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La force européenne peut-elle sécuriser les élections au Congo ? Par Le Potentiel Le processus électoral congolais est entré dans une phase critique au cours de ce mois de Juin 2006. Tout le monde parle de la nécessité d’aller aux élections et surtout de les sécuriser. Les Congolais se déchirent en pour ou contre un dialogue préalable aux élections. L’Union européenne vient au secours de la Monuc pour dissuader les fauteurs de troubles. La Force européenne peut-elle sécuriser le processus électoral congolais ? Depuis un certain temps, la tension politique est palpable en République démocratique du Congo. Plusieurs manifestations en témoignent. Des actes de provocation ou d’intolérance se multiplient à l’encontre de la population, des partis politiques et même des pays étrangers qui soutiennent le Congo. Des bouclages ont été organisés dans certains quartiers populaires de Kinshasa où de jeunes gens ont été massivement arrêtés et emportés. Quelques uns ont été relâchés après les réclamations de leurs parents, nous ne savons pas ce que d’autres sont devenus. De nombreuses personnalités politiques, dont des candidats à la présidence de la République ont été mis en résidence surveillée après la manifestation du 24 Mars 2006 organisés par les partisans de l’UDPS pour exiger le dialogue entre les signataires des accords de Sun City et de Prétoria avant la tenue des prochaines élections. Le 14 mai 2006, le pasteur Kutino Fernando, initiateur du Mouvement « Sauvons le Congo » a été arrêté et maltraité par les « forces de l’ordre » pour des motifs de subversion non encore avérés. Cet incident a provoqué une vive réaction dans la population de Kinshasa. Une dizaine d’hommes politiques, parmi lesquels des candidats à l’élection présidentielle ont signé une pétition exigeant sa libération. Deux Vice-Présidents, Jean Pierre Bemba du « Mouvement de Libération du Congo » (MLC) et Azarias Ruberwa du « Rassemblement congolais pour la démocratie » (Rcd) se sont ouvertement prononcés chacun pour sa libération. J.P. Bemba s’est même rendu de manière spectaculaire à la prison de Makala pour le saluer. Il y a, enfin, l’affaire de 32 « mercenaires », montée par le Ministère de l’Intérieur et impliquant sans preuves des ressortissants américains, nigérians et même sud-africains. Les diplomates des pays concernés ont aussitôt protesté et exigé que les accusations soient prouvées. Le Vice-Ministre chargé de la Défense, de la sécurité et des questions politiques, le Ministre de la Défense et le Chef d’Etat-Major ont dit avoir appris avec surprise la nouvelle par les médias. Le gouvernement n’avait pas non plus discuté de la question. Dans cette confusion, lesdits mercenaires ont été précipitamment relâchés et expulsés du Congo, faute de pouvoir éclaircir les motifs d’arrestation. Et les auteurs de ce montage grossier ne sont toujours pas sanctionnés. Le Ministre de l’Intérieur, Mbemba Fundu est membre influent du « Parti du Peuple pour la Reconstruction et le Développement » (PPRD), parti du Président Joseph Kabila. Face à cette escalade de provocations/protestations dont on ne peut mesurer les dégâts dans l’opinion publique, le Comité International d’Accompagnement de la Transition (CIAT) s’est senti obligé d’intervenir pour dénoncer les abus de pouvoir et exiger le calme et la sérénité à l’approche des élections. D’autant plus que la classe politique est actuellement divisée en deux camps : les partisans de la tenue des élections le 30 Juillet 2006, conformément au calendrier fixé unilatéralement par l’Abbé Malu Malu et ceux qui, comme le Cardinal Etsou et Mgr Monsengwo, Président de la Conférence épiscopale et ancien Président de la Conférence nationale souveraine, exigent une concertation politique préalable des signataires de l’ « Accord Global et Inclusif » (AGI) pour justifier et consolider toute prolongation de la transition. Soutenu par la Communauté internationale et par le parti du Président, le PPRD et alliés, le Président de la Commission Electorale Indépendante (CEI) ne veut plus perdre du temps dans des pourparlers qui risquent de durer. Représentés par le parti d’Etienne Tshisekedi, l’ « Union pour la Démocratie et le Progrès Social » (UDPS) et alliés, auxquels se sont joints le MLC et la grande majorité des chrétiens catholiques et protestants, les partisans du dialogue ne reconnaissent pas à l’Abbé Malu Malu le droit, essentiellement politique, de prolonger la transition qui s’achève le 30 Juin prochain. Ils veulent en outre garantir la paix durable en réaffirmant deux principes : le consensus et l’inclusivité. « J’estime, dit Dr Buasa, du groupe de 14 partis (G 14), proche de l’UDPS, que la meilleure façon de garantir la crédibilité et la fiabilité des résultats des élections est d’organiser cette importante rencontre congolo-congolaise en vue de mieux garantir la consensualité, l’inclusivité et la non-conflictualité qui, seules, permettront à la présente transition d’opérer un atterrissage en douceur ». « … Dans le cas contraire, toutes ces missions (diplomatiques) risquent de n’être d’aucune utilité pour l’avenir de notre processus démocratique ». Monseigneur Monsengwo ne pense pas autrement. A une question sur « un mouvement de plus en plus hostile à la communauté internationale », le prélat dit : « Lorsqu’on considère la réaction des Congolais, cet énervement est dû au fait qu’ils ont l’impression que les jeux sont déjà faits, qu’on a déjà choisi qui gouverne le Congo et que le reste ne sert à rien. Il faut donc- pour calmer les esprits- que la classe politique et la société civile en discutent et dialoguent… Il faut qu’il y ait un consensus, avec un acte formel de la classe politique et de la société civile pour arriver à s’entendre sur l’après-30 Juin. Personne ne peut le faire tout seul unilatéralement. Nous alertons l’opinion car, si l’on n’y prend garde, nous risquons de préparer des turbulences. Le cardinal Etsou refuse à quiconque le droit de précipiter les élections pour faire le lit aux violences. Tout en sachant que l’Abbé Malu Malu a dépassé sa compétence en repoussant la fin de la transition du 30 Juin au 30 Juillet 2006, la Communauté internationale, à commencer par le ministre belge des affaires étrangères, lui a apporté un large et solide soutien. Certains diplomates du CIAT appuient publiquement le Président de la CEI à travers les media. Leurs propos ont été reçus par une bonne partie de l’opinion congolaise non pas comme des conseils des amis du Congo ou des médiateurs, mais comme des instructions de la part des autorités supranationales. Une attitude qui ne peut manquer de heurter ou, tout au moins, de réveiller l’orgueil national congolais. On comprend que les Européens soient pressés. Ils ont déjà une « solution » à la clé, c’est l’arrivée de la Force européenne, un projet conçu par eux et pour eux, facilement avalisé par les autorités congolaises, pour sécuriser les élections. L’Eufor, une menace pour la démocratie ? Encore une intervention des troupes occidentales en terre congolaise, la 8ème en 46 ans d’indépendance, soit environ une moyenne d’une intervention tous les 5 ans. L’Eufor débarquera bientôt à Kinshasa. Comme les précédentes interventions, elle est animée de bonnes intentions, dont était également couvert le discours de Léopold II, le Roi des Belges en 1885. Les Congolais finissent par ne plus y croire, les actes ne suivant jamais les paroles. D’environ 1600 hommes, la Force européenne est constituée par 8 pays : Allemagne, France, Belgique, Pologne, Suède, Portugal, Autriche et … L’Eufor vient sécuriser les élections menacées par les troubles potentiels. Au moment de tensions politiques, les missions classiques des interventions sont, par tradition, connues des Congolais : évacuer les expatriés, y compris les observateurs internationaux et sécuriser le pouvoir en place. Les interventions au Congo ont toujours l’œuvre de 3 pays :les Etats-Unis d’Amérique, la France et la Belgique. Elles ont toujours été faites pour soutenir le pouvoir en place, de Mobutu Sese Seko avant comme après la guerre froide. La CNS a connu deux interventions de troupes françaises, qui ont totalement ignoré son appel. Cette fois-ci, la France, qui a soutenu jusqu’au bout Mobutu et qui soutient actuellement Kabila II est au cœur du dispositif. Les Etats-Unis sont déjà là, sur le terrain, dans la Monuc dirigée par un Américain, William Lacy Swing. Ce qu’il y a de nouveau c’est le fait que la mission est de l’Union européenne et qu’elle est dirigée par l’Allemagne, un pays sans passé colonial récent. Ce qui donne une crédibilité à l’Eufor, une couverture rendue nécessaire par l’image tarée de la France de Chirac, qui porte le poids de la Côte d’Ivoire, du Togo et du Tchad, sans oublier celui de ses multiples interventions au Congo au profit de Mobutu. On avait besoin d’Europe non seulement pour l’image et mais aussi pour le coût. Le Congo est un continent et les tensions couvrent une aire importante. « Je pense, dit Azarias Ruberwa, que l’Allemagne apporte un début de neutralité par rapport à l’Afrique. Le fait que la force européenne soit multinationale prédispose plutôt à sa neutralité. D’autant qu’il y a des nationalités européennes dont les militaires ou les forces ont été mêlées à pas mal de choses en Afrique dans un passé récent ou lointain. Ce qui n’est pas le cas de l’Allemagne ». Allusion est faite ici notamment à la France dont la présence dans la force européenne est importante. Au-delà de son lourd passé en Afrique, la France est solidement engagée aux côtés de Kabila II. Elle a assuré la formation, le renforcement et la modernisation de la police dont le commandement est dans les mains des éléments du Parti du Président, le PPRD (Parti du Peuple pour la Reconstruction et le Développement). A côté de la Garde spéciale de sécurité présidentielle (GSSP), Kabila II dispose ainsi d’une police modernisée sans parler des polices privées de gardiennage qui sont sous son influence. La France a un rôle important à jouer dans l’Eufor. Si le Commandement général est allemand, avec sa base à Postdam près de Berlin sous la direction d’un Général de corps d’armée, le commandement opérationnel revient à la France. Des troupes seront pré-positionnées à Kinshasa sous commandement français et au Gabon. Les troupes françaises qui sont au Gabon sont des troupes coloniales appelées troupes d’infanteries de marine. Sur un nombre d’environ 1500 hommes, la France et l’Allemagne fournissent à égalité les 2/3 des troupes, les 6 autres pays fournissant le reste. La durée est courte – 4 mois – le temps de voir installé le nouveau gouvernement. Au vu des grades des commandants de toutes ces forces, un Général de corps d’armée pour l’Allemagne, de Division pour la France, il y a lieu de penser que les forces préparées sont de l’échelon de corps d’armée, mais que la mise en œuvre se fera progressivement selon l’évolution de la situation. Pour cet échelon, le nombre de personnes à commander va de 20 à 40 000 hommes, placés sous la bannière des Nations Unies. Et si, à la suite de la dégradation de la situation, le gros des troupes devait arriver, le Général allemand sera bien obligé de les suivre. Le budget prévu est de 6,9 millions d’Euros qui s’ajouteront à 149 millions d’Euros pour les élections. Pourquoi cette force a-t-elle été créée ? La définition complète de cette force n’est pas encore connue, disait, le 4 juin 2006, un politologue allemand interviewé par RFI . Tout dépend du lieu d’où l’on parle. Vue d’Allemagne, la sécurisation du processus électoral est essentiellement un problème d’évacuation des expatriés occidentaux dont les observateurs internationaux. Un bâtiment de marine allemand, le Berlin, sera placé en permanence sur la côte atlantique pour servir d’hôpital ou de refuge pour les occidentaux en détresse, personnels d’ambassades, observateurs internationaux et autres …Des hélicoptères seront également disponibles. Pour Azarias Ruberwa, le feu vert du gouvernement congolais a été accompagné du souhait de voir cette force européenne « intervenir aussi bien en faveur des expatriés que des Congolais ». C’est du moins ce qu’il a retenus des entretiens qu’il a eus avec Xavier Solana, Aldo Ajelo et des responsables allemands. Pour le chef d’Etat-major des armées françaises, le Général Henri Bentégeat, l’Eufor a pour tâche de « prévenir toute remise en cause des premières élections libres depuis 40 ans, prévues le 30 Juillet 2006. Elle ne sera pas juge du processus électoral ».William Lacy Swing, le Président de la Monuc attend une aide de l’Eufor. : « l’initiative européenne, dit-il, vise donc à augmenter nos capacités et fournir des expertises que nous n’avons peut-être pas ». C’est la dissuasion à l’égard des potentiels fauteurs des troubles, dit Aldo Ajelo, représentant de l’Union européenne, faisant allusion à « la mouvance présidentielle ainsi que l’organisation de certains marginaux ». En faisant la sourde oreille aux appels pour la concertation, les occidentaux donnent aujourd’hui aux Congolais l’impression qu’ils veulent se servir des tensions pour un agenda caché. Faut-il rappeler qu’Ibrahim Fall, le conseiller spécial du Secrétaire général des Nations unies pour la région des Grands Lacs, dans une interview accordée à RFI la semaine dernière, donnait trois principes salutaires pour la réussite des élections : La garantie de la transparence incontestable du processus électoral, la volonté des acteurs d’accepter de gagner ou perdre et l’engagement des vainqueurs à respecter les perdants. Ces trois principes vont dans le sens des appels à la concertation préalable aux élections. En dehors de ces principes de sagesse, les élections ne sont pas une panacée. Elles n’ont pas donné les résultats escomptés en Afghanistan et en Irak. Elles ne vont pas automatiquement résoudre le problème de légitimité interne posé par la population congolaise depuis l’élimination de Patrice Emery Lumumba en 1960. En l’absence d’un dialogue, deux scénarios se présentent à nos yeux : Kabila II est élu sans fraude président de la République démocratique du Congo. Il est contesté par le leader de l’UDPS qui a boycotté le processus électoral pour l’absence de transparence. Frustrés par leur échec, les seigneurs de guerre, qui reprochent à Kabila l’irrégularité de sa candidature, profiteraient de cette faille pour tenter de combattre Kabila II. Rien n’est réglé. L’UDPS, le RCD et le MLC étant dans l’opposition, la guerre peut reprendre. Parmi les manifestants à réprimer, la police de Kabila croisera le fer avec des militaires en civil, des hommes de Bemba et/ou de Ruberwa. Voilà le premier scénario. Kabila peut parvenir, avec le concours de la communauté internationale à s’allier les deux belligérants (RCD et MLC) et former un gouvernement débarassé des deux Vice-Présidents, Abdulaye Yerodia Ndombasi et Arthur Zahidi Ngoma. On passe alors de la formule de 1+4 à celle de 1+2. C’est le retour de la dictature partagée avec les ex-belligérants. C’est le pouvoir des armes. Bien ou mal élu, Kabila est obligé de composer avec les deux seigneurs de guerre pour deux raisons. D’abord parce qu’il n’a d’armée que le nom. Les FARDC sous-payés et désorganisés, sont devenus le premier facteur d’insécurité. Les troupes brassées sont des troupes supplétives de la Monuc, elles ne peuvent rien faire de manière autonome. Kabila ne peut pas compter sur les FARDC pour gouverner. Ensuite parce que les deux seigneurs de guerre ont pu, au cours de 3 ans écoulés, placer leurs hommes au cœur du dispositif militaire et sécuritaire de Kabila et infiltrer la ville de Kinshasa. Ils ont donc un pied dedans. Dehors ils ont gardé une partie importante de leurs troupes et caché leurs matériels et équipement. S’ils ne sont pas au gouvernement, ils sont au pouvoir. Kabila est donc obligé de composer avec eux. Il en sera ainsi tant que la question de l’armée ne sera pas résolue. Ce deuxième scénario, par rapport de la formule 1+4, n’aura rien réglé de la question démocratique, à part le silence des armes et l’unité du pays. Mobutu est remplacé par trois ex-belligérants. La suprématie de la société militaire (coup d’Etat de Mobutu de 1965) sur la société civile demeure et, avec elle, la question de la démocratie. Les élections ne peuvent avoir une perspective démocratique que si elles sont le fruit d’un dialogue franc entre Congolais. La communauté internationale ne peut se contenter d’attribuer la responsabilité des troubles potentiels aux ex-belligérants, elle a sa part de responsabilité qu’elle doit avoir le courage d’admettre. Une perception purement militaire de la Sécurité des élections peut fragiliser la démocratie en gestation. Les stratèges de la Communauté internationale se sont lourdement trompés en privilégiant uniquement l’élément militaire. La transition démocratique congolaise est piégée depuis les accords de Sun city. Et cela pour quatre raisons : 1° Au sein du Comité international d’accompagnement de la transition (CIAT) dont la médiation est la fonction principale, se trouvent également d’anciennes métropoles coloniales, acceptées pour leur contribution financière ou leur « expertise » (pour le cas de la Belgique). Cette position leur donne la faculté de s’ingérer dans les affaires intérieures du Congo et, bien sûr aussi, la tentation de privilégier leurs immenses intérêts. Et donc de recoloniser en favorisant les plus serviles des Congolais. Il est difficile de décoloniser l’esprit des anciens colonisateurs ! 2° Après Sun City, ces diplomates auraient tout fait pour écarter du gouvernement les partis ayant une large représentation populaire, les seuls intéressés à défendre la démocratie. Avec une base populaire étriquée, le gouvernement 1+4 était essentiellement une affaire des militaires ; dépourvu d’une force de propulsion vers la démocratie. Arthur Zahidi Ngoma n’a pas d’audience connue dans les masses populaires, Abdulaye Yerodia Ndombasi est du parti du Président Kabila, le PPRD. 3° Les anciennes métropoles coloniales sont également parmi les pays qui assurent la formation des forces de répression : l’armée, la police et les services congolais de renseignements, qui relèvent du domaine sensible de souveraineté du Congo. La France s’occupe de la police et la Belgique de l’armée. La première s’est trouvée mêlée au conflit Hutu/Tutsi en 1994 et la deuxième, la Belgique, a fomenté de nombreux conflits ethniques au Congo dont le plus meurtrier au Kasaï en 1959 (Luluwa/Baluba). Elle a également élaboré une politique au Rwanda et au Burundi qui a servi de base au génocide dans les deux pays. La Belgique a la responsabilité non seulement morale, mais également politique de l’assassinat de Lumumba. 4° Au niveau des élections, la communauté internationale, principalement les pays qui ont soutenu Mobutu essaient de marginaliser les candidats les plus représentatifs de la population au profit des plus serviles à leurs intérêts. Certains diplomates du CIAT ont plusieurs fois manqué à un devoir de réserve en prenant rapidement position sur des questions où les Congolais devaient d’abord discuter entre eux, par exemples la question de réouverture des bureaux de l’UDPS et celle de la date du 30 Juillet, fixée unilatéralement par le Président de la CEI dans une matière où il n’a pas la compétence. Ces attitudes de la part des responsables qui étaient censés jouer le rôle de médiation et de réserve sur des questions sensibles n’ont fait qu’encourager les tensions entre les Congolais. A plusieurs reprises leurs prises de position ont été justifiées par des raisons budgétaires. Il n’est cependant pas difficile de démontrer que l’Eufor coûte de loin plus cher que la concertation que désirent les Congolais. Ces derniers n’ont été associés ni à la conception ni à l’élaboration du projet de l’Eufor. Totalement ignorées, les autorités congolaises n’ont fait qu’avaliser. Leurs compatriotes ont suivi en spectateurs à la télévision un débat au parlement allemand sur une question concernant au plus haut point leur pays. Quelle frustration ! Ces attitudes de la part de certains membres du CIAT accréditent l’idée que Joseph Kabila est déjà choisi par les puissances occidentales comme Président de la RDC pour pouvoir couvrir les contrats léonins déjà signés et confirmer la suppression de la loi Bakajika ((la terre appartient à l’Etat), qui épargnait aux Congolais les cruels problèmes de terre qui se posent au Zimbabwe et en Afrique du Sud. Quelle que soit la bonne volonté du CIAT, il est difficile d’être juge et partie. La sécurisation du processus électoral a une dimension militaire, il est vrai, mais elle a aussi une dimension politique et dialogique capitale. Les fraudes électorales ont été à la base de beaucoup de violences en Afrique. Sans la concertation politique avant les élections, le processus électoral est compromis. Il faut avoir dans une main l’Eufor, dans l’autre la concertation politique avant les élections. Sans le dialogue, l’Eufor ne fera que la répression. Par Bapuwa Muamba |
Le Roi Leopold II - Genocide au Congo
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