette recommandation reste au niveau
de simples vœux pieux ! Des candidats
politiques sont exclus des médias, des
télévisions privées sont fermées
arbitrairement, des journalistes
critiques sont enlevés ou assassinés….
Sans qu'une enquête sérieuse ne soit
initiée par les autorités judiciaires.
6. Il recommande « de poursuivre,
sans compromissions, l'objectif
d'inclusivité du processus par exemple
en essayant de convaincre l'UDPS à
participer aux élections provinciales
»
Mais
Carlo DE FILIPPI sait pertinemment bien
que l'UDPS n'acceptera jamais une telle
proposition qui l'exclut des
présidentielles pour la confiner aux
seules provinciales !
7. Il recommande enfin «
d'instaurer un véritable dialogue avec
les autorités congolaises issues des
élections » « Ce dialogue doit porter
notamment sur des thèmes qui n'ont pas
pu être abordés sérieusement durant la
Transition et qui risquent d'affecter la
stabilité du pays après les élections !
Cette
recommandation de Carlo DE FILIPPI
appelle deux observations :
a. Primo : Carlo DE FILIPPI
reconnaît ouvertement que le CIAT n'a
pas engagé un vrai dialogue avec les
autorités congolaises de la Transition.
Mais il ne nous dit pas
pourquoi ce dialogue indispensable n'a
pas été fait, d'autant plus il
reconnaît, comme l'APARECO, que faute de
régler ces préalables avant les
élections, ils « risquent d'affecter la
stabilité du pays après les
élections » ! A quoi la CI
a-t-elle consacré son investissement en
premier ?
b. Secundo : Le Chef de
Délégation de la Commission Européenne
en RDC propose de négocier les 5
préalables de l'Accord Global et
Inclusif avec « les autorités
congolaises issues des élections » !
Alors qu'il est parfaitement conscient
de l'impossibilité de ce dialogue
lorsqu'il relève lui-même : «
La question est de savoir si les
nouvelles autorités congolaises,
légitimés par un corps électoral de 25
millions d'électeurs et sans doute à
nouveau courtisées par un grand nombre
d'Etats dont la Chine et les Etats-Unis,
peu enclins à faire porter le dialogue
sur la gouvernance, accepteront ce
véritable dialogue alors qu'ils l'ont
refusé de facto pendant toute la
Transition » !
Je me pose alors très sincèrement la
question de savoir à quoi servent les
propositions et les recommandations de
Carlo DE FILIPPI, lors qu'il les fait
suivre toutes des raisons très valables
qui démontrent qu'elles ne seront jamais
être appliquées !
Conclusion
Mes
Dames et Messieurs,
Chers
compatriotes,
Distingués invités,
L'analyse des documents officiels et
confidentiels de l'UE que je viens de
vous présenter est suffisamment
éloquente sur la face cachée de la
gestion de la Transition dans mon pays,
la République Démocratique du Congo.
J'ai hésité longtemps avant de prendre
la décision de les rendre publiques. Car
j'ai compris que cela constitue la seule
preuve que je peux fournir au peuple
congolais et à son élite sur la justesse
du combat que je mène pour le retour
d'une paix véritable et durable dans mon
pays et dans toute la région des Grands
Lacs.
Ce
document révèle la duplicité du langage
de la Communauté internationale qui fait
croire au monde que le schéma actuel du
processus électoral en cours demeure la
seule voie de salut pour le peuple
congolais, et au même moment, dans son
analyse interne et secrète, cette même
Communauté Internationale reconnaît
avoir induit le peuple congolais en
erreur pour ses intérêts privés. Elle
exprime ses inquiétudes face à la
division interne de ses membres suite
aux conflits d'intérêts qui les
opposent, elle confirme l'attitude
partisane de certains de ces membres en
faveur de Joseph KABILA, elle révèle le
soutien passif et actif de la CI aux
astuces du président sortant pour se
maintenir au pouvoir…. Mais à la fin,
elle ne nous propose aucune solution
efficace et crédible pour éviter au
peuple congolais la descente en enfer !
Voilà
pourquoi je lance un dernier appel aux
gens de bonne volonté parmi les
dirigeants politiques des pays membres
du CIAT, aux parlementaires de la
majorité comme de l'opposition, aux
organismes de Droit de l'Homme, aux
associations humanitaires, afin qu'ils
exercent ensemble la pression sur les
autorités de l'UE chargées de la gestion
de la Transition en RDC, afin qu'ils
stoppent ce processus machiavélique des
élections en cours, pour résoudre
rapidement des problèmes de fond qui se
posent, et qui constituent la seule
garantie de paix et de sécurité pour
leurs propres investissements et pour le
peuple congolais.
Je lance
un appel vibrant à tous mes compatriotes
congolais, aux leaders politiques et
religieux, aux chefs militaires et aux
dirigeants des syndicats des
fonctionnaires et des étudiants. Je les
invite tous sans exception, à
transcender leur divergence et leur
querelles intestines, et à rejeter
fermement comme un seul homme, ce
processus piégé auquel la CI elle-même
n'y croit pas, comme elle l'exprime dans
ces propres documents secrets, destinés
à sa propre consommation, alors qu'elle
continue de nous tenir un autre
langage !
Nous ne
refusons pas les élections. Mais comme
nous, la CI reconnaît que le choix du
système 1+4 a été une erreur ; comme
nous la CI reconnaît qu'elle traite le
dossier de la Transition avec
complaisance et partialité ; comme nous
la CI reconnaît que la CEI a mal géré et
a manipulé le scrutin référendaire;
comme nous la CI admet que les élections
ne constituent pas une panacée à la
solution des problèmes de fond ; comme
nous la CI reconnaît que les préalables
de Sun City ne pourront pas être réglées
après les élections, mais avant
celles-ci ; comme nous la CI est
convaincue que seuls les Congolais
pourront apporter la solution finale à
la crise en RDC.
Alors,
débout Congolais ! Unissons-nous autour
d'une table ronde comme en 1959 à
Bruxelles, comme en 1964 à Luluabourg,
comme en 1991 au Palais du Marbre I et
II, chaque fois que la nation était en
danger. Nous avons prouvé par le passé
que nous étions capables de rebondir de
nos faiblesses pour sauver la nation de
la mort, montrons que nous sommes encore
capables du même exploit demain.
Que Dieu
bénisse la RDC et son peuple !
Je vous
remercie.
Paris,
le 7 juin 2006
Honoré
NGBANDA NZAMBO KO ATUMBA
Président national de l'APARECO |