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L' UE est indignée par le recours à la force à Kinshasa

Biliaminou Alao / Monuc

27 mar. 07 - 15h58

Les chefs de Mission des Etats membres de l'Union Européenne en RD Congo ont lu à la presse, le 27 mars 2007, une déclaration dans laquelle ils expriment leur « indignation » suite aux graves affrontements armés qui ont eu lieu à Kinshasa du 22 au 25 mars 2007. Selon l'ambassadeur de l'Allemagne, le nombre des morts pourrait atteindre 600.

Les représentants de l'UE « déplorent le recours prématuré à la force alors même que toutes les voies de négociation n'étaient pas encore épuisées ». Comme l'a précisé l'Ambassadeur d'Allemagne, Karl-albrecht Wokalek «l'Union européenne négociait depuis 10 jours avec les deux parties, on était sur la voie du dialogue pour trouver une solution au désarmement de la garde de l'ex vice-président».

Unanimement, les Chefs de Mission des Etats membres de l'Union Européenne en RD Congo ont exprimé leur « indignation » suite aux affrontements armés qui ont opposé les FARDC, la Garde Républicaine et la Police nationale congolaise, d'un coté, et les éléments assurant la protection du Sénateur Jean Pierre Bemba de l'autre.

Aussi, ils déplorent les moyens militaires déployés qui se sont «avérés inadaptés » car ils ont causé « la perte de nombreuses vies humaines parmi lesquelles des civils».

Par ailleurs, ils condamnent les pillages et les viols commis par « les militaires des deux camps » et demandent aux autorités congolaises d'appeler les forces de l'ordre « à la retenue et à la discipline ».

Garantir la libre expression

De même, ils demandent aux autorités congolaises «de tout mettre en œuvre pour garantir la libre expression de toutes les opinions politiques», notamment celle de l'opposition. C'est pourquoi l'Ambassadeur du Royaume Uni, Andy Sparkes, a attiré l'attention sur le fait que «M. Bemba a gagné 42% du vote du peuple congolais et quoi que l'on pense des événements des derniers jours, cela lui donne une certaine importance sur le plan politique. Et la stabilité de ce pays est attachée à ce qui arrivera à M. Bemba». L'Ambassadeur d'Allemagne a ajouté qu'il «doit y avoir un cadre pour l'opposition politique pour manœuvrer dans un système démocratique républicain de type parlementaire».

«Le processus a été gravement blessé et il faut absolument le guérir », a renchéri l'ambassadeur du Royaume Uni. Aussi, « il faut un nouvel esprit de réconciliation et nous voulons voir un vrai engagement de la part des autorités d'accepter le rôle légitime et important d'une opposition démocratique, et de réaffirmer l'importance de la liberté d'expression dans ce pays ».


Respect des Droits de l'Homme et de la Convention de Vienne

L'Union Européenne « exige » par ailleurs le respect des Droits de l'Homme et du Droit international humanitaire et demande que les auteurs des crimes et pillages soient jugés. Aussi, les Chefs de Missions des Etats Membres ont « prix acte des excuses des autorités congolaises » en ce qui concerne la violation de la protection des missions diplomatiques ainsi que de leurs agents.

Cependant, l'Ambassadeur du Royaume Uni a tenu a affirmer qu'il y « a toujours dans le pays, un esprit de guerre; et c'est un esprit de guerre comme la malaria. Nous avons pensé que nous l'avions guéri avec une grande dose de quinine avec des élections libres et transparentes. Il faut finalement pour le bien être du peuple l'éradiquer». Il propose de « remplacer cet esprit de guerre par un esprit de réconciliation et d'inclusivité » car « c'est la seule voie pour la stabilité dans ce pays ».

L'ambassadeur de l'Union Européenne au Congo, Carlo de Filippi, a pour sa part estimé que « nous devons continuer à travailler pour faire en sorte que ce dialogue, cette inclusivité aient le dessus sur la violence. Pour que la démocratie soit effective, il faut créer les conditions pour qu'elle s'exprime ». Et il y faut « un cadre politique et législatif ». « Et nous comptons travailler sur ce cadre pour que l'investissement et l'aide au développement puisse être encore plus effectif ». Dans ce cadre, « il y a un pilier important, c'est la réforme du secteur de sécurité… qui nécessite une réforme en profondeur ».

C'est cette nécessité qui amène l'Ambassadeur d'Allemagne a déclaré que « les Ambassades d'Italie, de Grèce et d'Espagne ont essuyé des attaques directes de leurs bâtiments qui sont protégés par la convention de Vienne ». Et l'Ambassadeur d'Italie, Léonardo Baroncelli, de préciser qu'en particulier l'Article 22 de cette convention « prescrit l'inviolabilité d'une mission diplomatique, de la résidence du chef de la mission et l'obligation spéciale de l'Etat créditaire de prendre toutes les mesures appropriées pour garantir que les locaux des missions diplomatiques ne soient pas envahis ou endommagés, que leur paix ne soit pas troublée et que leur dignité ne soit pas amoindrie».

L'Ambassadeur de la Grèce, Ioannis Christofilis, a souligné avoir obtenu la promesse des autorités congolaises qu'il y aura une enquête officielle pour « trouver qui et avec quelle responsabilité, sous quelles conditions, ou pour quelle raison on a visé concrètement le drapeau grec et l'ambassade » ainsi que « l'ambassade d'Espagne avec des tirs d'armes lourdes tout comme les bâtiments de l'UNICEF et de la BIAC qui travaille pour le développement de ce pays ».

Néanmoins, ils ont tous estimé que ces violations ne doivent pas constituer un chantage par rapport à l'aide qui bénéficie au peuple congolais pour contribuer à le sortir de la pauvreté. C'est pourquoi l'Ambassadeur d'Allemagne a précisé que « l'aide est pour le peuple congolais et non pour le gouvernement. On n'utilise pas l'aide comme une arme contre le peuple congolais ».
Enfin, l'Ambassadeur de la Grande Bretagne a conclut en disant : «nous sommes ici devant vous pour exprimer notre solidarité avec peuple congolais qui a beaucoup souffert ».

 

© Congo Vision


L'Afrique du Sud protègera Jean-Pierre Bemba tant qu'il le souhaitera

AFP

27 mar. 07 - 17h21

PRETORIA, 27 mars 2007 (AFP) - L'ancien vice-président de République démocratique du Congo (RDC) Jean-Pierre Bemba, hébergé depuis cinq jours dans une résidence de l'ambassade d'Afrique du Sud à Kinshasa, y restera tant qu'il le souhaitera, a indiqué mardi le gouvernement sud-africain.

"Bemba est toujours hébergé dans une résidence appartenant à l'Afrique du Sud (...) Il (y) restera jusqu'à ce qu'il juge opportun de partir", a déclaré Aziz Pahad, vice-ministre sud-africain des Affaires étrangères, au cours d'un point de presse.

"L'Afrique du Sud est tenue de le protéger par les conventions internationales", a-t-il ajouté.

"Il n'a pas véritablement indiqué ce qu'il avait en tête", a-t-il précisé.

Accusé par le pouvoir de "haute trahison" pour "entretien de milice", jean-Pierre Bemba, qui avait obtenu 42% des voix au second tour de la présidentielle d'octobre 2006, a indiqué qu'il était prêt à partir en exil si sa sécurité n'était pas garantie.

De violents affrontements ont opposé les 22 et 23 mars les Forces armées de RDC (FARDC) et la garde rapprochée de Bemba, qui refusait de voir ses hommes intégrer l'armée régulière.

Ils ont fait "entre 200 et 500" tués, a estimé mardi l'ambassadeur d'Allemagne à Kinshasa.

 


Les violences à Kinshasa ont fait "entre 200 et 500" morts (diplomate UE)

AFP

27 mar. 07 - 12h38

KINSHASA, 27 mars 2007 (AFP) - "Entre 200 et 500" personnes ont été tuées à Kinshasa lors des combats qui ont opposé les 22 et 23 mars l'armée congolaise et la garde de l'ex-vice-pré sident Jean-Pierre Bemba, a estimé mardi l'ambassadeur d'Allemagne à Kinshasa, au cours d'une conférence de presse.

Karl-Albrecht Wokalek a indiqué que cette estimation du nombre de victimes avait été établie au vu des éléments d'informations recueillis jusqu'à présent auprès de sources hospitalières, humanitaires et diplomatiques.

Le dernier bilan établi lundi par l'ONG Caritas faisait état de 155 morts et 150 blessés graves.

"Il y a eu énormément de victimes civiles. Des obus sont tombés dans la cité (quartiers populaires de Kinshasa), dans des habitations. On ne connaîtra probablement jamais le nombre exact des victimes", a déclaré l'ambassadeur britannique Andy Sparkes, au cours de la même conférence de presse.

Les ambassadeurs européens à Kinshasa, réunis mardi à l'ambassade d'Allemagne, ont fermement condamné "le recours prématuré à la force alors même que toutes les voies de la négociation n'étaient pas encore épuisées" entre le gouvernement et le sénateur Bemba, qui refusait de voir ses hommes intégrer l'armée régulière.

© Congo Vision


Réagissant au point de presse du chef de l'Etat

L'UE : pas d'aide sans opposition

Par  Le Potentiel

Les ambassadeurs européens à Kinshasa, réunis mardi 27 mars 2007 à l'ambassade de la République fédérale d'Allemagne, ont fermement condamné «le recours prématuré à la force ». Aussi, les diplomates exigent-ils des autorités congolaises de garantir la libre expression de toutes les opinions politiques et d'appeler les forces de l'ordre à la retenue et à la discipline. Auparavant, au lendemain des incidents, l' Union européenne avait affirmé « qu' elle ne tolèrera pas que le processus démocratique en RDC déraille».

Les chefs de Mission des États membres de l'Union européenne expriment leur indignation à la suite de graves affrontements armés qui ont eu lieu à Kinshasa, du 22 au 24 mars 2007, entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), d'un côté, et les éléments assurant la protection personnelle du sénateur Jean-Pierre Bemba, de l'autre.

Au cours d'une conférence de presse animée à l'ambassade d'Allemagne à Kinshasa, les diplomates européens ont dénoncé la précipitation avec laquelle les hommes en arme sont intervenus pour rétablir de l'ordre. Ils déplorent ainsi « le recours prématuré à la force, alors même que toutes les voies de négociation n'étaient pas encore épuisées ». Ils ont aussi déploré « les moyens militaires mis en œuvre qui se sont avérés inadaptés au regard des objectifs visés ».

ENTRE 200 ET 500 MORTS

Les diplomates européens ont déploré également la perte de nombreuses vies humaines parmi lesquelles des civils. « Entre 200 et 500 personnes ont été tuées à Kinshasa lors des combats qui ont opposé les 22 et 23 mars l'Armée congolaise à la garde de l'ex-vice-président Jean-Pierre Bemba », a estimé l'ambassadeur d'Allemagne à Kinshasa.

Karl-Albrecht Wokalek a indiqué que cette estimation du nombre de victimes avait été établie au vu des éléments d'informations recueillis jusqu'à présent auprès des sources hospitalières, humanitaires et diplomatiques. Entre-temps, le dernier bilan établi lundi par l'Ong Caritas faisait état de 155 morts et 150 blessés graves.

Ce qui est sûr est qu'il y a eu énormément de victimes civiles. Des obus sont tombés à la cité (quartiers populaires de Kinshasa), dans des habitations. « On ne connaîtra probablement jamais le nombre exact des victimes », a déclaré l'ambassadeur britannique, Andy Sparkes, au cours de la même conférence de presse.

PAS DE DÉMOCRATIE SANS OPPOSITION

L'Union européenne est-elle prête à recevoir le sénateur Bemba pour un exil ? Rien n'a filtré clairement. « Les négociations sont en cours », a lâché l'ambassadeur allemand.

Par ailleurs, les diplomates européens ont insisté sur l'importance de l'opposition dans une démocratie.

Ils en appellent au bon sens du gouvernement congolais s'il veut compter sur l'aide de l'Union européenne, répondant ainsi à une question de la presse. Mais l'aide, ce n'est pas pour le gouvernement, c'est pour le peuple congolais, dans les programmes de développement, a-t-on tenu à préciser au cours de ce point de presse de l'Union européenne.

« Les autorités doivent désormais tout mettre en œuvre pour assurer l'existence d'un espace démocratique afin de garantir la libre expression de toutes les opinions politiques ». Chantage ? Pression diplomatique? Toujours est-il que des intervenants sont revenus plusieurs fois sur cet aspect du problème au cours de cette conférence de presse. « Au-delà des personnes, il est important qu'il y ait une opposition qui soit à mesure d'apporter des critiques (constructives) aux actions du gouvernement », a martelé le diplomate allemand, Wokalek.. Car, a renchéri Carlo de Filipi, représentant résident de l'Union européenne en RDC, « quand on recourt à la violence, la démocratie prend un coup… Nous voulons voir le vrai engagement du gouvernement pour le rôle d'une opposition politique. ».

Visiblement, cette flambée de violence a fait basculer la capitale congolaise dans l' horreur et lui a infligé un coup sévère au délicat processus démocratique en RDC. « Ce n'est pas nécessairement la mort (du processus de démocratisation en RDC), mais ce processus a reçu un coup sévère », a indiqué l'ambassadeur britannique, Andy Spakers.

Dans leur communication, les ambassadeurs européens n'ont pas passé sous silence les graves violations des normes internationales, concernant notamment la protection des missions diplomatiques ainsi que de leurs agents. Face aux actes de pillage dont ont été victimes certaines ambassades (Grèce, Espagne, Italie), les diplomates ont dit avoir « pris acte des excuses des autorités congolaise au plus haut niveau ».

Nul doute qu' au regard des assurances du président de la République de ne pas entraver au bon déroulement du processus politique en RDC, les observations pertinentes des ambassadeurs de l'Union européenne qui ressemblent à une épée de Damoclès seront prises en considération par le gouvernement.

Il est donc important de se souvenir d'un certain mois de mai 1991 avec les événements du campus de Lubumbashi. Si l'Union européenne a condamné l'existence d'une quelconque milice, elle insiste sur la poursuite normale du processus de démocratisation en République démocratique du Congo.

Elle avait prévenu qu'elle ne tolèrerait pas que le processus électoral en RDC déraille, surtout après avoir été le grand bailleur de ce processus et subi de nombreuses critiques liées à ce processus électoral.

Cette conférence de presse doit être considérée comme un sévère avertissement à l'endroit du pouvoir.


"Kabila veut se débarrasser de moi"

LE MONDE | 26.03.07 | 15h06

Jean-Pierre Bemba, disparu depuis le 22 mars, a accordé, par téléphone, dimanche 25 mars, un entretien à l'envoyé spécial du Monde à Kinshasa.

Etes-vous réfugié à la résidence de l'ambassadeur d'Afrique du Sud à Kinshasa, et pourquoi avez-vous maintenu une milice armée après votre défaite à l'élection présidentielle ?

Je ne peux absolument pas vous dire où je me trouve, il en va de ma sécurité.

Les hommes de ma garde ne constituent nullement une milice, ce sont des soldats détachés et rémunérés par les forces armées régulières. Tous les accords signés depuis trois ans me donnent droit à ce détachement pour ma sécurité.

La réalité est que le pouvoir de Joseph Kabila veut se débarrasser de moi. Après ce qui m'est arrivé, plus personne n'osera parler dans ce pays.

En quinze jours, deux détachements de mille hommes ont été déployés autour de ma résidence, créant des tensions inutiles dans la ville. Il est incroyable que dans un pays démocratique on utilise les militaires pour intimider un homme politique.

Jeudi (22 mars) , au moment où les affrontements ont commencé, des négociations sur la taille de mon équipe de protection rapprochée devaient justement débuter. Ils ne sont en réalité que 200, dont la moitié à Kinshasa. L'attaque faisait partie d'un scénario préparé pour évacuer tout débat.

Si je n'obtiens aucune garantie, je partirai (en exil) . Mais je compte sur les Nations unies et la communauté internationale pour assurer ma sécurité.

Nous sommes à un tournant de notre histoire, car si on continue de décapiter l'opposition, une nouvelle dictature se mettra en place. On reviendra alors quarante ans en arrière, au début du régime de Mobutu et du règne de son parti unique. Les 450 millions de dollars dépensés par les Occidentaux pour les élections n'auront servi à rien.


Propos recueillis par Ph. B.

Article paru dans l'édition du 27.03.07


Autour des affrontements des 22 et 23 mars 2007

La Belgique inquiète pour la démocratie en RDC

Par Freddy Monsa Iyaka Duku

L'heure est aux leçons à tirer sur les derniers événements qui ont marqué le processus politique en République démocratique du Congo. Le président de la République s'en est expliqué en insistant sur la dimension sécuritaire, écartant celle politique. Mais les partenaires n'en finissent pas d'analyser les derniers incidents. Ils sont inquiets pour la poursuite du processus politique en République démocratique du Congo. Tel est le cas de la Belgique

Les derniers affrontements des 22 et 23 mars entre les éléments des FARDC et ceux de la garde rapprochée de l'ancien vice-président de la République, Jean-Pierre Bemba, demeurent d'actualité. En Belgique, les commissions des Affaires étrangères et de la Défense se sont réunies et les séances ont été marquées par des débats houleux sur cette question.

En fait, il s'est dégagé au cours de ces débats, « la crainte d'une dérive autocratique du pouvoir de Kinshasa ». Selon Dirk Van der Maelen, député de SPA, « l'évolution qu'on constate est inquiétante pour la démocratie ».

De son côté, Karel De Gucht, ministre belge des Affaires étrangères ne s'est pas beaucoup montré optimiste : « Nous devons réfléchir à l'opposition au Congo, car une chose est certaine, il faut lui donner un rôle », a-t-il déclaré.

D'où la question de savoir si un rôle à l'Opposition est imaginable et crédible sans son principal dirigeant ? A cette interrogation, de nombreux parlementaires belges soulignent que «croire qu'on peut ignorer 40 pour cent de la population, en référence aux électeurs qui avaient accordé leur confiance à Jean-Pierre Bemba au second tour de l'élection présidentielle serait une grosse erreur politique ». Aussi, ont-ils convenu que le chef de la diplomatie belge s'entretienne de cette question, qualifiée de cruciale, avec les autorités congolaises lors de son voyage projeté au mois d'avril prochain à Kinshasa.

LA POLITIQUE BELGO - CONGOLAISE

Ce n'est pas la première fois que les commissions des Affaires étrangères et de la Défense du Parlement belge se réunissent pour débattre des questions belgo-congolaises. L'on se rappellera qu'à l'annonce du voyage du Roi des Belges en RDC, cette question avait suscité un débat houleux sur l'opportunité de ce voyage alors que les élections venaient seulement d'avoir lieu.

Des personnalités belges avaient qualifié cette décision de prématurée comme si l'on voulait conférer une certaine légitimité internationale aux nouveaux dirigeants congolais. Le voyage qui avait été prévue pour le 15 mars a été reporté sine die.

Vint le « faux pas » de André Flahaut, ministre belge de la Défense de décerner le titre de Docteur honoris causa de l'Ecole royale militaire au Président Kabila. Vive polémique politique entre les Libéraux et les Socialistes. La décision a été qualifiée d'unilatérale et d'inadmissible sans l'avis des autorités académiques et militaires de l'Ecole Royale militaire.

Enfin, Louis Michel, Commissaire européen au Développement et à l'Aide humanitaire, s'est expliqué le 15 mars devant les commissions belges sur la conditionnalité de l'aide à accorder à la République démocratique du Congo. Si Louis Michel est pour « la liberté qui doit être laissée à Kinshasa pour utiliser les fonds d'aide à la relance », d'autres partenaires s'y sont opposés et sont favorables « à une forte coordination entre bailleurs de fonds pour que le Congo aille dans la bonne direction ».

Car, pour ces derniers, il faut une gestion surveillée tant sur la restauration de la démocratie que la bonne gestion des fonds. Voilà que les affrontements des 22 et 23 mars viennent de leur donner raison, en quelque sorte, suscitant ainsi ce débat au parlement belge. Il est un fait indéniable que tous ces débats tournent autour de la politique belge au Congo en prévision de prochaines élections belges qui se dérouleront incessamment en Belgique.

Dans ce contexte précis, les Libéraux et les Socialistes ont de la matière pour la campagne électorale.

REFROIDISSEMENT DES RELATIONS ?

Cette éventualité a été déjà évoquée avec cette distinction de l'Ecole royale militaire. Mais elle a été vite balayée avec la tenue à Kinshasa de la réunion de la Commission mixte belge-congolaise. La Belgique a même accru son enveloppe financière sur la coopération qui est passée de 70 à 195 millions d'euros.

Cependant, le ministre belge à la Coopération, Armand de Decker, avait rajouté en invitant les « dirigeants congolais à effectuer une révolution de culture » pour s'appuyer sur la bonne gouvernance. En d'autres termes, la Belgique n'accorderait pas un chèque en blanc aux Congolais, mais cette aide sera libérée progressivement au regard des efforts que les dirigeants congolais auront à fournir dans le cadre de la bonne gouvernance, au sens large du terme. D'ailleurs, Van de Maelen qualifiait les déclarations du gouvernement congolais de « bonnes intentions »

Comme pour anticiper ces débats qui se déroulent au Parlement belge, le chef de l'tat, Joseph Kabila, a donné une réponse à toutes ces inquiétudes belges, niant catégoriquement vouloir instaurer un pouvoir autocratique : « Je serai la dernière personne. Cette question unique relève de la haute trahison », a affirmé le chef de l'Etat. Il est un fait que d'autres partenaires européens observent de près le déroulement des débats au Parlement belge sur la question congolaise.

En cas de refroidissement des relations entre les deux pays, sous le prétexte « d'ingérence dans les affaires intérieures d'un Etat souverain », il est fort possible que d'autres partenaires européens s'aligneront derrière l'attitude qu'adoptera la Belgique vis-à-vis de la République démocratique du Congo.

Ou, si par aventure politique, les derniers affrontements imposaient un coup d'arrêt au processus de démocratisation en RDC, vers justement ce pouvoir autocratique, les pays européens prendront de la distance vis- à-vis de la RDC. En d'autres termes, l'aide tant attendue ne viendra jamais.

    
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