UVIRA A-T-ELLE PERDU LA TÊTE?
L’une
des provinces les plus nationalistes de
toute l’histoire de la République
démocratique du Congo, le Sud-Kivu, n’a
manqué aucune guerre qui a secoué ce pays,
se rangeant toujours du coté de ceux qui le
défendent et qui défendent la justice
sociale.
En position stratégique sur le lac
Tanganyika, reliant ainsi la RDC à ses
agresseurs, à la Tanzanie et à la Zambie; le
Sud-Kivu est la cible du lobby tutsi qui
vise à contrôler le Congo. En effet, c’est
au Sud-Kivu que le Tutsi International Power
tient à ériger le futur pays tutsi pour le
compte d’Israël. (
http://www.kulanu.org/africa/africanjews.html
)
Dans cette ambiance électorale, les
autochtones semblent déjà perdre la tête,
incapables de limiter le nombre précis des
candidats pour contrecarrer le jeu de Kigali
qui les opprime depuis 1996. Pouvons nous
parler d’une mémoire collective courte,
oubliant déjà les humiliations de
l’occupation rwando-burundaise bien qu’elle
continue jusqu’à ce jour? Pourtant tout
observateur minutieux des questions
stratégiques en Afrique des grands lacs sait
que l’avenir du Congo au cours des 50 ou 100
prochaines années se jouera en grande partie
sur cette question de la zone de Minembwe
qui deviendrait le nouvel Israel en Afrique
noire.
Ce nombre d’années, 50 ou 100, n’est pas
exagéré ni pessimiste. En effet, rappelons à
nos lecteurs que la première annonce
publique bien connue de l’existence future
de l’Etat d’Israel a eu lieu en 1903. Sa
création, une des conséquences planifiées
des deux guerres mondiales, a eu lieu 45 ans
plus tard, en 1948.
Dans le cadre d’une planification à long
terme de tous les jeux et astuces pour
acheter les âmes ‘bantoues à l’esprit
moqueur’ – comme le dit l’ennemi - les
hommes du Rwanda et de l’Ouganda ont mis
leur machine en marche en RDC.
Des sommes importantes ont été déversées à
Bukavu pour créer la confusion dans la
population afin que soient écartés les
candidats nationalistes et capables de
défendre le Sud-Kivu contre l’érection d’un
tutsiland. Ces sommes assurent la
multiplicité des candidats et éparpillent
l’électorat. Cette démarche risque d’être
fatale pour le Kivu du fait que les
candidats des autochtones ne pourront pas
réunir le nombre de votes nécessaire pour
devenir députés.
La zone d’Uvira est prise entre les jeunes
sans moyens et les personnalités influentes
dans la communauté mais qui jouent, en
coulisse, les cartes de positionnement du
plan de la colonisation du Congo.
Ce jeu de Kigali place Uvira dans une
situation très critique. Les observateurs
indépendants craignent que le pire ne soit
relancé dans cette partie du pays ou une
population nationaliste sera incapable de
conduire des représentants fidèles au
parlement à Kinshasa.
Des influences douteuses
Quelques noms qui ne font pas l’unanimité
sont présentés déjà par une personnalité
douteuse en la personne du
Mwami Simba Ndare.
Chef coutumier et conservateur de la
tradition fuliiru, l’homme qui occupe
aujourd’hui ce poste n’inspire pas la
dignité et la fierté des Bafuliiru. Lorsque,
en pleine guerre, l’homme affiche
ouvertement sa collaboration avec les
occupants du Congo, la population d’Uvira ne
lui pardonnera pas ce « péché mortel ».
« C’est l’aigle qui engendre le corbeau »
lance sarcastiquement un résident de Kiliba
qui a requis l’anonymat. « Il est
inimaginable que cet homme soit descendu des
veines du roi Mukogabwe, celui qui a refusé
le colonialisme jusqu’à en mourir en
relégation » ajoute t-il. La population
questionne même la capacité de Simba
d’assumer les responsabilités qui lui sont
confiées.
Par contre, Albert Simba, son plus jeune
frère, est l’homme qui a gagné la confiance
de son peuple. C’est un homme intègre, très
crédible et qui tient sa parole. Seules les
traditions coutumières ne lui permettent pas
d’accéder à ce poste occupé aujourd’hui par
son frère ainé, valet de Kigali.
Sur
la liste des choix faits par l’actuel chef
coutumier, apparaissent des noms pour
lesquels la population d’Uvira ne manque pas
de critiques :
1. Bitijula Mahimba :
Docteur en sciences agronomiques, il est
très bien connu dans la population pour
avoir dirigé avec succès un projet de
reboisement dans la plaine de la Ruzizi et
embauché plusieurs ressortissants d’Uvira.
Professeur à l’Université du Rwanda et
professeur visiteur à l’Université du
Burundi, l’homme aurait cependant, selon ses
détracteurs, une tache qui lui colle au
visage : pendant la période de l’occupation,
il aurait accepté d’être candidat au poste
de gouverneur du Sud-Kivu pour le compte du
RCD, le mouvement pro-rwandais.
2.
Justin Bitakwira : Les autochtones d’Uvira
lui reprochent d’être un vagabond politique
qui ne « résiste pas devant l’argent » et
est donc « trop corruptible ». « Il est
accusé d’avoir détourné les aides des
déplacés en complicité avec l’ancien
Gouverneur du Sud-Kivu, Monsieur BULAHIMU
dont il était le Chargé de Mission en
2005 ».
3. Godefroid Muhivwa:
Diplomé en Psychologie du travail de
l’Université de Kisangani, Muhivwa ne vaut
ni plus ni moins qu’un traitre chevronné.
Réfugié en Tanzanie en pleine guerre,
l’homme sera vite récupéré par les forces
occupantes comme informateur sur tout ce qui
se passe dans les camps des réfugiés
congolais dans la région de Kigoma (Lugufu,
Nyarugusu etc). En 1997, alors que les
réfugiés se préparaient à le ‘punir de façon
exemplaire’, il rentre vite au Congo et se
rallie à la force occupante pour laquelle il
travaillera corps et âme. Valet des ennemis
du Congo, Muhivwa est un grand défenseur de
l’érection du tutsiland au Kivu. C’est lui
qui a menacé les autochtones qu’ils
fuiraient le Kivu s’ils résistaient à la
création du tutsiland.
En
tout une longue liste de 87 candidats à la
députation, incluant un bon nombre
d’imposteurs financés par Kigali, attend la
population d’Uvira dont les effectifs
s’élèvent à 263 000 habitants.
Uvira qui a démontré sa
résistance farouche à l’occupation rwandaise
court un grand risque de se faire gouverner
par ceux là même qu’elle a combattu et qui
tiennent à démembrer cette zone pour en
faire un tutsiland. Rien de plus étonnant
dans cette situation que l’incapacité des
intellectuels de cette contrée à voir plus
loin que leur nez et à comprendre qu’ils
jouent avec le feu, en mettant en jeu, leur
identité, leur avenir et celui de leurs
enfants.
source: grands-lacs confidentiel